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Patriotti : Les anciens prisonniers politiques corses s'organisent en collectif


Rédigé par Marie MAURIZI le Samedi 28 Avril 2018 à 21:58 | Modifié le Samedi 28 Avril 2018 - 23:31


Patriotti : c'est le nom du collectif d’anciens prisonniers nationalistes corses dont l'annonce a été faite ce samedi après-midi devant le grilles de la préfecture de Corse. Parmi les revendications de la cinquantaine de membres présents, le retrait de leur nom du Fijait (fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes) et l’effacement de leurs amendes


Le collectif a pour but de rassembler toute les tendances politiques du mouvement national et tous les anciens prisonniers politiques quelque soit leur parcours. « Nous voulons dénoncer le sort qui est réservé à l’ensemble des prisonniers politiques corses qui se voient appliquer une double, triple ou quadruple peine » souligne Jean Philippe Antolini, porte-parole du collectif Patriotti " Inscrire un prisonnier politique corse au Fijait est une insulte suprême, nous ne sommes pas des islamistes, des terroristes et nous n’avons rien à voir avec cette loi qui, de plus, s’applique de manière rétroactive.Nous exigeons également que l’ensemble des amendes qui se monte aujourd'hui a plus de 10 millions pour l'ensemble des prisonniers soit effacée."  

Le communiqué

Nous sommes d'anciens prisonniers politiques Corses

Nous avons lourdement payer le prix de notre engagement. Nous continuons encore aujourd'hui, dans notre vie quotidienne, familiale, sociale et professionnelle à en subir les conséquences.  
La répression française ne se limite pas à l'incarcération et à la déportation, elle continue son œuvre, afin de s'assurer de notre neutralisation intellectuelle et notre exclusion des champs sociétaux, alors que nous avons purgé nos années de prison.   Ainsi le nombre d'entre nous sont désormais inscrits au FIJAIT (fichier judiciaire automatisé des infractions terroristes). Ce fichage a pour effet de restreindre les déplacements, en nous obligeant à signaler tout départ à l'étranger, mais aussi nous oblige à nous signaler en gendarmerie ou commissariat tous les trois mois et ceci pour une durée de 20 ans. Il s'agit de fait, d'une liberté conditionnelle perpétuelle.  
Le fait de ne pas se soumettre à ce fichage entraîne de nouvelles sanctions.   Ces restrictions de libertés sont d'autant plus inacceptable, que ce fichier a été créé suite aux attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan.   Il visait les islamistes radicaux condamnés, et avait pour but de les empêcher notamment de rejoindre des zones sensibles comme la Syrie, une fois leurs peines de prison effectuées.   Les tenants de la dérive sécuritaire et répressive de l'État français, ont profité du contexte dramatique des attentats islamistes pour nous inclure dans ce schéma.   Politiquement, philosophiquement et moralement nous contestons solennellement ce fichage et ces qualificatifs.  


Nous ne sommes pas, et nous n'avons jamais été, des terroristes, et nous réfutons fermement l'amalgame malsain avec les islamistes radicaux et leurs actes.   Deuxième effet pervers et perpétuel de cette répression  
La réclamation d'amendes exorbitantes qui ont été prononcées au tribunal civil, contre ceux d'entre nous, qui ont été condamnés pénalement pour des destruction de biens, le plus souvent appartenant à l'Etat. Ces amendes varient entre plusieurs dizaines de milliers d'euros et plusieurs centaines de milliers d'euros. Le montant total réclamé dépasse les 10 millions d'euros pour l'ensemble des patriotes condamnés.   Ses amendes sont impossibles à rembourser. Elles sont systématiquement réclamées à la sortie de prison.   Elles vont à l'encontre du principe de réinsertion sociale et professionnelle, elles constituent un casse-tête insoluble et une énorme pression à la sortie des prisons. Elles rendent impossible la transmission des héritages familiaux qui serait automatiquement saisis par l'État français. Elles constituent un moyen de pression et de torture psychologique dans certains cas. Des relances par les services fiscaux avec des mises en demeure de payer sous 30 jours ont été reçu parois 10 ans après les condamnations et 15 ans après les faits. Cette condamnation perpétuelle poursuit l'ancien prisonnier dans tous les aspects de sa vie, bien qu'il soit censé avoir payé sa dette à la société par de nombreuses années d'incarcération. Elles sont un moyen de constriction et de pressions psychologiques, inacceptables pour nous.  


D’autres contraintes liberticides accompagnent la vie d'un ancien prisonnier politique :  
- la suspension des droits civiques, empêchant les militants politiques que nous sommes de voter ou briguer des mandats électifs et participer à une consultation démocratique. Nous ne sommes ainsi plus des citoyens mais simplement réduits à notre ancienne situation pénale.  
- L'interdiction de détention et d'utilisation d'armes de chasse, alors que la chasse est une pratique culturelle et sociale, écologiquement régulatrice.   Issu de toutes les tendances du mouvement national, nous avons décidé de créer le collectif PATRIOTTI, qui regroupe les anciens prisonniers politiques Corse.  


Nous sommes dès aujourd'hui une cinquantaine et estimons que la situation répressive commande l'unité nationale.  
Les restriction des libertés se généralisent et ne concernent pas que les anciens prisonniers politiques. On assiste à une dérive sécuritaire de certaines démocraties occidentales, dont la France qui profite du contexte international dramatique, pour restreindre les libertés et minorer les voix qu'elles considèrent divergentes, comme celle de la lutte d'émancipation du peuple Corse.   Au-delà, ce sont les libertés individuelles qui sont de plus en plus bafouées. Nous inscrivons notre démarche dans la défense des libertés individuelles et collectives du peuple corse.   Tout le monde est concerné au-delà des anciens prisonniers politiques corse. Nos libertés sont les libertés de tous, la liberté ne se divise pas…


Nous appelons toutes les forces patriotiques et toutes les forces vives progressiste à nous soutenir.  
Nos objectifs sont simples  
Le retrait du FIJAIT pour les patriotes corse 2 l’effacement des amendes des Patriotes condamnés.   Quatre d'entre nous : Stéphane Tomasini Marc Clément, Félix Benedetti, Jean-Marc Dominicci, ont d'ores et déjà refusé de se soumettre au FIJAIT, ils font l'objet de poursuites judiciaires en cours.
À travers leur cas, nous mènerons des actions en justice sur le non-respect du principe de non-rétroactivité de la loi pénale en France. Le FIJAIT qui leur est appliqué, n'existait pas au moment de la commission des faits reprochés.   Nous utiliserons toutes les voies de recours juridiques notamment la question préalable de constitutionnalité et pour chaque cas nous saisirons individuellement la Commission européenne des droits de l'homme.


Pour les amendes nous sollicitons l'ensemble du peuple corse pour soutenir cette demande d'effacement.  
En attendant, il est pour nous impensable que les patriotes qui ont payé le plus durement l'engagement pour l'émancipation, en assume seule la charge. Nous sommes persuadés, que les élus répondront à notre appel, car nous n'avons pas été poursuivi, pour des faits personnel mais pour une cause commune...   Sur le FIJAIT comme sur les amendes   Nous mènerons des actions de sensibilisation une pétition est lancée ce jour, nos actions iront crescendo et se durciront si nous ne sommes pas entendus.  


L'issue des pseudos discussion entre la représentation élue de la Corse et le gouvernement français, avec une petite réforme qui s'appliquera dans toute la fFance sans spécificité, montre une chose :   Les rapports de la tutelle française non malheureusement pas beaucoup changé avec la petite colonie de Corse, et ceci malgré la volonté d'émancipation affichée par le peuple corse, qui s'est exprimé majoritairement et démocratiquement.  
Nous non plus nous n'avons pas changé malgré les années de prison, notre engagement au service de notre terre est inébranlable.   Nous saluons nos frères emprisonné.   Charles Santoni condamné à 28 ans en a effectué 22 et est toujours détenu. La durée de sa détention et exceptionnelle.  
Nous dénonçons la vindicte d'État, assumée officiellement par le président Macron, pour les prisonniers politiques détenus hors de corse : Alain Ferandi Pierre Alessandri, Yvan Colonna. Ils ne pourront rester définitivement détenus. Pour des faits similaires d'autres condamné d’AD (action direct) ou d’Iparetatark ont été libérés après 19 ans de prison.   Tant qu'il restera un seul prisonnier politique corse, le règlement politique de la question Corse ne pourra être soldé.   Liberta per tutti i patriotti.   Nous saluons enfin le sacrifice et la mémoire de tous nos frères qui ont donné leur vie pour un idéal de liberté.  
Forti seremu se uniti semi   

Nous appelons tous les anciens prisonniers rejoint notre démarche.  

Les premiers membres de Patriotti





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