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Océane Court Mallaroni : « C’est important de présenter mon film ici, en Corse »


Laurent Hérin le Samedi 3 Octobre 2020 à 09:59

La jeune actrice vient de passer derrière la caméra pour réaliser son premier court métrage. Un parcours logique pour celle qui navigue entre théâtre, cinéma et télévision mais qui a toujours envisagé son métier de comédienne comme une “mise en scène de soi-même”. Son film « Entre la Nuit », réalisé quelques jours avant le confinement, sera présenté ce samedi en compétition au Festival Arte Mare.



Océane s'apprête à découvrir son film sur grand écran
Océane s'apprête à découvrir son film sur grand écran
On connaît Océane Court Mallaroni comme comédienne devant la caméra et sur les planches : Back to Corsica, Sur la Terre Nue, Être et avoir l’air, etc. Elle réalise aujourd’hui son premier film, « un prolongement logique de [son] métier d’actrice » nous confie-t-elle. Il sera présenté en compétition au Festival Arte Mare. CNI l’a rencontré à cette occasion.
 
Attrice.
C’est autour d’un café, à proximité du cinéma le Régent que nous donne rendez-vous Océane. Pas un hasard alors qu’elle vient de tourner son premier film comme réalisatrice. « Oui et non, ce n’était pas tant de faire un film qui m’importait mais bien de mettre en scène, nous explique-t-elle. En tant que comédienne, on a l’habitude de se mettre au service des histoires de autres. Cette fois, je me sentais prête à me mettre au service de ma propre histoire. » Pour un film autobiographique alors ? « Non ! Vraiment pas. C’est une histoire que j’ai pensé, que j’ai travaillé. Bien-sûr, j’ai mis beaucoup de moi dans ce premier film mais il n’est pas autobiographique. Je n’ai pas vécu ce que vis mon héroïne. » Un film qui aurait aussi pu être une pièce de théâtre ? « Non, je l’ai vraiment pensé comme un film, un court métrage. J’ai travaillé dans ce sens. Mais c’est vrai que je me sens plus proche du théâtre. Sûrement du fait de ma formation. »
 
Furmazione.
Après son BAC, Océane qui a grandi en région parisienne, près de Vincennes, s’inscrit au Cours Florent. « Un rapide passage, nous dit-elle, pas vraiment ma tasse de thé. C’est particulier… » Elle n’en dira pas plus. Toujours est-il qu’au hasard d’une rencontre, elle se retrouve à Lausanne, dans la prestigieuse école des arts de la scène, La Manufacture : « J’ai une amie qui passait le concourt et qui me demande de venir pour lui donner la réplique. Le jury me propose de me présenter à une autre cession, seule cette fois. Ça me tombe un peu dessus. Insouciante, je choisis un texte et je me présente à nouveau. Je suis sélectionné pour la cession suivante qui se déroule sur une semaine. Et je sui finalement retenue dans les seize finalistes ! Je n’en revenais pas… » Elle débute un cursus de trois ans. « Une formation incroyable, nous dit-elle. J’avais envie d’arrêter le cours Florent et là, je découvre une méthode, une appréhension moderne du métier d’acteur, basée sur l’acteur-créateur. Beaucoup de spectacles seule en scène où l’on gérait aussi bien le jeu que la création et la direction. Ils nous apprenaient à ne pas être de simples interprètes ! »
 
Ritornu a u paese.
Du coup, comment se retrouve-t-on en Corse après la Suisse ? « Assez simplement, une fois ces trois années passées je n’avais pas envie d’aller à Paris même si je sais que c’est là-bas que ça se passe. Je ne me sens pas citadine. La ville ne m’attirait pas. Je fais partie de la diaspora, je suis de Sotta. C’est là que j’allais enfant, que je passais mes vacances. J’ai soudain eu envie de rentrer chez moi, de m’y installer. » Pas forcément l’endroit idéal pour lancer sa carrière dans la culture ? « Au contraire ! Et j’avais mon réseau en Suisse, cette école est une vraie vitrine. Je faisais souvent des allers-retours. Je partais trois mois en création. Mais j’étais heureuse de revenir. » Elle poursuit : « C’est sûr, avec l’éloignement, ce réseau à commencer à s’étioler. Mais j’ai aussi commencé à en créer un ici. J’ai rencontré entre autre Christian Ruspini que j’admire et qui est tellement bienveillant. Il m’a bien aidé. Et après, on croise plus facilement les gens ici, dans notre domaine. »
 
Prughjettu.
A ce moment, les projets s’enchaînent : « Je me suis retrouvé sur La passion de Maria Gentille mis en scène par Alexandre Oppecini. Derrière, je tourne la série Back to Corsica de Félicia Vitti avec encore de belles rencontres. Je sympathise entre autre avec Antoine Albertini et Jérémy Alberti. » Elle participe à ce moment-là à deux courts métrages, présentés la même année au Festival de Lama : Sur la terre nue de Julie Perreard et Partition Inachevée de Marie Abbenanti. A chaque fois, elle a le premier rôle. « Des moments forts. De partage, de rencontres encore. Des projets qui me tenaient à cœur. » Côté court, Océane part aussi sur le continent, à Saint Ettienne pour Sacrilège de Christophe Saber. Une fiction très proche de la réalité dans lequel le réalisateur fait jouer des jeunes sortis de prison. Une expérience.
 
Teatru.
A son retour, elle retrouve Alexandre Oppecini, Jérémy Alberti et Antoine Albertini. Ils décident, au détour d’un apéro, de parler de leur expérience de casting parfois laborieuse. « C’est parti sur un délire mais on s’est dit qu’on tenait un sujet. Frédérique Balbinot, programmatrice du théâtre de Bastia, a aimé le projet et nous a proposé une date. C’était parti. On a écrit tous les quatre même si Alexandre chapeautait le projet. Et Être et avoir l’air est né ! » Une pièce qui fera le tour de Corse mais qui n’empêche pas Océane d’enchaîner au cinéma, cette fois sur des longs. Elle tourne dans Par dessus l’épaule de Jonas, de Jérôme Bonnel (Le temps de l’aventure, A trois on y va) et dans Naufrages de Dominique Lienhard.
 
Isula.
Ce dernier, tourné en Corse du Sud, lui permet à nouveau d’évoquer son île : « Je me sens bien ici. Je suis intermittente et j’ai la chance de pouvoir choisir mes projets. J’ai des opportunités régulières et des projets qui me plaisent. Sinon, je ne m’engagerai pas dessus. » Pas féministe militante, elle aimerait d’ailleurs que les projets soient dégenrés. « Ce qui compte, ce n’est pas le sexe mais la personne qui porte le projet. On devrait juger à l’aveugle. » Elle reconnaît pourtant avoir beaucoup travaillé avec des femmes : « Julie, Marie, Félicia, avec qui j’ai tourné. J’ai aussi participé à un projet collectif : 4 auteures, 4 réalisatrices et 4 actrices. Et j’ai été l’assistante mise en scène de Maya Bösh. »
 
Filmu.
Pour son film, c’est également une femme qui l’a mis sur les rails : « Oui ! Yolaine Lacolonge, encore une femme [rires]. Elle m’a tellement encouragé. J’ai fait la résidence du GREC, j’ai présenter mon pitch à Arnaud Dommerc qui m’a dit : je vais le produire ! Je n’en revenais pas, j’aime tellement son univers [il a produit entre autre Félicité d’Alain Gomis, NDLR]. Un an après je tournais. On l’a finit quelques jours à peine avant le confinement ! Du coup, je suis entré en montage que début juin mais c’est bien, ça m’a permis de faire une coupure avant de le finaliser. » Et de le présenter à Arte Mare ? « Oui, c’était important pour moi de présenter mon film ici, en Corse. Comme il était impensable que je le tourne ailleurs. J'ai choisi l'Alta Rocca, ma région. J'ai la pression de le présenter, mes amis seront là et la compétition est particulièrement relevée cette année. »

Océane, enfant, était plutôt timide et rêveuse. Sa mère l’a inscrite très tôt à des cours de théâtre. Une bonne idée, elle a grandi avec : « J'ai l'impression d'avoir toujours fait du théâtre, c'est mon ADN. » Aujourd’hui, elle en a fait sa passion mais aussi son métier. « Je ne sais pas combien de temps ça durera. Mais pour le moment, ça me plaît, je continue… »
 
Entre la nuit d’Océane Court Mallaroni, projection samedi 3 octobre à 18h au Centre Culturel Alb’oru dans le cadre du Festival Arte Mare.
 

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