(Photos Gérard Baldocchi)
À trois jours du premier tour des élections municipales, Gilles Simeoni et ses colistiers de la liste « Bastia Inseme » clôturaient leur campagne avec un meeting organisé ce jeudi soir au sein du Cosec Pepito-Ferretti. Devant plus de 800 personnes, ils ont détaillé pendant près de deux heures leur programme en cas de victoire le 22 mars prochain.
Pierre Orsini, 5e sur la liste, a d’abord abordé le sujet de l’économie. « Nos jeunes restent sur place mais ont des difficultés à trouver un emploi qualifié et un logement », a-t-il indiqué avant d’ajouter que « la Corse ne fabrique plus de Corses ». « Notre langue, nos valeurs et notre culture ne se transmettent plus avec la force suffisante pour faire fonctionner une machine à fabriquer les Corses. Nous avons la certitude qu'il n'y a ni malédiction ni fatalité mais au contraire un besoin vital de réversion. Nous allons devoir tout produire, tout construire, et offrir à notre jeunesse un triple point d’ancrage : des logements de bonne qualité à un prix atteignable, un contexte linguistique fertile et une activité professionnelle de production de ressources pour eux et pour le territoire du Grand Bastia. Nous leur donnerons une chance de devenir des acteurs économiques à part entière. »
De son côté, Emmanuelle de Gentili, 4e sur la liste, a expliqué « qu’à une période où les propositions de nos opposants fleurissent, nos propositions ne sont pas qu’un programme municipal, c’est une vision de société ». « Les autres candidats promettent un oasis au milieu du désert, ils tentent de vendre des mirages, mais diviser une ville n’a jamais créé un emploi, stigmatiser n’efface pas les difficultés mais les aggrave. Face à ces fausses solutions, nous voulons rassembler, construire et continuer à faire de Bastia une ville où chacun trouve sa place. Bastia doit regarder l’avenir qui doit être ambitieux afin de faire de la ville la capitale économique de la Corse. Nous souhaitons créer une maison du commerce, développer un plan de l’artisanat et du commerce local et protéger les activités de proximité, tout en améliorant l’accès à Bastia en créant 1 000 places de stationnement dans les prochaines années et renforcer les transports en commun. »
En 3e position sur la liste, Laurent Papazian a ensuite évoqué la question de la santé, et notamment le nouvel hôpital. « La préoccupation des gens, c’est le pouvoir d’achat et la santé, et nous avons beaucoup de choses à faire, à commencer par l’hôpital et sa reconstruction. Il répondra aux besoins de la population bastiaise pour les 50 ans qui viennent, nous devons avoir les moyens d’avoir un hôpital à la hauteur des ambitions. Nous devons aussi renforcer l’attractivité médicale pour les professionnels de santé : nous avons des outils à utiliser afin de favoriser le retour des jeunes étudiants qui partent réaliser leur second cycle, comme des bourses pour compléter l’arsenal qui existe déjà, en particulier celui de la CDC, pour faciliter leur retour à Bastia », a-t-il martelé, en critiquant le programme de certaines des autres listes qui n’ont « qu’un quart de page » dédié à l’hôpital.
Hélène Beretti, 2e sur la liste, a quant à elle déclaré : « Nous voulons une ville profondément corse, bastiaise, où nous avons envie de vivre sereinement. Nous voulons un nouvel élan pour la ville, et nous allons le construire avec détermination. Pour nous, il n’y a pas de place pour la fragmentation. Nous voulons que le peuple corse retrouve sa dignité et ses droits, notre programme est clair, concret et réalisable. Il ne s’agit pas de projets pharaoniques sans financements chiffrés pour faire du bling-bling sur les dépliants de campagne, nous ne sommes pas à Dubaï ou à Miami. C’est le choix d’un programme solide, porté par des hommes et des femmes sincères. Nous voulons insuffler une nouvelle dynamique à Bastia et nous le ferons parce que nous sommes des Bastiais au service de Bastia. »
Enfin, Gilles Simeoni a tenu un discours plus offensif autour de ses opposants. « Même lorsqu’ils sont aux antipodes de ce en quoi je crois, je les respecte dans leurs convictions, mais ce sont eux qui ont choisi la forme et le fond du combat politique qui nous attend. Sur la forme, au terme d’une décision militante, mûrie et partagée sur ma candidature, ce sont eux qui ont appelé à ma démission, eux qui ont dit que l’objectif était que Gilles Simeoni ne puisse plus mettre un pied à Bastia aujourd’hui et demain à Ajaccio. Mais au-delà des petites phrases, des mots délibérément blessants, qu’ont-ils décidé de faire ? L’enjeu de cette élection pour eux, et donc désormais pour nous, c’est répondre à deux questions simples et indissociables : voulez-vous qu’on retourne à ce qui s’est passé pendant 50 ans ou que nous restions en améliorant ce qui doit être amélioré, et voulez-vous laisser revenir ces personnes qui ne rêvent que de détruire le nationalisme et la Corse à laquelle nous croyons, ceux qui ne sont jamais levés quand notre terre était vendue ? »
Il a ensuite indiqué que « nous allons continuer pour Bastia et pour la Corse ». « Nous ne regardons pas la couleur de peau, la religion, la consonance du nom de famille : être Corse, c’est parler notre langue, respecter nos valeurs, se projeter dans le présent et l’avenir de cette ville. Notre démarche vise à faire converger tous les nationalistes. Une ville ne se construit pas seulement à partir d’un mouvement, notre devoir est de faire converger toutes les forces de progrès pour construire un avenir heureux pour cette ville », a-t-il lancé avant de conclure : « Dimanche, vous aurez à choisir un maire, une équipe et un projet. J’aspire à être ce maire, je souhaite que cette équipe soit celle que les Bastiais désigneront pour exercer cette responsabilité. Il nous reste deux jours pour convaincre. Bastia ne sera grande que si elle redevient une ville centre, ouverte vers ses voisins. »
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