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Non, le Sud-Corse ne tient pas dans une carte postale... mais dans le nouveau magazine Kalliste


le Dimanche 26 Juillet 2026 à 08:25

Réalisé bénévolement par des passionnés de la Corse, le magazine Kalliste, associé de longue date à la diaspora, a choisi cette année de raconter un territoire aux multiples visages : le Suttanacciu. Un Suttanacciu très élargi, puisqu’il s’étend de Porto-Vecchio à Propriano, en passant par Bonifacio, Sartène et l'Alta Rocca. Un pari qui a finalement nécessité soixante pages au lieu des quarante-huit prévues, pour un numéro qui sera distribué gratuitement dans un maximum d’espaces publics de Corse.



Audrey Cermolacce, présidente du comité rédactionnel de l'association Kalliste, a été reçue à Porto-Vecchio par le maire Jean-Christophe Angelini ce samedi 25 juillet, afin de présenter le nouveau numéro du magazine.
Audrey Cermolacce, présidente du comité rédactionnel de l'association Kalliste, a été reçue à Porto-Vecchio par le maire Jean-Christophe Angelini ce samedi 25 juillet, afin de présenter le nouveau numéro du magazine.
Entre les plages de Porto-Vecchio, les falaises de Bonifacio ou les aiguilles de Bavella, les images semblent avoir tout raconté de l’Extrême-Sud de la Corse. Aux touristes, peut-être, mais ce nouveau numéro de Kalliste, présenté ce samedi matin à Porto-Vecchio, « ce n'est pas un énième guide touristique, insiste Audrey Cermolacce, présidente de l'association. Nous allons à la rencontre de ceux qui font vivre la Corse et de ses acteurs. Il s'agit de proposer un regard sur une Corse vivante, avec ses richesses, mais aussi ses défis. »

Ainsi, pendant plus d'un an, les membres de l'association basée à Marseille ont multiplié les rencontres, les recherches historiques et les entretiens. Un travail entièrement bénévole qui devait donner naissance à une revue de 48 pages. Mais, au fil des mois, l'Extrême-Sud s'est révélé impossible à faire tenir dans ce cadre-là, entre les enjeux du logement porto-vecchiais, la dimension patrimoniale bonifacienne, les vignobles du Sartenais ou le pastoralisme de l’Alta Rocca. 

Partis de 48 pages, les explorateurs de Kalliste ont rapidement compris qu’il fallait passer à 60. « Dans l'Extrême-Sud, il y a des réalités très différentes entre le littoral, les villages de l'intérieur et de montagne, souligne Audrey Cermolacce. L'idée est de partir de l'histoire et du patrimoine pour mieux éclairer les réalités d'aujourd'hui, et à travers elles, celles de demain. Le patrimoine corse ne doit pas être regardé comme quelque chose de figé. Il évolue, mais il doit aussi être protégé. »

Au fil des pages, le magazine alterne entretiens avec des élus, dossiers historiques, portraits et reportages. Le développement économique répond aux questions environnementales, tandis que le patrimoine dialogue avec la dimension touristique d’aujourd’hui. Une approche qui résume la philosophie de Kalliste. Née dans les années 1980 à Marseille, l'association entendait alors défendre les intérêts des Corses du Continent et promouvoir la continuité territoriale. Aujourd'hui, elle poursuit ce lien entre l'île et sa diaspora à travers une publication gratuite, tirée à 2 400 exemplaires, financée sans subvention publique, uniquement grâce aux cotisations de ses adhérents et au soutien de trois annonceurs.

"Pas de place pour le droit du sang en Corse"

Pour Jean-Christophe Angelini, maire de Porto-Vecchio, cette démarche dépasse largement le cadre éditorial : « La sortie de ce numéro cristallise un engagement de la communauté corse – la diaspora, ou quel que soit le nom qu'on lui donne – au profit de l'île. Que l'on soit sur l'île ou à l'extérieur, on y demeure attaché. Il faut rappeler, en ces temps troublés, que la Corse est une communauté de destin. Il n'y a pas de place pour ceux qui convoqueraient le droit du sang. »

Fragilisée après la crise sanitaire, l'association Kalliste a bien failli disparaître avant de retrouver un second souffle. Elle regarde désormais vers l'avenir : le prochain numéro devrait nous conduire sur les routes du Giussani.