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Nanette Maupertuis : "les îles sont le parent pauvre de la politique de cohésion de l’Union européenne"


Nicole Mari le Lundi 18 Avril 2022 à 18:46

Dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe (COFE), les dirigeants locaux et régionaux des îles européennes se sont réunis à Bruxelles le 5 avril dernier pour attirer l’attention de l’Union européenne sur les îles et dénoncer l’absence d’une stratégie à long terme visant à réduire les disparités insulaires. La Présidente de l'Assemblée de Corse, Nanette Maupertuis, membre du Comité européen des régions et vice-présidente de la Commission COTER, a proposé et obtenu de rédiger un avis d’initiative sur l’article 174 pour la prise en compte des problématiques insulaires et de leurs spécificités.



Nanette Maupertuis, présidente de l'Asemblée de Corse, membre du Comité européen des régions et vice-présidente de la Commission COTER, à Bruxelles. Photo CNI.
Nanette Maupertuis, présidente de l'Asemblée de Corse, membre du Comité européen des régions et vice-présidente de la Commission COTER, à Bruxelles. Photo CNI.
« L’Union européenne (UE) ne comblera pas les lacunes en matière de développement entre les territoires sans une stratégie claire pour les îles ». C’est l’appel lancé par les dirigeants locaux et régionaux des îles européennes, le 5 avril à Bruxelles, lors d’une manifestation intitulée « Cohésion, notre valeur fondamentale — une contribution des îles européennes à la conférence sur l’avenir de l’Europe », organisée par le Comité européen des régions (CdR) et la Commission des îles de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM). L’objectif est de réussir à imposer « les contributions, les besoins et les préoccupations des îles européennes » dans les débats. Les représentants des îles de toute l’Europe ont expliqué leur vision et souligné que l’UE devrait disposer d’une stratégie claire et cohérente pour ses îles, qui abritent plus de 20,5 millions d’habitants, soit 4,6 % de la population européenne répartis dans 13 Etats, en leur accordant l’attention particulière prévue par les traités. Lors de l’ouverture de la conférence, la présidente de la Commission de la politique de cohésion territoriale et du budget de l’Union européenne (COTER) du Comité des régions, Nathalie Sarrabezolles, a expliqué que « Défendre le principe de cohésion en tant que valeur — c’est-à-dire défendre son inclusion dans toutes les politiques européennes — implique également de veiller à ce que l’Union européenne soit présente dans la solidarité dans toutes les régions afin de les aider à réaliser leur potentiel, ce qui constitue une occasion extraordinaire pour l’UE dans son ensemble ».

Gilles Simeoni et Nanette Maupertuis à la Commision des îles à Malte. Photo CNI.
Gilles Simeoni et Nanette Maupertuis à la Commision des îles à Malte. Photo CNI.
L’engagement corse
Une occasion loin d’être acquise en ce qui concerne les îles, déplore la présidente de l'Assemblée de Corse et vice-présidente de la COTER, Nanette Maupertuis qui n’hésite pas à affirmer que : «Les îles sont le parent pauvre de la politique de cohésion dans la mesure où l’article 174 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) n’a pas encore été mis en œuvre malgré les initiatives et les actions visant à souligner les spécificités des régions insulaires, pendant la crise et dans les actions de la Corse et de ses partenaires, au sein de différentes instances comme la Commission des îles de la CRPM, le Comité européen des Régions, le Partenariat Medinsulae. Dans le 8ème rapport sur la politique de cohésion, aucune mention particulière n’est faite concernant les îles et c’est regrettable ! ». Depuis 2016, que ce soit au sein du Comité européen des régions par la voix de Nanette Maupertuis, ou au sein de la Commission des îles dont Gilles Simeoni a été président pendant quatre ans de 2017 à 2021, l’Exécutif corse a agi sans relâche pour défendre la condition et la spécificité insulaire auprès de l’Union européenne. Un engagement corse que la Commission des îles n’hésite pas à qualifier « d’intense » et de « marquant », notamment dans la recherche de réponses aux défis insulaires et dans le développement d’une stratégie intégrée des îles européennes. Les deux présidents corses sont toujours membres élus du Bureau Politique de la Commission des îles.
 
Une stratégie à long terme
A la lumière de ces considérations, Nanette Maupertuis, qui est déjà l’auteur de deux avis adoptés au Comité européen des régions - « L’entrepreneuriat dans les îles » en 2017 et « La Coopération territoriale européenne » en 2018 – s’attelle à en rédiger un troisième. Elle vient de proposer à la Commission COTER « de faire un avis d’initiative sur l’article 174 TFUE. Je crois qu’il faut entamer des actions qui puissent attirer l’attention de la Commission européenne sur les problématiques insulaires et sur leurs spécificités et surtout préparer le terrain pour les années à venir, notamment, pour la Présidence suédoise et la Présidence espagnole en 2023 qui pourraient être des Etats particulièrement sensibles à notre cause ». L’article 174 définit les régions insulaires comme « nécessitant une attention particulière au regard de l’objectif de l’Union visant à réduire les disparités de niveau de développement entre les différentes régions au sein des États membres et entre ceux-ci ».. Tandis que l’article 349 crée une base juridique claire pour les mesures spéciales en faveur des régions ultrapériphériques. L’idée, précise le ministre régional des finances et des relations extérieures des îles Baléares (ES), Rosario Sanchez Grau, est de « créer un cadre de référence qui pourrait orienter la future politique à long terme dans des domaines spécifiques et qui devrait être au cœur d’une stratégie de l’UE pour les îles ». Comme cela a été fait l’an dernier pour les zones rurales.
 
L’égalité des chances
Les représentants insulaires dénoncent, donc, l’absence de stratégie commune européenne pour les îles. Une étape nécessaire et attendue serait « la création d’une initiative dédiée à la revitalisation des îles »., qui étendrait le champ d’application au-delà des îles méditerranéennes aux îles des mers Baltique et du Nord et des océans Atlantique, Indien et Pacifique. « L’UE doit écouter tous les citoyens, quels qu’ils soient, où qu’ils vivent ! », ajoute Kieran Mc Carthy, conseiller municipal de Cork. Les élus insistent sur les besoins particuliers des îles qui sont confrontées à des défis spécifiques, à des désavantages structurels, à des contraintes et à la nécessité de les adapter aux spécificités de chaque bassin maritime. « Pour que les citoyens puissent tirer pleinement parti de l’intégration européenne, l’UE doit s’engager davantage avec eux ». Le Comité européen des régions estime que la Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui est entrée dans sa phase finale, est l’occasion de « débattre des moyens de garantir l’égalité des chances en matière de développement ». Et de rappeler que dans le cadre européen, « la valeur fondamentale est de ne laisser aucune région et personne de côté ! ».
 
N.M.
 

















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