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Municipales - Julien Morganti : « Nous voulons redonner à Bastia sa fierté et son identité »


Nicole Mari le Samedi 7 Mars 2026 à 12:00

Avec sa liste « Uniti » qui rassemble la gauche, la droite et le PNC, Julien Morganti est une nouvelle fois candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars à Bastia. Opposant actif à la majorité sortante, il tacle le décrochage économique, social et culturel de la ville et veut incarner une alternative crédible. Il affiche une ambition : engager immédiatement le changement et lancer des projets structurants. Et une priorité : arriver en tête au soir du 1er tour.



Julien Morganti, candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars à Bastia avec sa liste « Uniti » qui rassemble la gauche, la droite et le PNC.  photo Gérard Baldocchi.
Julien Morganti, candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars à Bastia avec sa liste « Uniti » qui rassemble la gauche, la droite et le PNC. photo Gérard Baldocchi.
- Vous avez présenté votre liste. Comment la qualifieriez-vous ?
- C’est sans doute le rassemblement le plus large jamais réalisé à Bastia. Cinq sensibilités politiques différentes y sont représentées : gauche, droite, nationalistes, société civile. Mais au-delà des étiquettes, ce sont avant tout des Bastiaises et des Bastiais. Des femmes et des hommes qui vivent ici, travaillent ici, élèvent leurs enfants ici. Ils connaissent les difficultés du quotidien, mais aussi les aspirations profondes de notre ville. Chaque sensibilité est représentée à parts égales. Il n’y a ni obligés, ni parachutés, ni candidats d’appoint. Personne ne sert d’alibi à quiconque. Cette union repose sur l’équilibre, le respect et une volonté commune de servir Bastia. C’est aussi une liste renouvelée, compétente et prête à exercer les responsabilités municipales dès le premier jour si les Bastiais nous accordent leur confiance. Nous portons un projet populaire, ambitieux et réaliste.
 
- Quel bilan tirez-vous de la mandature sortante ?
- Le constat est aujourd’hui largement partagé : Bastia décroche. Quelques projets vitrine ne suffisent plus à masquer les difficultés profondes. La ville perd en attractivité économique, la pauvreté progresse, l’insécurité inquiète, les finances se tendent. Trois faiblesses majeures caractérisent la majorité sortante. D’abord, l’absence de vision stratégique. Aucun dossier structurant n’a véritablement avancé : le port de commerce, les parkings, l’hôpital, l’habitat, l’éducation. Pendant ce temps, d’autres territoires progressent. Ensuite, la négligence du quotidien. Propreté, gestion des déchets, circulation, bruit, incivilités, occupation anarchique du domaine public : les Bastiais ont le sentiment d’un abandon. C’est révélateur qu’aucun parking n’ait été réalisé durant la mandature. C’est une première. Enfin, une gestion financière préoccupante. Malgré une hausse de la pression fiscale d’environ 10 %, la capacité d’investissement s’est réduite. Plus de 60 millions d’euros de dérapages dans les marchés publics ont fragilisé la situation. Plusieurs projets annoncés ont été reportés ou restent sans financement clair. Ce n’est pas une critique politicienne. C’est un constat.
 
- Quelle est, selon vous, la principale problématique à laquelle Bastia est confrontée ?
- Le décrochage économique, social et culturel. Les chiffres sont officiels : 23 % de taux de pauvreté à Bastia, contre 18 % en Corse et 14 % au niveau national. Une population plus âgée que la moyenne nationale. Une perte importante d’élèves (600 élèves de moins) et donc de familles. Une inquiétude croissante sur les questions de sécurité. En peu de temps, Bastia est en passe de devenir une simple sous-préfecture administrative, alors qu’elle a longtemps été un moteur régional. La ville perd progressivement ce qui faisait sa force : son dynamisme, son identité, sa capacité d’initiative.
 
- Comment comptez-vous y répondre ?
- D’abord en disant la vérité. Nous ne promettrons pas ce que nous ne pouvons pas financer. Toutes les villes moyennes connaissent des difficultés. Mais peu disposent des atouts de Bastia : une préfecture, un port, un aéroport international, un littoral exceptionnel, un territoire d’influence dynamique, un patrimoine remarquable et une identité forte. Notre méthode est simple : agir à la fois sur le quotidien et sur le long terme. Nous redresserons les finances en maîtrisant les investissements et en réduisant les dépenses de fonctionnement inutiles. Dès les premiers mois, nous engagerons les changements possibles immédiatement, tout en lançant les projets structurants qui dessineront l’avenir. Nous nous battrons sur des dossiers majeurs comme l’hôpital, le théâtre et le port. Sans dogmatisme. Avec détermination.
 
- Trois sujets dominent la campagne : logement, social, insécurité. Quelles solutions proposez-vous ?
- Logement : depuis toujours Bastia attire des populations, d’abord des Génois, puis des continentaux, mais aujourd’hui il y a un double mouvement : une concentration de pauvreté d’origine extérieure dans certains quartiers populaires et un apport de continentaux à hauts revenus dans le centre patrimonial. Cela crée des tensions avec le Bastiais qui n’a plus les moyens de vivre dans sa ville, notamment les familles. Pour favoriser l’accession à la propriété nous allons aider les primo-accédants. De manière concrète et utile, pas en faisant des promesses dans le vent. Pour ce qui est du logement social, nous allons donner la priorité aux résidents Bastiais. La présence nationale ou locale proposée par d’autres candidats n’apportera aucune réponse nouvelle, sinon perpétuer le désordre et la ghettoïsation constatée aujourd’hui. De nombreux maires veulent reprendre le contrôle des attributions et le sénat vient de voter « un droit d’oppositions » qui s’inscrit dans ce cadre. Donc la loi va le permettre et on va le faire. Social : nous allons redonner du pouvoir d’achat aux Bastiais et notamment aux familles avec la gratuité des bus, une tarification incitative de l’eau et des déchets et en offrant les goûters et l’aide aux devoirs dans les écoles. C’est du concret et nous allons le faire dès 2026. Sécurité : Notre doctrine pour la sécurité sera claire « Assurer avec fermeté la protection des Bastiais ». Créer une police de proximité. La création d’une dizaine de postes permettra d’intensifier les patrouilles. Elle sera dotée de missions élargies : prévention, propreté, contrôles des dépôts sauvages et du tri, régulation du domaine public, présence renforcée autour des écoles. Des moyens modernisés pour la police municipale pour une action efficace : Véhicules, équipements, outils numériques, armement. Un véritable réseau de vidéoprotection public pour tous les quartiers sera déployé. Une annexe de police municipale à Lupino.
 
- Quels seront les autres axes forts de votre programme ?
- L’attractivité économique, la culture, la santé, l’écologie et la qualité de vie. Notre ambition est simple : s’appuyer sur l’identité bastiaise pour construire l’avenir. Bastia ne doit pas être banalisée ni diluée dans des schémas venus d’ailleurs. Elle a une histoire singulière, une tradition d’audace commerciale et maritime, une culture propre. Nous voulons libérer cette énergie, pas l’étouffer.
 
- Quelle sera votre priorité si vous êtes élu ?
- Lancer immédiatement les études des projets structurants pour qu’ils soient réalisés dans le mandat : Parking Saint-Nicolas, priorité n°1. Nouvel appel à projets pour l’îlot de La Poste. Études Via Mare. Parking de Toga. Le parking Saint-Nicolas est central : 700 places supplémentaires en cœur de ville, c’est un gain immédiat d’accessibilité et d’attractivité pour les commerces et les habitants. Parallèlement, nous stopperons trois opérations mal conçues ou financièrement incertaines : le chantier du théâtre, dont le coût a explosé, sera réexaminé pour porter un projet réaliste. Le projet de démolition de la cité Aurore sera suspendu afin de relancer la concertation et privilégier la rénovation plutôt que la démolition massive, coûteuse humainement et financièrement. Enfin, nous abandonnerons le projet de parking de Montepiano au profit du parking saint Nicolas, une solution plus pertinente et plus rentable en centre-ville.
 
- Quelle est votre vision de Bastia à 20 ou 30 ans ?
- Une ville plus sûre, plus propre, plus accessible, plus verte. Une ville où les enfants pourront se loger, travailler, se divertir et se soigner. Une ville où les commerçants développeront leur activité. Une ville où nos aînés vivront sereinement. Une ville fidèle à son identité, mais ouverte sur l’avenir.
 
- Pour revenir au scrutin, quel est votre challenge ? Quel est, pour vous, votre adversaire principal ?
- Notre adversaire est clairement l’équipe sortante. Nous voulons incarner une alternative crédible. L’union que nous avons construite donne de la solidité à cette alternative.
 
- Pensez-vous arriver en tête au soir du 1er tour ? Avec quel score ?
- Oui et on ressent cette dynamique sur le terrain en porte à porte, dans les réunions de quartier et dans nos meetings. Voir autant de monde et de jeunes venir à la présentation d’un projet et d’une liste, c’est aussi un signe qu’il y a une dynamique qui s’installe. Je crois que les Bastiais attendent de nous cet espoir de changement. Ils veulent une rupture avec l’échec de l’équipe sortante.
 
- Quelle sera votre stratégie pour le 2nd tour ? Avez-vous déjà discuté ou envisagé d’éventuelles alliances ?
- Notre priorité, c’est le premier tour. Et avec la dynamique créée pour l’annonce du projet et de la liste, on appelle au vote utile, utile pour donner une majorité à Bastia, pour porter un projet. Ceux qui veulent le changement disposent d’une union sérieuse, crédible et compétente. Le vote Uniti est un vote utile pour le changement et l’alternative la plus forte. 
 
- Bastia est-il mûr, selon vous, pour une alternance politique ?
- La dynamique, que l’on ressent sur le terrain, montre cette envie de changement, de projet, de méthode et de vision pour Bastia. C’est une alternative puissante, positive et cohérente que l’on propose aux Bastiais. Et la dynamique de cette union à cinq sensibilités est le meilleur exemple qui donne du crédit à cette stratégie et cette volonté de changement que les Bastiais appellent de leur vœu.
 
- Quel est votre message aux Bastiais ? Pourquoi devraient-ils voter pour vous ?
- Je me présente avec humilité et détermination. J’ai dix-huit ans d’expérience municipale et quinze ans d’expérience dans les finances publiques. J’ai exercé des responsabilités d’adjoint et de vice-président. Je suis prêt. Bastia mérite un maire à temps plein. Ne pas l’être serait irresponsable. Et nous sommes la seule liste à proposer cette garantie et cette cohérence aux Bastiais.  Avec Uniti, c’est aussi une équipe complète et compétente qui est prête. Car Bastia mérite un maire à temps plein entouré d’une équipe soudée. Bastia mérite de retrouver sa fierté. Et nous sommes prêts à y travailler dès le premier jour. 
 
- Êtes-vous confiant ?
- Sur le terrain, nous ressentons une dynamique. Les réunions sont pleines, les jeunes s’engagent, les échanges sont francs. Les Bastiais veulent du changement. Ils veulent un projet, une méthode, une vision.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.