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Municipales. En Corse-du-Sud, plusieurs communes clefs sous haute tension avant le 1er tour


le Vendredi 13 Mars 2026 à 19:53

À deux jours du premier tour des élections municipales, plusieurs communes de Corse-du-Sud concentrent l’attention. À Ajaccio, Porto-Vecchio ou Sartène, maires sortants, unions politiques inédites et nouvelles candidatures redessinent les rapports de force et annoncent des scrutins particulièrement disputés.



Municipales. En Corse-du-Sud, plusieurs communes clefs sous haute tension avant le 1er tour
Elles dépassent largement le simple cadre de la gestion communale. Parce qu’elles structurent les équilibres politiques de l’île et façonnent durablement les dynamiques territoriales, les élections municipales constituent à chaque échéance un indicateur précieux des rapports de force entre les différentes sensibilités. En Corse-du-Sud, le scrutin de ce dimanche sera donc observé avec attention. Entre maires sortants solidement installés, recompositions politiques et nouvelles ambitions, plusieurs communes donnent lieu à des affrontements particulièrement tendus à l’aube du premier tour de ce dimanche.
 
À Ajaccio, tout d’abord, le maire sortant, Stéphane Sbraggia, parviendra-t-il à conserver son fauteuil ? Premier adjoint entre 2014 et 2022, il avait alors succédé à Laurent Marcangeli lorsque ce dernier avait été élu député de la 1ʳᵉ circonscription de Corse-du-Sud. Cette élection marque toutefois une étape particulière pour l’édile ajaccien : c’est la première fois qu’il se présente aux municipales en son nom. Une candidature qui l’oblige également à défendre le bilan de douze années de gestion municipale portées par la majorité qu’il incarne aujourd’hui. Face à lui, quatre candidats entendent bousculer cet équilibre.
 
À commencer par François Filoni. Ancien adjoint à la propreté urbaine et à la police municipale lors du premier mandat de Laurent Marcangeli, il avait acté sa rupture avec la majorité municipale en 2020 avant de rejoindre les rangs du Rassemblement National. Désormais secrétaire territorial du parti, il mène une liste soutenue également par le mouvement identitaire Mossa Palatina et par l’Union des Droites. Lors des dernières législatives, il avait enregistré des scores inédits pour le parti à la flamme dans la cité impériale.
 
Troisième candidat en lice, le conseiller municipal d’opposition Jean-Paul Carrolaggi conduit la liste d’union des partis nationalistes Aiacciu Vivu. Soutenue notamment par Femu a Corsica et Core in Fronte, cette alliance était espérée depuis de nombreuses années pour tenter de faire tomber la citadelle ajaccienne. Reste à savoir si cette stratégie d’union sera suffisante pour peser dans le rapport de force électoral.
 
De son côté, le Partitu di a Nazione Corsa (PNC) a choisi de faire cavalier seul, affichant des divergences de vision sur l’avenir de la cité impériale. À la tête de la liste Stintu Aiaccinu, le secrétaire national du mouvement, Pascal Zagnoli, a rassemblé autour de lui plusieurs chefs d’entreprise et acteurs économiques locaux, avec pour objectif de tenter de s’imposer comme une alternative et, au minimum, franchir l’étape du premier tour pour se maintenir dans la course.
 
Enfin, seule femme engagée dans cette bataille municipale ajaccienne, Charlotte Cesari, nouvelle venue en politique, conduit la liste « A Voci di u Populu », une union de la gauche soutenue par le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français et le mouvement Debout !. Une démarche qui a déjà permis de redonner une visibilité à la gauche ajaccienne, affaiblie depuis la défaite de Simon Renucci en 2014. Reste désormais à savoir si cette dynamique sera suffisante pour s’imposer dans une campagne particulièrement ouverte.
 

Les enjeux sont également importants à Porto-Vecchio, où trois candidats s’opposent au maire sortant, Jean-Christophe Angelini (« Pà PortiVechju »), qui avait conquis la cité du sel en 2020, après 90 ans de règne de la droite. Face au leader du PNC, Georges Mela (« Notre parti c’est Porto-Vecchio »), tentera ainsi de récupérer le siège qu’il a occupé entre 2005 et 2020, avec une équipe « rajeunie et renouvelée », dont beaucoup de membres sont issus de la société civile. Mais Vaninna Chiarelli-Luzi (« Paese Vivu »), présidente de l’Office d’Équipement Hydraulique de la Corse entend jouer les troubles fête et creuse son sillon au milieu des deux adversaires historiques en portant une liste d’union entre Femu a Corsica et Core in Fronte. Enfin Michel Chiocca (« Sempri Portivechju »), relais de Mossa Palatina dans l’Extrême-Sud, et déjà candidat lors des dernières législatives, qui réunit « plusieurs nuances de la droite » et portée sur l’économie.

 
À Sartène, l’élection s’annonce également tendue. Alors que le maire sortant, Bertrand d’Ortoli - qui avait succédé à Paul Quilichini, décédé en février 2025  -, a décidé de ne pas se représenter, ce sont pas moins de quatre listes qui s’affronteront ce dimanche. À commencer par Pascal Quilichini (« Anima Sartinesa »), frère de l’ancien maire et actuel premier adjoint qui entend bien finir en tête au premier tour et espère capitaliser sur son expérience municipale pour relancer l’attractivité et le développement de la commune. Face à lui, Ludovic Cerlini (« Sartè Oghji pà Dumane ») conduit une « union citoyenne » qui entend redonner à Sartène un cap clair et un nouvel élan collectif. Troisième candidat en lice, Christophe Mondoloni (« Sartè pà fà la campa »), actuel adjoint à la mairie d’Ajaccio, a choisi de revenir sur ses terres familiales pour mettre son expérience et son réseau au service de la commune. Enfin, par attachement familial lui aussi, Paul-Félix Benedetti (« Aiò Sartinesi »), leader de Core in Fronte, mène une liste transpartisane soutenue par le mouvement indépendantiste et par Femu a Corsica, avec l’ambition de répondre à ce qu’il décrit comme un déclassement progressif de la cité sartenaise.
 

À Sarrola-Carcopino, l’élection promet d’être houleuse. À la tête de la commune depuis 2007, le maire sortant Alexandre Sarrola (« Sarrula è Carcupinu Pà Dumani ») brigue un nouveau mandat et met en avant son bilan ainsi qu’une gestion qu’il juge « responsable et maîtrisée ». Une vision que fustige l’élu d’opposition Jean-Joseph Battistelli (« Pà Cambia Sarrula è Carcopino ») qui entend incarner l’alternative et ravir la mairie à la majorité sortante à l’égard de laquelle sa démarche transpartisane se montre très critique. 
 

À Cargèse aussi, ce se scrutin s’annonce également disputé. Le deuxième adjoint au maire, Jérôme Alessandri (« Carghjese Dumane »), entend bien briguer la succession de François Garidacci qui a décidé de ne pas se représenter. Fort de son expérience au sein de la majorité depuis de longues années, il revendique en effet la continuité des projets tout en promettant un nouveau souffle pour la commune. Mais il devra pour cela convaincre les électeurs face à Stéphane Zanettacci (« Per un avenne cumunu »), chef d’entreprise de retour sur la scène locale, qui entend insuffler une nouvelle dynamique pour la gestion quotidienne et le bien-être des habitants et à Jean-Claude Donzella (« Inseme per Carghjese »), ancien agent et conseiller municipal, qui mise pour sa part sur un projet axé sur le cadre de vie, les services publics et une gouvernance plus participative.
 

Enfin à Bonifacio, la situation est bien différente. Jean-Charles Orsucci, maire depuis 2008, est assuré de repartir pour un quatrième mandat, aucune liste concurrente n’ayant été constituée. Dans la cité des falaises le scrutin se déroulera donc de façon plus apaisée, contrastant avec les batailles acharnées observées dans le reste de la Corse-du-Sud.