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Montagne corse : La réhabilitation du Paesolu d’Aïtone au cœur des projets du Comité de massif pour 2022


Nicole Mari le Lundi 1 Novembre 2021 à 19:31

La réhabilitation du site naturel du Paisolu d'Aïtone, tant réclamée par le maire d’Evisa, pourrait débuter dès l’année prochaine dans le cadre du Plan Avenir Montagne et du Comité de massif de Corse. C’est l’annonce faite par le président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, à la dernière session de l’Assemblée de Corse, en réponse à une question orale de Cathy Cognetti-Turchini, conseillère territoriale du groupe Un soffiu novu, et vice-présidente de la Communauté de communes Pasquale Paoli. D’autres projets sont validés, comme la rénovation des refuges du GR20, les sentiers de transhumance, la rénovation du château de Quenza ou encore la valorisation des couvents de Merusaglia, d’Orezza et de Casabianca.



Entre Porto et Evisa, une photo de Géraldine. Archives Photo du jour CNI.
Entre Porto et Evisa, une photo de Géraldine. Archives Photo du jour CNI.
La réhabilitation du site naturel du Paisolu d'Aïtone est un combat que le maire d’Evisa, Jean-Jacques Gianni, mène inlassablement et qui revient dans le débat, chaque fois qu’il est question du développement de l’intérieur et de la montagne. Ce site naturel, qui s’étend sur 4400 m2 de forêt et abrite un village de vacances de 60 logements, était un des fleurons touristiques du Parc naturel régional de l’île dans les années 70. Récupéré par la Collectivité de Corse (CDC) en 2002, il a été laissé depuis dans un quasi-abandon, croulant sous les promesses non tenues, et hors d’état d’accueillir même des habitués depuis la fin de la saison 2016. « C'est la sauvegarde de l'intérieur qui est en jeu et notamment celle de nos zones de montagne. Elles sont dépeuplées et dévalorisées et nous avons un outil ici que nous n'arrivons pas à mettre en valeur », se désolait Jean-Jacques Gianni. L’espoir renaît avec la création du Comité de massif corse et la mise en place par l’Etat du Plan Avenir Montagne, qui est géré par l’Agence nationale pour la Cohésion des Territoires (ANCT) et finance des démarches locales. Le président du Comité de massif et député de la 2nde circonscription de Haute Corse, Jean-Félix Acquaviva, avait évoqué cette possibilité, lors du congrès des élus de la montagne à Corti. La vice-présidente de la Communauté de communes Pasquale Paoli et conseillère territoriale du groupe U Soffiu Novu, Cathy Cognetti-Turchini, est remontée au créneau lors de la session de l’Assemblée de Corse pour interpeler l’Exécutif sur le sujet.

Cathy Cognetti-Turchini.
Cathy Cognetti-Turchini.
Un projet éligible
« Alors même que nous nous interrogeons, sûrement à juste titre, sur l’intérêt de limiter l’accès aux sites naturels fréquentés, le plus souvent littoraux, pour les préserver, se pose, à l’inverse, la question de l’accompagnement de territoires ruraux disposant d’infrastructures existantes ou de parcours à valoriser », débute-t-elle. Avant d’évoquer le Plan Avenir Montagne dont trois territoires insulaires - les ComCom de l’Alta Rocca, du Celavu-Prunelli, et le duo Castagniccia-Casinca /Costa Verde – sont déjà lauréats. « Nous apprenons ces jours-ci que le Paisolu d’Aitone est potentiellement éligible, si nous sommes en mesure de définir un projet ficelé, chiffré et viable. Des EPCI y parvenant, notre Collectivité doit pouvoir se positionner, via la définition de projets d’autant plus structurants, eu égard à l’ingénierie qui est la sienne », estime-t-elle. Une allusion aux propos tenus à Evisa, le 13 octobre dernier, par le préfet de Corse, Pascal Lelarge. L’élue du rural plaide pour le développement de l’intérieur : « Au cœur de nos montagnes, le GR20 accueille des milliers de randonneurs de Calenzana à Conca, traversant le Parc sur la ligne de partage des eaux de la Corse. 180 kilomètres, 16 étapes, et autant de refuges et de gîtes pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles. C’est un formidable vecteur économique pour nos villages de montagne qui profitent de cette attractivité et de cette fréquentation. La vallée d’Asco, ou même le Giussani, vivent tant bien que mal de cette manne, alors même qu’un accompagnement s’impose en faveur de la revitalisation de l’intérieur et du tourisme vert qui ne doivent pas rester de vains mots. La formation des professionnels de la montagne, la sensibilisation des plus jeunes aux espaces forestiers, le tourisme social et solidaire sont des pistes de développement ».
 
Pas une chimère
Si Cathy Cognetti-Turchini salue les actions déjà engagées par le Comité de massif, notamment « a Strada Paolina qui ambitionne de connecter plusieurs sites dont le couvent de Merusaglia », elle déplore, cependant, de « ne pas retrouver dans le financement des projets d’envergure comme la réhabilitation du Paisolu ». Et d’interroger : « Ces fonds nouveaux déployés par l’ANCT ne sont-ils pas l’occasion de voir plus grand ? Plutôt que de disperser nos efforts en matière de développement de l’intérieur, il faudrait permettre aux acteurs de la montagne de disposer d’une offre sur-mesure pour répondre aux besoins concrets et spécifiques de ces territoires. La perspective financière offerte par le Plan Avenir Montagne nous oblige, d’une part à dresser une liste exhaustive de sites à valoriser ou à réhabiliter, et d’autre part à élaborer des projets viables permettant l’accès aux financements pour que la revitalisation de l’intérieur ne soit pas une chimère folklorique ». Elle demande à l’Exécutif corse s’il compte se positionner dans le cadre de ce dispositif « qui peut être une réponse en faveur de notre patrimoine rural, levier d’un développement tant attendu de la montagne ». Et conclut : « Per cunosce et fà campà a nostra montagna, avà tocca a noi ».

Gilles Simeoni. Photo Michel Luccioni.
Gilles Simeoni. Photo Michel Luccioni.
Une priorité essentielle
La réponse in lingua nustrale du président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, tombe lapidaire : « Bien sûr que nous comptons le faire et que nous le faisons déjà ! Et nous allons le faire encore plus et mieux ! ». Il semble un peu interloqué par la mercuriale et par la nécessité de répéter que « le développement de l’intérieur et de la montagne est une priorité essentielle depuis notre accès aux responsabilités. Ces projets, nous les portons en partenariat avec l’ensemble des acteurs : les communes, les intercommunalités, le Parc naturel, les professionnels de la montagne et le Comité de massif ». Il ne comprend pas plus pourquoi « vous opposez dans votre question le Comité de massif… C’est une instance qui n’existait pas, une sorte de parlement de la montagne qui permet de faire mûrir les projets et de les proposer ensuite à la décision ». Quand au Plan Avenir montagne, il réaffirme que « la Corse s’est déjà positionnée de façon positive, grâce à un travail politique de fond que nous avons mené sur le long terme, que ce soit dans les entretiens avec Jean-Baptiste Lemoyne (Secrétaire d'État chargé du Tourisme), Joël Giraud (Secrétaire d'État chargé de la ruralité), ou de façon générale avec le gouvernement et l’ensemble des acteurs ». Avant de lâcher désabusé : « Il est clair que nous avons un problème de communication ou de circulation de l’information ».
 
Des projets financés
Histoire de rafraichir les mémoires, le président de l’Exécutif revient sur les dossiers déjà présentés et actés par le Comité de massif pour les années 2021-2022 « des dossiers qui sont structurants et, pour la plupart d’entre-eux, validés par les services de l’État » pour un total de 23 millions €. Et de lister : « Nous poursuivons la programmation sur la rénovation, avec les contraintes urbanistiques que vous connaissez, des refuges du parc ». Sont concernés cette année : le refuge d’Asinau, a Casa di l’artigiani sur la commune de Lugo di Nazza, la Maison du tourisme sur la commune de Zonza, le site de l’Ercu sur la commune de Lozzi, le chemin historique de transhumance, Caprunale, porté par la Collectivité de Corse, la réhabilitation d’une bergerie à Sari-Sulinzara. « Tous ces projets sont portés en partenariat avec l’ensemble des acteurs pour un montant de 8,5 millions € ». Il confirme les projets pour 2022 : la réhabilitation du château de Quenza dans l’Alta Rocca, la valorisation patrimoniale et touristique des couvents d’Orezza et de Casabianca après celui de Merusaglia dans le cadre d'A Strada Paolina, la réhabilitation des refuges d’Ortu di u Piobbu et de Ciuttulu di i Mori, le sentier de Prunelli di Fiumorbu, la maison forestière de Ghisoni et la réhabilitation du Paesolu d’Aïtone. « Le tout pour 14,5 millions € ». Gilles Simeoni précise que ces choix relèvent de la décision du Conseil exécutif et du Comité de massif : « La circulaire, qui organise la sélection des projets, prévoit qu’en Corse, c’est le Conseil exécutif qui choisit sur sélection du Comité de massif. Nous souhaitons travailler en partenariat avec l’État. Le préfet de Corse a été invité à participer à ces travaux pour que nous puissions valider les décisions ensemble ». Il pointe, lui aussi, la difficulté d’ingénierie des porteurs de projets des petites communes : « Il faut qu’on essaye d’être meilleurs de ce côté-là ». Et conclut : « Nous allons essayer d’avancer le plus vite possible ».
 
N.M.





















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