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Michel Stefani : "La Corse a besoin de démocratie, non d’explosions nocturnes"


La rédaction le Dimanche 5 Septembre 2021 à 18:15

"La réalité sociale de la Corse est depuis des décennies structurée par les inégalités, entre les plus riches, quelques uns, et les plus pauvres, les ménages populaires en grande majorité. En cette rentrée où la nécessité d’un fort mouvement social est indispensable pour imposer des choix politiques en faveur de ceux-ci, la communication des FLNC, annoncée en pleine campagne des territoriales, intervient pour dévoyer le mécontentement populaire avec une reprise possible de la violence indépendantiste" écrit Michel Stefani, secrétaire fédéral du PCF de Corse dans une tribune qu'il nous a fait parvenir.



Michel Stefani
Michel Stefani
Les dirigeants nationalistes ainsi détenteurs de tous les pouvoirs en Corse, à défaut de ceux de l’Etat, creusent leurs désaccords pour masquer leur incapacité à partager un pouvoir hyper concentré afin de gérer ensemble la Collectivité unique aux compétences si importantes mais mal exploitées dans la mandature écoulée. Eux-mêmes n’ont pas manqué de critiquer cette gestion.
Pour autant les résultats électoraux ont été favorables aux listes nationalistes. C’est incontestable indépendamment du niveau élevé d’abstention à 42 %. Cela n’enlève rien aux 68 % de votes exprimés obtenus par ces listes nationalistes. Mais on ne peut pas ne pas tenir compte de cette désaffection, moins importante que sur le continent, car elle est aussi le reflet du mécontentement.
Et si le pouvoir régional, si centralisé, est de surcroit aux mains d’une seule sensibilité nationaliste on ne peut ignorer le mode de scrutin antidémocratique et la fameuse prime de 11 sièges, octroyée à la liste arrivée en tête, assurant avec 41 % des suffrages exprimés une majorité absolue.


Pour autant, il faudrait engager la Corse, nous dit-on, dans une évolution institutionnelle pour les uns au titre d’une autonomie de plein droit et de plein exercice et du transfert de la compétence fiscale pour les autres dans la perspective d’une indépendance sachant que les 2 listes indépendantistes ont totalisé 15 % des suffrages exprimés.
Le communiqué remis à la presse parle ainsi d’adhésion la plus large de l’électorat à la politique et aux projets nationalistes. Néanmoins, il faudrait dire de quel projet il s’agit surtout que, de manière paradoxale, il est précisé que l’actuelle majorité régionale n’a pu gagner qu’en se laissant séduire par les pratiques autrefois critiquées des anciens clans.
Néo-clanisme, clientélisme, recyclage politique des maires précédemment opposés, tout est dit et de fait cela ne peut qu’atténuer l’argument valorisant la conquête de l’électorat au vote nationaliste. Manifestement il y a des votes plus ou moins porteurs du message historique et de ses objectifs et à tout le moins institutionnels.
Vouloir réduire le malaise ou le mal vivre en Corse à la seule question des rapports entre l’Exécutif régional et l’Exécutif gouvernemental est donc un raccourci risqué voire une impasse. Quoiqu’il en soit il faudra donner la parole aux Corses et comme la mandature actuelle sera de presque 7 ans peut-être restera-t-il du temps à consacrer à l’action publique en faveur des plus modestes.


Cela veut dire engager une politique audacieuse contre les inégalités, contre la cherté de la vie, contre la pénurie de logements sociaux, contre les bas salaires, contre l’emprise affairiste et mafieuse, contre la domination économique et sociale d’une poignée d’entreprises et de patrons…
En l’état des compétences de la Collectivité de Corse il est possible de mettre en œuvre des politiques qui se traduisent autrement que par la hausse de 50 % de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, par exemple, ou encore par la mise en œuvre d’une politique de transport qui s’appuie sur les principes d’un véritable service public plutôt que sur une hypothétique compagnie régionale et l’augmentation des tarifs et la dégradation des prestations, par la définition, également, d’une politique énergétique efficiente…

La Corse a donc besoin de solidarité nationale dans l’intérêt bien compris des plus modestes, de progrès social et écologique. Voila pourquoi, la politique du gouvernement généreuse pour les riches et dispendieuse en aides publiques, versées aux actionnaires du CAC 40, doit être combattue comme la fuite dans les paradis fiscaux.
Le juste partage de la richesse n’est pas une question administrative nécessitant une réforme institutionnelle. C’est avant tout une question de choix politiques. On le voit avec le détournement des réfactions de TVA, prés de 200 millions d’euros par an, effectué au détriment du pouvoir d’achat des ménages insulaires. Tout récemment encore le gouvernement s’est refusé à rétablir un contrôle des prix et à faire la clarté sur ce scandale qui dure depuis des décennies s’agissant des carburants comme des biens de consommations courantes. C’est à cela qu’il faut s’attaquer !


La Corse à donc besoin de démocratie, non d’explosions nocturnes, d’une démocratie dynamisée par le mouvement social qui, comme en 1989, sera facteur de conquêtes sociales et d’amélioration des conditions de vie et de travail en Corse.














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