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Michel Castellani : « Il faut en France poser la question des relations entre l’Etat central et les territoires »


Rédigé par Nicole Mari le Mardi 13 Février 2018 à 00:05 | Modifié le Mardi 13 Février 2018 - 01:48


C’est un premier bilan de son activité parlementaire qu’a exposé, lundi soir, au théâtre de Bastia, le député Michel Castellani devant les élus et la société civile de sa circonscription. L’élu nationaliste de Pé a Corsica, classé dans le Top 30 des députés les plus actifs de l’Assemblée nationale avec 129 interventions, 101 amendements, 15 questions écrites et la co-signature de 8 projets de loi, avait promis à ses électeurs, pendant la campagne électorale, de leur rendre périodiquement compte de son action. Il profite de l’occasion pour expliquer l’enjeu de la rencontre prévue, mardi matin, à 10 heures à Paris, entre la ministre chargée des relations avec la Corse, Jacqueline Gourault, et une délégation insulaire composée des parlementaires, du président de l’Exécutif territorial, du président et des présidents de groupes de l’Assemblée de Corse. Une réunion de travail concernant la proposition d’Emmanuel Macron d’inscrire la Corse dans la Constitution.


Michel Castellani, député de 1ère circonscription de Haute-Corse.
Michel Castellani, député de 1ère circonscription de Haute-Corse.
- Pourquoi avez-vous jugé nécessaire de faire un premier bilan devant les élus locaux ?
- J’essaye toujours d’avoir un contact maximal avec les élus et les gens. C’est important ! Je rencontre en permanence les maires du Cap, du Nebbiu, des grandes communes de Bastia…, mais aussi les institutionnels, les associations et les entreprises qui demandent à me voir. Je vais dans les collèges qui m’invitent pour discuter avec les jeunes. J’avais promis, lors de la campagne électorale, de faire périodiquement au grand public le compte-rendu de tout ce que nous faisons avec mes deux autres collègues députés, et plus particulièrement tout ce que je fais, à l’Assemblée nationale. L’idée est de tenir les gens informés, de répondre à leurs questions et d’écouter leurs remarques. J’ai ramassé l’essentiel de mes interventions en quatre thèmes : Finance, politique générale, Corse et questions au gouvernement. Et j’ai fini ma présentation par les mises en garde au gouvernement.
 
- De quelles « mises en garde » s’agit-il ?
- A bien des reprises, avec mes deux collègues de Pè a Corsica - Jean-Félix Acquaviva et Paul-André Colombani -, nous avons averti le gouvernement et tous les groupes de l’Assemblée nationale sur la nécessité d’ouvrir un dialogue avec la Corse et d’écouter la majorité territoriale.
 
- Au vu du discours du président Macron à Bastia, vous n’avez pas été écouté. Comment appréhendez-vous la réunion de ce mardi avec Jacqueline Gourault ?
- Nous sommes convoqués à 10 heures du matin. La réunion est dans le fil de ce qui a été annoncé suite au déplacement du président de la République à Bastia. Nous verrons bien sur quelles bases se nouera le dialogue. J’espère qu’il se nouera sur tout ce qu’il faut faire pour sortir de toutes les difficultés que nous connaissons en Corse. Ce qui compte, ce n’est pas seulement l’inscription de la Corse dans la Constitution qui, en elle seule, ne porte rien, mais le contenu, ce qu’on y met en termes de potentialités, de compétences, de possibilités d’adaptation des lois, dans quels domaines et à quel niveau... Je suis de ceux qui considèrent que l’article 72 porte quatre fois rien ! Il dit simplement que les collectivités sont habilitées à se faire sources de propositions sur un temps réduit, le temps de déroger pour un objet et une durée limités. Le compte est loin d’y être ! Il faut aller au-delà. Que ce soit, ensuite, l’article 73 ou 74, ça se discute…
 

- Le discours du président a suscité sur le continent de nombreuses critiques favorables à la Corse. Cette évolution de position vous a-t-elle surpris ?
- L’opinion française est divisée en deux. Une partie reste sur des positions traditionnelles de grande méfiance à l’égard de tout ce qui est corse. Une partie, par contre, commence à comprendre que nous ne sommes pas fous et qu’il faut, en France, poser la question des relations entre l’Etat central et les collectivités dans les territoires. A l’Assemblée, nous discutons en permanence avec des députés de tous les coins de France, pas seulement des régions périphériques. Ils commencent à comprendre, quand on leur explique, que modifier légèrement les équilibres entre les prérogatives de l’Etat central et la prise d’initiatives dans les territoires n’est pas une mauvaise chose pour eux ! Cette question intéresse – c’est sûr ! – particulièrement la Corse, mais elle a aussi une portée sur le plan général en France.

- Pour en revenir aux élus locaux, quelles préoccupations vous demandent-ils de relayer auprès du gouvernement ?
- Nous avons établi avec les maires des séances de travail qui sont souvent très intéressantes. Elles portent sur des questions locales, sur des initiatives qu’il faut relayer auprès d’un ministre, ce que nous faisons en permanence. Par exemple : un projet de centrale éolienne, une fermeture d’école… ou encore des problèmes techniques. Les maires veulent des modifications à la marge sur la loi NOTRe, que l’on redéfinisse les compétences entre les communes et les intercommunalités. Certains nous demandent quelquefois une renégociation du PADDUC (Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse) dans leur commune, mais ça, ce n’est pas du domaine du député !
 
- Sur quels futurs projets de loi comptez-vous vous impliquer ?
- Nous nous impliquons, tous les trois, chacun dans nos commissions, puis à travers nos interventions dans l’hémicycle, sur les différentes lois qui se présentent au fur et à mesure et qui intéressent l’équilibre budgétaire, la politique d’imposition, la politique d’ouverture de la France dans le monde, l’application des règles administratives entre l’Etat central et les citoyens… Ceci dit, l’action prioritaire des trois députés de Pè a Corsica, est de tirer, lors des discussions directes avec le gouvernement, le maximun d’éléments concernant le contenu de l’inscription de la Corse dans la Constitution. Tout va se jouer durant ce mois, juste avant la réforme constitutionnelle qui s’annonce. Il faut des résultats immédiats.
 
- Un député peut-il vraiment faire bouger les lignes ?
- Ah oui ! Bien sûr ! Notre travail est extrêmement important ! Il est essentiel que tout le travail très positif, réalisé en Corse par la majorité territoriale, soit relayé directement et en permanence par des parlementaires de même sensibilité dans le cœur même du système institutionnel français auprès des ministres et des groupes politiques. Il suffit de voir quel battage nous faisons avec seulement 300 000 habitants, ce qui représente à peine un quartier de Marseille ! Grâce à un gros travail en amont, nous réussissons à poser la question corse au plus haut niveau et à intéresser tous les groupes politiques et tous les médias nationaux.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 
 





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