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Littérature : « Ma béance ta demeure », dernier ouvrage de Carine Adolfini-Bianconi


Rédigé par Philippe Jammes le Jeudi 18 Octobre 2018 à 10:48 | Modifié le Jeudi 18 Octobre 2018 - 16:06


Un tout petit peu plus d’un an après son recueil poétique bilingue (français - corse), « À l’iridescence » (Éditions Arzilla), Carine Adolfini-Bianconi présente aujourd’hui « Ma béance ta demeure » (A me spaccatura a to dimora – Editions A fior di carta).


Dans ce bel ouvrage, 48 poèmes, traduits en corse, évoquant les différentes phases de la passion amoureuse,  le sentiment de présence au monde et les absences d’être, les chutes hors de soi et du langage. Par le souffle du désir, chaque poème se creuse pour accueillir, devenir main ouverte, caresser, recevoir, déborder, chaque mot veut tresser le tout et le rien, faire lien avec la chair  dans la béance secrète des cœurs pour demeurer vivant.


« Le recueil met en scène un échange amoureux, rencontre, reconnaissance, renaissance » indique l’auteure bastiaise, mais aussi le manque, le doute, la séparation. Une histoire d’amour dans laquelle chacun pourrait se reconnaître ».  Ce recueil peut s’apparenter à un voyage en soi, qui n’est pas narcissisme mais au contraire partage dans l’intimité du poème.
« Lorsqu’on ose fonder sa poésie sur une expérience personnelle on prend le risque de  tomber dans une sorte d’égo superficiel et j’ai voulu éviter ce travers » précise t-elle encore,  « J’ai écrit ce recueil dans une volonté de partage, pour le porter à l’attention de l’autre, et si je vais  au plus  dedans de moi, c’est dans le seul but de rencontrer l’autre ».


Pour Carine Adolfini-Bianconi ce recueil  est une manière de dire que le poème est un espace de communion.  « L’écriture, même aussi près du soi, reste un point de départ pour aller vers le lecteur. Nous sommes faits de la même matière, le discours amoureux est le même pour tous, seule la façon de l’exprimer est différente, quand je parle de moi je parle toujours de l’autre. On écrit toujours pour rencontrer quelqu’un, il y a dans le recueil un enchevêtrement constant entre l’autre et le moi. Difficulté d’aimer, manque à soi, à dire, manque d’air, de mots, béance dans laquelle tout est en devenir, un vide que je ne cherche pas à combler mais à garder ouvert au don, à offrir par le verbe comme une main tendue ». 


A noter la couverture du recueil de Carine. Elle propose un signe, une lettre hébraïque, Kaf, signifiant paume de la main, donner, recevoir, coupe et  venant appuyer la dimension spirituelle du mot « demeure » : dans l’Évangile selon St jean :  demeure de l’esprit, amour partage communion . « Je me retire et viens à vous » (Jean). 
Un livre pour le plaisir des yeux, du cœur, de l’âme…
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* Ma béance ta demeure (A me spaccatura a to dimora) de Carine Adolfini-Bianconi.
Édition: A fior di Carta 
Préface et traduction: Stefanu Cesari




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