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Les soignants des hôpitaux corses : "psychologiquement, la première vague de Covid-19 a laissé des séquelles"


Livia Santana le Mardi 27 Octobre 2020 à 18:50

Nos soignants insulaires entrent dans la deuxième vague de l'épidémie. Pour y faire face, les hôpitaux ont réalisé un grand travail d'organisation en prenant en compte les leçons du printemps dernier. Ils devront jongler avec un personnel épuisé et moins nombreux.



Les soignants des hôpitaux corses : "psychologiquement, la première vague de Covid-19 a laissé des séquelles"
En mars dernier, les soignants des hôpitaux corses affrontaient la première vague de l'épidémie mondiale de Coronavirus. Sept mois plus tard, un regain de contamination qui s'abat sur le territoire insulaire avec depuis début septembre, un peu moins de 4000 cas positifs recensés sur l'île.

La première phase de l'épidémie avait pris de court les soignants corses vite dépassés par la situation. Faute de capacités suffisantes dans leurs services, ils avaient procédé le 22 mars dernier à une évacuation de 12 malades vers Marseille, à bord du porte-hélicoptère de la marine nationale, le Tonnerre.
"Au début on se demandait ce qui nous tombait sur la tête. On ne connaissait pas le virus, un jour on vous disait une information le lendemain on vous disait le contraire. Aujourd'hui, l'expérience de la pathologie n'est pas la même qu’au mois de mars, la crise n’est pas gérée de la même façon. Des cellules et des conseils après des concertations nationales sont mises en place à l’ARS.", explique Yves Fanton, un des directeurs de crise à l'hôpital d'Ajaccio.

On peut également rappeler qu'en février dernier, le résultat des tests PCR mettaient 4 à 5 jours pour être communiqué puisqu'il était envoyé sur le continent. "Maintenant on rouspète quand on a pas le résultat au bout de 2 heures", plaisante le médecin. 


"Une deuxième marée" 
Aujourd'hui lui et son homologue Mathieu Besnard également directeur de crise à l'hôpital d'Ajaccio,  préfèrent employer le terme de deuxième marée à deuxième vague : "On l’a vu venir et elle augmente de manière beaucoup plus diffuse et plus importante que la première vague". En effet, depuis le mois de juillet, les soignants s'organisent pour affronter cette deuxième phase épidémique. L'hôpital de la miséricorde et a signé ce lundi 26 octobre un partenariat avec la clinique privée ajaccienne Clinisud pour avoir accès à des salles d'opérations lorsque l'établissement public sera saturé, permettant ainsi d'éviter les déprogrammations. "Pour s'en sortir, il faut avoir un temps d’avance sur l’épidémie", poursuit le médecin. 


A flux tendu 
Du fait de l'étendue de l'épidémie sur tout le territoire nationale, les ressources humaines seront moins disponibles que pendant la première vague. "Au printemps dernier il y avait des clusters, les contaminations étaient localisées. L'évacuation vers Marseille a permis une bouffée d’oxygène. A présent, ce n'est plus possible. Si dans le futur on a besoin de trois lignes de remplaçants ce sera très compliquer de les mobiliser.", explique Mathieu Besnard. 

A ce paramètre, il faut ajouter la fatigue du personnel  qui s'est extrêmement investi dans la première vague et qui a été largement mobilisé pour rattraper le retard des déprogrammations durant la période estivale."Psychologiquement la première vague a laissé des séquelles. Beaucoup de courage sera nécessaire pour affronter la marée.", poursuit le médecin. Ce nouveau rebond de l'épidémie s'inscrit dans un contexte qui était déjà fragile, celui de l'hôpital public débordé depuis des années. "De partout en France, nous n'avons pas de réserve pour encaisser le choc mais on fait au mieux", soupire-t-il. 


















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