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Le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, noue des relations politiques avec le Pays basque


Nicole Mari le Lundi 30 Septembre 2019 à 22:45

Première visite officielle de deux jours du président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, au Pays basque. Reçu en grande pompe au siège du gouvernement à Gastiz, il s’est entretenu pendant plus de deux heures avec le lehendakari, chef du gouvernement basque, Iñigo Urkullu. Un entretien très politique autour de trois sujets forts : la coopération entre les deux territoires, la mobilisation de la diaspora et la reconnaissance par l’Union européenne du statut des nations sans Etats. Puis, accompagné du député européen, François Alfonsi, il a rencontré des responsables politiques et des acteurs de la société civile, avant d’assister en tribune officielle à l'Alderdi eguna, la fête annuelle du PNV, le parti nationaliste au pouvoir, et rencontré son président Andoni Ortuzar.




Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, en déplacement au Pays basque, a eu un entretien avec le Président du Gouvernement basque, Iñigo Urkullu.
Le président du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, en déplacement au Pays basque, a eu un entretien avec le Président du Gouvernement basque, Iñigo Urkullu.
C’est un déplacement officiel dans le président de l’Exécutif corse est friand et qui s’inscrit dans le droit fil de la stratégie nationaliste d’aller chercher à l’extérieur et dans d’autres Etats les soutiens qui font si cruellement défaut au niveau national. Après la Sardaigne, les Baléares, la Catalogne, l’Ecosse, la Bulgarie… et les déplacements liés à sa présidence de la Commission des îles de la CRPM, c’est, donc, au Pays basque que s’est rendu, ce weekend, Gilles Simeoni, en compagnie du député européen François Alfonsi, pour un rendez-vous fixé de longue date et qui correspond à la fête annuelle du parti nationaliste au pouvoir. Reçu samedi après-midi avec les honneurs à la résidence officielle du gouvernement à Gastiz, il a eu, en tête à tête avec le président Iñigo Urkullu, un long entretien qualifié de « très productif et constructif » qui a porté sur trois axes forts. D’abord, la coopération entre les deux pays. «  Nous avons discuté de la situation politique générale, de nos situations politiques respectives, des rapports avec l’Etat espagnol pour les Basques et avec l’Etat français pour nous. Nous avons ouvert des perspectives pour une coopération renforcée, notamment dans le domaine linguistique. L’idée, pour nous, est de nous inspirer de l’expérience basque et de ses acquis », précise Gilles Simeoni. Ensuite, la nécessité d’impliquer la diaspora dans le développement régional. « C'est un sujet essentiel. Le peuple basque bénéficie d’une diaspora importante, le gouvernement est très impliqué dans l’organisation et le soutien que peut lui apporter cette diaspora. Là aussi, l’idée est de s’en inspirer. La diaspora est un axe structurant de notre projet global, nous allons, dans les semaines à-venir, la faire monter en puissance ». Le président de l’Exécutif a déjà posé des jalons et donné des signes, ne serait-ce que la semaine dernière à l’Assemblée de Corse lors de l’examen de deux dossiers. Le transport aérien où il a annoncé qu’il voulait discuter avec les compagnies délégataires du service public en vue d’obtenir des tarifs préférentiels pour la diaspora. Le logement où il a fait voter à l’unanimité un amendement qui ouvre symboliquement l’aide à la primo-accession aux Corses de l’extérieur qui remplissent aux conditions de retour et ont un bien immobilier antérieur à 1960. Enfin, les deux présidents ont abordé un axe d'actions plus politiques : « Nous avons réfléchi à la manière de faire mieux prendre en compte, notamment par l’Union européenne, et de façon directe, la voix et les intérêts des institutions qui représentent les peuples des Nations sans Etat, comme le peuple corse ou le peuple basque. Les Basques jouissent d’une situation institutionnelle bien plus avancée que la nôtre. Ils ont un statut d’autonomie qui leur permet de prélever directement la totalité de l’impôt et en reversent une part à l’Etat espagnol. Un statut unique en Espagne ! ».

Une séquence émotion
Le dimanche, Gilles Simeoni a assisté, en tant qu’invité d’honneur à l’Alderdi eguna, la grande fête annuelle du PNV, le parti au pouvoir, parti nationaliste historique qui réunit, chaque année, en plein champ près de 50 000 personnes. Et là une séquence émotion pour le Nationaliste corse. Accueilli par le chef du gouvernement et par le président du PNV, Andoni Ortuzar, il remonte, au côté des deux hommes, l’allée officielle où se trouvent de nombreuses délégations étrangères dont des représentants des gouvernements catalan, irlandais, galicien, les Basques d’Argentine et du Mexique… Convié à la tribune, il prend place, avec le député Alfonsi, au 2ème rang derrière le chef du gouvernement et au milieu des membres du gouvernement et des cadres du parti, dont ceux de la Coordination de la jeunesse basque. « Et un invité qui nous fait un grand honneur, son père était notre frère, le président de la Corse, Gilles Simeoni », proclame Iñigo Urkullu en préambule de son discours.

Quelques minutes auparavant, Gilles Simeoni avait reçu de leurs mains un cadeau inattendu, la photo de son père, Edmond, en train de parler à la tribune de cette même fête en 1979. Très ému, il a remercié chaleureusement : « Cette mise en perspective historique m’a beaucoup ému. Mon père était venu en mai 1979 à l’époque du premier statut et avait exprimé la solidarité du peuple corse avec le peuple basque. Recevoir cette photo a été un moment personnel très particulier ».

La photo d'Edmond Simeoni remise en cadeau à son fils.
La photo d'Edmond Simeoni remise en cadeau à son fils.
Les Nationalistes basques, qui sont très critiques par rapport à la stratégie catalane dont ils craignent qu’elle ne serve de prétexte à Madrid et aux conservateurs espagnols pour justifier une recentralisation globale, réfléchissent à une stratégie alternative intermédiaire. Des rendez-vous ont déjà été pris pour poursuivre cette discussion bilatérale. « Nous avons défini un calendrier pour avancer sur ces trois points », annonce Gilles Simeoni qui a invité son homologue en Corse. « Ce voyage s’inscrit dans une stratégie globale. Une délégation insulaire assistera au congrès mondial de la diaspora basque qui se tiendra la semaine prochaine. Le 8 octobre, je me rendrai à Bruxelles pour participer à une importante conférence avec la Sardaigne et les Baléares dans le cadre de la semaine européenne des régions et des villes. La semaine suivante, se tiendra en Sicile l’assemblée générale annuelle de la CRPM. Notre volonté est claire : travailler ensemble et parler d'une même voix pour réussir à faire prendre en compte nos attentes, nos demandes et nos besoins ».
 
N.M.

Gilles Simeoni entouré de Andoni Urtuzar et Inigo Urkullu.
Gilles Simeoni entouré de Andoni Urtuzar et Inigo Urkullu.




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