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Le plan de lutte contre la pauvreté présenté à Ajaccio : enfance et jeunesse en priorité


Rédigé par Laurina Padovani le Vendredi 1 Février 2019 à 19:44

Olivier Noblecourt. Le délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes était à Ajaccio ce vendredu 1er Février pour présenter le plan de huit milliards et demi d’euros du gouvernement. Elus locaux et associations attendaient beaucoup de cette première rencontre sous fond de passation de pouvoir.




Olivier Noblecourt délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes entouré des élus locaux : Photo Michel Luccioni
Olivier Noblecourt délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes entouré des élus locaux : Photo Michel Luccioni
Après la réunion qui avait eu lieu à la préfecture le 10 janvier dernier avec l’ensemble des associations et services de l’État intervenant dans la lutte contre la précarité et pour l’insertion sociale et professionnelle, c’était ce vendredi au tour d’Olivier Noblecourt, de rencontrer les acteurs sociaux insulaires.
Le délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté est venu exposer les grandes lignes de ce projet social de plus de 8 milliards d’euros, annoncé en septembre dernier par le président de la République.
 

Priorité à l’enfance et la jeunesse
Dans cette stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, la priorité a été mise sur l’enfance et la jeunesse. L’augmentation des places en crèche est l’une des actions phare évoqué par le délégué. Lieu de lien social et de stimulation entre enfants de milieux sociaux différents cet accès serait une manière de lutter dès le plus jeune âge contre le retard scolaire. Un bonus social sera versé aux établissements pour aider les familles monoparentales à accéder aux crèches.
Autre point d’action du plan de lutte, l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) pour les enfants qui n’ont pas de parents et dont les Collectivité Locales ont la charge. Le projet prévoit la fin des sorties sèches du système administratif de ces enfants qui se retrouve à 18 ans livré à eux-mêmes sans plus aucun accompagnement social.
Les autres politiques sur lesquels le gouvernement veut travailler sont l’accompagnement des bénéficiaires du RSA et le travail sur le non recours aux aides. Une problématique très présente sur l’île.
 
’ Ma mission aujourd’hui est de porter la stratégie nationale dans les territoires, assure Olivier Noblecourt. Je suis pilote de la mise en œuvre de ce plan qui suppose que les acteurs des territoires portent les mesures du plan. La stratégie vise à être régionalisé, donc adapté au territoire. Les priorités seront établies en fonction des axes tracés par les acteurs insulaires. ’’
 
Un plan précarité en Corse depuis déjà 2016
Les acteurs sociaux de l’île avaient fait le déplacement en nombre. Les élus locaux étaient pour leur part au rendez-vous avec notamment Jean-Christophe Angelini, Paul-André Colombani, François Tatti ou encore la conseillère exécutive Bianca Fazi plutôt satisfaite de la ‘’prise de conscience’’ de l’Etat.
'' Le gouvernement est en train de réaliser qu’il faut passer par les Collectivités, déclare Bianca Fazi avec satisfaction. L’action sociale est portée par les travailleurs sociaux. La Collectivité est chef de fil de l’action sociale. Je vous rappelle que nous avions établit un plan de précarité en 2016 qui avait été adopté à la majorité à l’Assemblée.
Nous avons listé un certain nombre d’actions et lancé la conférence des acteurs sociaux en octobre à Bastia. Il faut aussi qu’il y est une transversalité avec nos propres directions mais également avec les associations qui nous font un état des lieux très précieux.''
 
Parmi les associations, la Falep, présente sur le terrain depuis 1977, plutôt satisfaite de ce tournant de la politique d’aides sociales, la priorité reste selon son représentant l’accès à la dignité pour les plus démunis.
 ''Le travail social est là pour redonner de la dignité aux gens, explique Jean-Michel Simon, Directeur Général de la Falep. Les gens pauvres sont des personnes exclues. Comment faire en sorte qu’ils retrouvent des conditions de vie normales ? Nous sommes aujourd’hui dans une situation d’urgence et notamment sur la région de Porto-Vecchio où la pauvreté augmente beaucoup. La mise en place de soupes populaires ou de restaurants sociaux dans lesquels les gens précaires payeraient une petite somme pour se nourrir participerait à retrouver cette dignité. Il faut aujourd’hui avoir des projets innovants.’’
 

François Pernin : ‘’ J’attends la révolte des banlieues ’’
Durant la matinée, quatre ateliers ont été proposés au public sur l’enfance, la jeunesse, le travail social et l’insertion et mobilisation des entreprises. C’est autour de cette dernière table ronde que le docteur François Pernin, président de la CLÉ Pumonte, s’est exprimé avec colère.
Selon lui les associations ne sont pas écoutées et le plan de lutte a été établi sans aucune concertation avec les acteurs sociaux. Il assure que les aides de 2016 n’ont toujours pas été versées laissant les associations dans des situations financières compliquées.
 
''Ce qui a été dit ce matin, nous le savions déjà, constate le médecin. Dans ce plan, il y a de bonnes mesures mais pour cela on compte sur les associations et les services sociaux pour en être le relais. Or les associations ne sont ni écoutées, ni respectées, ni considérées. On ne peut pas faire d’un côté disparaître les acteurs sociaux et de l’autre leur demander de faire le travail. On a trente ans de retard sur une pauvreté qui continue de progresser. La crise sociale d’aujourd’hui en est le témoin. Aujourd’hui, la pauvreté touche presque 15 millions de personnesMoi ce que j’attends c’est la révolte des banlieues. Là ce sera une toute autre révolte, et elle sera sanglante.''





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