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La croisière à pleins poumons


Rédigé par Jacques RENUCCI le Mardi 2 Octobre 2018 à 08:38 | Modifié le Mardi 2 Octobre 2018 - 15:36


De plus en plus, les communes littorales se soucient de la pollution émise par les navires à quai dont les moteurs tournent sans cesse.
Particulièrement visées,les croisières


La croisière à pleins poumons

Un nouveau cheval de bataille environnemental pour tous ceux qui se soucient de leur bien-être quotidien : la pollution considérable qu'émettent les navires à quai dont, par principe, les moteurs ne s'arrêtent jamais. Le maire d'Ajaccio Laurent Marcangeli, lors du meeting de présentation de son mouvement politique, a évoqué le problème, ciblant particulièrement les croisières.



Il est loin le temps où l'on s’enorgueillissait du nombre d'escales annuelles, que l'on reliait à l'attractivité de l'île et à un lobbying efficace. Aujourd'hui, on considère plutôt le phénomène comme préoccupant. Ceux qui débarquent dans les ports, ne serait-ce que pour quelques heures, ont droit à la considération et au bon accueil que l'on réserve aux hôtes de passage. Mais les résidents à l'année ont droit eux aussi à un minimum d''égards, surtout lorsqu'il est question de leur santé. Et pour eux, par rapport aux nuisances engendrées, cela fait cher payé le tour en petit train et deux ou trois beignets sur le marché... La croisière s'amuse, le littoral tousse.


A Marseille, dont la pollution est à 18% d'origine maritime, des accords sont signés entre le port, la région et les compagnies. Ainsi, la Corsica Linea va progressivement alimenter tous ses navires en électricité depuis les quais. La flotte rouge passe au vert... La Méridionale elle aussi entre dans un cycle vertueux. Si l'on nous avait dit, il y a seulement quelques années, que l'exemple viendrait du transport maritime Corse-continent, on ne l'aurait pas cru. Et qu'un accord à caractère écologique serait signé sur le Pascal-Paoli, symbole de l'anarchie de la défunte SNCM, on l'aurait cru encore moins...


Un bateau de croisière de 6 000 passagers et 2 000 membres d'équipage, c'est une petite ville qui vient s'amarrer à la ville... Sauf que tout à bord fonctionne au fuel lourd, dont la teneur en soufre est 3 500 fois supérieure à celle du diesel des véhicules, pourtant chargé de tous les maux. Selon l'association France Nature Environnement, un paquebot à l'arrêt, en émission de particules fines, pollue autant qu'un million de voitures...

En attendant la généralisation de filtres efficaces, l'obligation d'utiliser un carburant « propre », on ne peut que gérer sur place le problème, et encore partiellement, ponctuellement. D'autant plus que la prise de conscience de la situation diffère sur le pourtour de la Méditerranée, et que les armateurs demanderont, sinon que le coût soit partagé, du moins que les autorités portuaires prennent en compte les efforts qu'ils ne manqueront pas de faire un jour ou l'autre.
De manière générale, les gouvernements sous-estiment les effets de la pollution maritime, et ce désintérêt se traduit dans une législation internationale quelque peu légère, alors qu'elle est de plus en plus rigoureuse pour les transports terrestres.





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