Chaque soir à 21h30, le festival entend nourrir toutes les curiosités. "L'idée, c'est de nourrir toutes les appétences de notre village, explique Jean-Marc Jonca, directeur du festival. Serra di Ferro est un petit village balnéaire, mais qui reste rural. L'objectif, c'est de donner l'occasion de découvrir différentes esthétiques, différentes personnalités."
Le festival s'ouvrira le 20 juillet avec Ravage, tout nouveau projet du duo formé par Aurélie Saada et Gaspard Royant, précédé en première partie de la jeune artiste corse Orlanne. Suivront Kassaka et ses Gypsies le 21 juillet, aux sonorités gipsy et flamenco, puis le comédien Antoine Duléry le 22 juillet, avec un spectacle mêlant humour et littérature autour de son expérience de la lecture. La scène corse sera à l'honneur avec Voce Ventu, qui fêtera ses 30 ans le 23 juillet, et Felì le 24 juillet, qui célèbrera ses 60 ans dans une création acoustique inédite intitulée Sessant'Anni... Digià. Le festival se clôturera le 25 juillet avec le pianiste et chanteur américain Peter Cincotti, de renommée internationale, venu présenter son nouvel album In Color dans le cadre de sa tournée mondiale.
Un festival porté par la commune, pensé pour tous
Faire venir un artiste mondialement connu comme Peter Cincotti dans un village corse relève du défi. "C'est un challenge à chaque fois, reconnaît Jean-Marc Jonca. Le festival est porté par la mairie de Serra di Ferro, qui en est le porteur juridique et financier, avec le soutien de la Collectivité de Corse et du ministère de la Culture." Un pari d'autant plus assumé que la quasi-totalité des spectacles sont gratuits : seuls deux concerts sont payants, au tarif accessible de quinze euros, et l'entrée est libre pour les mineurs.
Cette accessibilité relève d'un choix politique revendiqué. "C'est vraiment la volonté du maire de rendre la culture accessible au plus grand nombre, souligne le directeur. La mairie prend sur elle ce surcoût. C'est par la culture qu'on s'ouvre l'esprit et qu'on s'émancipe." Le festival prolonge cette dynamique par des ateliers gratuits proposés tout au long de l'événement, chant, théâtre, dessin et mosaïque, destinés aux enfants pour les intégrer à l'aventure collective et faire rayonner la culture sur toute la micro-région.
Une notoriété construite pas à pas
En sept éditions, le festival a grandi progressivement. "On s'est construit tout doucement chaque année en essayant de faire mieux, en trouvant des financements, des partenaires", raconte Jean-Marc Jonca. Tous les deux ans, l'événement monte même un opéra avec orchestre, comme Cavalleria Rusticana l'an dernier. Une montée en puissance qui doit beaucoup au bouche-à-oreille et à l'accueil réservé aux artistes. "On les accueille avec générosité et naturel, en essayant de leur montrer qui nous sommes sans faux-semblants. C'est un peu l'essence de nos villages corses, et tout ça contribue au fait que les gens ont envie de revenir chez nous."
Reste l'essentiel, ce que le directeur souhaite pour son public. "J'aimerais d'abord qu'il prenne du plaisir, qu'il puisse s'évader, dialoguer avec l'artiste par le sentiment, conclut Jean-Marc Jonca. Qu'il y ait ce partage, dans les murs de Serra di Ferro, avec cette envie de partager avec les autres."
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