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« Journal d’une Amnésique » : Rencontre avec Hélène Bresciani à l’Amicale Corse d’Aix-en-Provence


Rédigé par Geneviève LODOVICI le Mercredi 13 Décembre 2017 à 01:23 | Modifié le Mercredi 13 Décembre 2017 - 23:22


Les corses d’Aix-en-Provence le savent, les Cafés Littéraires à l’Amicale Corse sont des rendez-vous à ne pas manquer. Organisés par François Renucci, ces temps de rencontre sont l’occasion d’échanger sur des sujets littéraires et culturels, avec des invités de taille. Vendredi 8 décembre n’ayant pas fait exception, l’association recevait Hélène Bresciani dans ses locaux.









« J’ai été un enfant, je ne le suis plus et je n’en reviens pas. » affirmait Albert Cohen. Un sentiment partagé par Hélène Bresciani qui vient de publier « Journal d’une Amnésique – Bastia et autres lieux au siècle dernier » aux éditions A Fior di Carta. Dans cet ouvrage, l’auteure se souvient de son enfance, des étapes de vie rythmées par les lieux depuis Loretu di Casinca jusqu’à Aix-en-Provence où elle fit ses études. Une mémoire qu’elle partage à travers sa plume et qui fait écho à ceux venus l’écouter en cette fraiche soirée provençale. Pierre-Paul Calendini, le Président de l’amicale, ouvre la rencontre en remerciant l’auteure pour sa présence, l’organisateur du Café Littéraire et Jean-Pierre Simoni, pressenti pour animer l’échange. Quelques paroles en corse, quelques informations sur les dates à venir et la soirée commence.
Journal d’une Amnésique c’est avant tout le récit autobiographique d’une femme, fille d’enseignants qui grandit à Loretu di Casinca avant de partir pour Bastia à l’âge 9 ans. Ville qu’elle chérie, ville « coup de cœur » dit-elle, dont le charme ne cessera de la convaincre. Pourtant la vie n’est plus la même qu’au village : les libertés sont moindres, elle sort peu, mange beaucoup confie-t-elle et surtout ne fréquente pas les garçons. A son grand dam, pendant les vacances ou à la fin de la semaine, elle part à Valle d’Orezza où réside sa famille. Là, elle se souvient du troc entre voisins, de sa grand-mère, de l’interdiction de parler corse... Les lieux ont leur importance dans ce récit pittoresque, presque monographique qui décrit des espaces derrière lesquels se cache des modes de vie en Corse, entre ville et ruralité. Lorsqu’elle part à Aix-en-Provence pour ses études où elle découvre la liberté, les sorties entre amis (eux aussi insulaires). Autant de privilèges qui disparaissent, sitôt rentrée au pays pour les congés : « Je redevenais la fille de mes parents, donc un enfant. Et d’ajouter les filles n’avaient pas le droit à la parole… Enfin, les enfants en général ».
Devenue journaliste, Hélène Bresciani a bien pris la parole et raconte aujourd’hui sa vie ou plutôt les souvenirs tels qu’elle les a gardé, avec toute la liberté que le temps peut donner à la mémoire. Elle le dit d’ailleurs, « avec le temps on modifie, on oublie ». Se dire amnésique c’est une manière de se protéger, une « coquetterie » qu’elle a choisi de s’attribuer et qui renvoie aux « Mémoires d’une amnésique » d’Erik Satie. Une référence parmi tant d’autres. La lecture, en effet,  est ponctuée de citations, de Jacques Brel à Simone de Beauvoir en passant par Charles Baudelaire ou Arthur Rimbaud. Des phrases et des images qu’elle a su partager aux membres de l’Amicale Corse d’Aix-en-Provence. A l’issue de la présentation, le verre de l’amitié a permis de jouer les prolongations avec Hélène Bresciani, l’occasion de poursuivre l’échange ou de se faire dédicacer un exemplaire.
Geneviève LODOVICI





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