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Joseph Gandolfi : « C'est la 1ère fois que la majorité municipale fait campagne à Lupinu sans bon, sans enveloppe ! »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 15 Mars 2015 à 22:03 | Modifié le Lundi 16 Mars 2015 - 01:09


Bastia III, qui regroupe les deux quartiers de Saint-Joseph et de Lupinu, est, à ce titre, le canton bastiais le plus emblématique et aussi le plus disputé, celui où le suspense reste entier. Les cinq tendances politiques, en lice dans l’élection départementale des 22 et 29 mars prochain, y sont représentées avec un affrontement choc entre deux majorités : celle municipale avec le binôme nationalo-tattiste Joseph Gandolfi/Marie-Claire Poggi, historiquement implantés dans le canton, et celle départementale avec le tandem PRG José Martelli-Jean-Jacques Vendasi, deux conseillers généraux sortants parachutés. Les premiers ont reçu le soutien surprise du conseiller général sortant, Jean-Baptiste Raffali, membre de l’opposition. Le nationaliste Joseph Gandolfi, ancré à Lupinu et membre de l’archiconfrérie de Saint-Joseph, explique, à Corse Net Infos, qu’il faut mettre fin au clanisme et au clientélisme qui gangrènent deux quartiers laissés à l’abandon depuis des décennies.


Les quatre candidats de majorité municipale dans le canton de Bastia III : Nicole Barseni, Joseph Savelli, Marie-Claire Poggi et Joseph Gandolfi. Photo copyright ©murzA.
Les quatre candidats de majorité municipale dans le canton de Bastia III : Nicole Barseni, Joseph Savelli, Marie-Claire Poggi et Joseph Gandolfi. Photo copyright ©murzA.
- Est-ce la 1ère fois que vous vous présentez à une élection ?
- Oui ! C’est la 1ère fois que je suis candidat à une élection cantonale. Ma seule candidature précédente remonte à plus d’une trentaine d’années et concernait une élection à l’Office des HLM de Lupino.
 
- Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans la bataille ?
- Je suis militant nationaliste depuis très longtemps et militant d’Inseme per Bastia. C’est un engagement personnel qui m’accompagne. Depuis la victoire d’Inseme per Bastia aux dernières élections municipales, cette démarche-là, qui tend à sortir des clivages gauche-droite-nationaliste, m’a véritablement intéressé. C’est dans son prolongement que j’ai tenu à représenter la majorité municipale à l’élection départementale.
 
- Pourquoi êtes-vous candidat dans ce canton de Bastia III ?
- Ce canton est, pour moi, doublement symbolique. C’est même extraordinaire ! Je pense être celui qui symbolise le mieux ce nouveau découpage. Je suis natif de Saint-Joseph, issu d’une vieille famille sanghjisippana, et je vis depuis 45 ans à Lupinu. Cette réunification des deux quartiers dans ce canton m’a, aussi, incité à me présenter.
 
- Le découpage de ce canton n’est-il pas, par certains côtés, assez bizarre ?
- C’est vrai ! Il est même plus que bizarre ! Je ne sais pas dans quel esprit chagrin, un découpage pareil a pu émerger ! Couper la rue de Saint Joseph en deux, il fallait, quand même l’inventer ! Je pense que, malheureusement, bon nombre d’électeurs seront un peu perdus et risquent de ne pas se déplacer pour aller voter. C’est évident ! Comme la loi est passée, il faut bien faire avec ! Il faut essayer de convaincre les gens de se déplacer et, surtout, leur expliquer dans quel canton, ils se situent, et où se trouve leur bureau de vote. Cela risque de ne pas être une mince affaire !
 
- Qu’est-ce qui a motivé le choix de votre binôme et des suppléants ?
- Mon suppléant est Joseph Savelli, militant d’Inseme per Bastia, et employé à la Société générale de Lupinu. C’est un jeune plein d’avenir sur lequel je compte beaucoup. Mon binôme, Marie Claire Poggi, fait, comme moi, partie de la majorité municipale. Elle est, aussi, de Saint-Joseph. Comme sa suppléante, Nicole Barseni qui est la directrice de l’école Charles Andréï, elle est proche de François Tatti.
 
- Comment fait-on campagne pour siéger dans une institution qui va disparaître et où il y a tant d’incertitudes ?
- La suppression des Conseils généraux est, quand même, une très vieille revendication nationaliste qui a été reprise, aujourd’hui, par une large majorité d’élus de l’Assemblée de Corse (CTC). La loi est passée à l’Assemblée nationale. Néanmoins, nous nous trouvons face à un gouvernement qui est dans un extraordinaire déni de démocratie, qui balaie d’un revers de main des votes à la majorité d’une assemblée plénière. C’est la première fois que nous assistons à une chose pareille ! Pour nous, c'est très clair : nous avons vocation à travailler à la mise en place de la collectivité unique. Mais, nous ne devons pas la mettre en place de n’importe quelle manière.
 
- C’est-à-dire ?
- Il faudra bien veiller à l’équilibre entre les régions, entre Bastia et Ajaccio, entre le rural et l’urbain. Il faudra, aussi, faire en sorte que certaines pratiques, qui ont court au Conseil général de Haute-Corse depuis des décennies, n’aient plus lieu d’être. Il faudra, également, appliquer une plus grande protection des salariés. Il est, quand même, scandaleux que l’Exécutif du Conseil général vienne carrément sur le lieu de travail menacer des employés ! Ces pratiques ne peuvent plus durer dans notre pays ! Elles doivent disparaître une fois pour toutes !
 
- Sur quels thèmes allez-vous faire campagne ?
- Le thème est tout simple : l’avenir, la démocratie et la solidarité. Lupinu est un quartier emblématique à plus d’un titre. Il représente, d’abord, l’échec des politiques successives qui ont été mises en place. On a cru que, par un simple ravalement, un petit de coup de peinture par ci, par là, on allait modifier le quartier ! Malheureusement, moi qui habite Lupinu depuis 45 ans, je peux vous dire que la situation n’a fait que s’envenimer. On a oublié de travailler au niveau et avec les associations. Ce fut une erreur fondamentale ! Nous, nous tenons absolument à travailler avec toutes les associations en place et développer le thème fondamental de la démocratie participative. Depuis quelques temps, la municipalité met en place des comités de quartiers. Tout ce qui va être fait pour Lupinu doit l’être avec le soutien et l’aide des habitants de Lupinu !
 
- Lupinu, qu’a-t-il d’autre d’emblématique ?
- Lupinu est, ensuite, le creuset même du clanisme et du clientélisme. Depuis des décennies, la direction de l’Office des HLM se permet d’attribuer des logements, non pas sur des dossiers, mais à la tête du client. On a assisté à des situations incroyables ! On attribuait 10, 15 ou 20 logements à dix jours d’une élection ! Des démarcheurs de la mairie se permettaient de rentrer dans les appartements pour distribuer des bulletins de vote, des bons, des machines à laver… ! C’en était devenu si ridicule qu’on a pratiquement dit que c’était normal ! Cette normalité doit cesser ! Une attribution doit se faire dans la plus grande clarté, au vu et au su de tout le monde, sur un simple dossier examiné par une commission. C’est la première fois qu’un candidat de la majorité municipale fait campagne à Lupinu sans bon, sans bulletin, sans enveloppe d’argent ! Ce n’est pas évident, mais c’est une première !
 
- Dans ce quartier tellement habitué au clientélisme, comment allez-vous convaincre les électeurs de changer de mœurs ?
- Il est facile d’acheter la misère ! Ce n’est pas un reproche que je fais aux habitants de Lupinu. Tellement de gens sont dans une situation si difficile qu’ils sont prêts à se raccrocher à n’importe quoi ! Ce qui importe, aujourd’hui, c’est d’expliquer à ces gens que ce n’est pas parce qu’on va leur remettre un bon de 25 ou 30 € que leur situation va changer ! Leur expliquer qu’il existe des organismes qui sont prêts à les aider pour ouvrir des dossiers et leur donner ce à quoi ils ont droit. Ce n’est ni le Conseil général, ni tel candidat qui leur donne des aides, ils les reçoivent parce qu’ils en ont légalement le droit !
 
- Ces pratiques ont-elles encore cours aujourd’hui ?
- Pas du tout avec la nouvelle municipalité ! Mais, vous vous doutez bien que des gens continuent à démarcher sur Lupinu en faisant miroiter des appartements, des primes… Ces personnes pensent que ce système va perdurer, que le Conseil général va continuer à financer des campagnes électorales par ci, par là ! Non ! Tout cela va se terminer ! Dorénavant, nous ferons les choses dans la clarté et la plus grande honnêteté. Le maire de Bastia, Gilles Simeoni, avait bien insisté sur ce point dans son programme électoral. Il faut aller beaucoup plus loin en essayant de revitaliser ce quartier qui a trop longtemps été un no man’s land à l’abandon. On l’a trop longtemps considéré comme la banlieue bastiaise. A partir de là, ses habitants se sont trouvés coupés du centre-ville. Aujourd’hui, nous devons recréer un lien entre le centre et le quartier de Lupinu parce que Lupinu, c’est Bastia !
 
- Quel est l’enjeu sur le quartier de Saint Joseph ?
- Malheureusement, Saint-Joseph a, lui aussi, été abandonné par l’ancienne municipalité. Grâce à des initiatives personnelles et à des aides de l’Etat, de nombreuses façades de bâtiments sont refaites. C’est très bien ! Mais cela arrive 30 ans trop tard ! J’ai connu Saint Joseph quand il était un quartier vivant avec 4 bars, 4 épiceries, 2 boulangeries, des fabricants de boissons, un tabac, 5 ou 6 menuisiers… Aujourd’hui, Saint Joseph a perdu sa vitalité, il s’est endormi ! Il faut, là aussi, faire en sorte que la vie revienne et qu’avec l’aide de la municipalité et du Conseil général, ce quartier soit remis en valeur.
 
- Ce canton n’est-il pas, des 4 cantons bastiais, celui qui est le plus disputé ?
- Peut-être parce que c’est le canton où les résultats sont les plus ouverts… Il y a des démarches plutôt bizarres, notamment celle du tandem José Martelli/Jean-Jacques Vendasi. Le 1er était conseiller général du 6ème canton Montesoro-Furiani et est toujours président de l’Office des HLM. Il se déplace, aujourd’hui, sur un canton plus centré sur Lupinu ! Jean-Jacques Vendasi, conseiller général sortant de l'ancien canton de Bastia III, regroupant le boulevard Auguste Gaudin et les Torettes, passe suppléant dans le canton de Lupinu-St Joseph. Les voies de la politique sont impénétrables !
 
- Etes-vous confiant ?
- Oui ! Je suis très confiant, non seulement pour le résultat des élections, mais aussi pour l’avenir de Bastia. Il y a, aujourd’hui, à la tête de la municipalité, une équipe nouvelle qui veut changer les choses. Pas seulement les élus nationalistes. Le discours, aujourd’hui, est transversal à tous les partis. Des gens nouveaux émergent avec de nouvelles conceptions politiques. Cela me rend très confiant, même pour l’avenir de la Corse.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Dans le canton de Bastia III, cinq binômes sont en lice :
- Majorité municipale : Joseph Gandolfi (Inseme per Bastia) et Marie-Claire Poggi (MCD).
- Majorité départementale PRG : Joseph Martelli et Anne-Marie Piacentini.
- PCF-Front de Gauche : Joseph Agostini et Marie-Ange Morrachini.
- Corsica Libera : René Andreucetti et Culomba Sicurani.
- Front national : Marc Cerf et Chantal Anziani.
 
Les candidats de la majorité municipale :
- Joseph Gandolfi, militant d’Inseme per Bastia.
- Marie-Claire Poggi, Mouvement Corse Démocrate.
- Joseph Savelli, militant d’Inseme per Bastia.
- Nicole Barseni, Mouvement Corse Démocrate.
 



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