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Jean-Martin Mondoloni : « Le débat de Cozzano restera marqué par une faute et une maladresse »


Rédigé par Nicole Mari le Dimanche 7 Avril 2019 à 15:07

Suite au Grand débat organisé par le président de la République, Emmanuel Macron, qui s’est tenu, jeudi après-midi, à Cuzzà, le président du groupe Per l’Avvene à l’Assemblée de Corse, Jean-Martin Mondoloni, revient, dans un communiqué, sur sa participation et son intervention qui a reçu un accueil favorable. Il a, notamment, demandé une hausse de la participation de l’Etat en matière de développement avec une clef de répartition plus favorable à la Corse. Il estime que le débat de Cozzano restera marqué par « la faute » des Nationalistes, absents du débat, et la « maladresse » du président Macron appelant « à l’expiation d’une faute que la Corse n’a pas commise ».




Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l'Avvene à l'Assemblée de Corse.
Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l'Avvene à l'Assemblée de Corse.
Voici le communiqué :
 
« J’étais à Cozzano mercredi dernier pour échanger avec le Président de la République. Ni par plaisir, ni par intérêt, mais par devoir. Celui d’un élu invité à débattre avec le plus haut représentant de l’Etat, au nom du suffrage universel, mais aussi en vertu de mes racines qui s’enfoncent depuis des siècles dans le sol granitique de ce village.
 
N’étant ni nationaliste, ni macroniste, je ne me suis pas reconnu dans un match politique qui s’est joué à distance. Pas plus, je ne me suis senti concerné par le choix manichéen dans lequel on a voulu enfermé l’opinion : Se rendre à Cozzano ne valait ni renoncement à ce que je suis, ni allégeance à quiconque. Et pour dire les choses plus clairement, il devient insupportable d’avoir à choisir son camp dans ce type de situations. Pour ma part et je crois pouvoir m’exprimer pour des milliers de personnes qui peuplent cette terre, je me revendique 100% corse et 100% français. Ma corsitude n’est pas plus négociable que ma francitude, tout simplement parce qu’elles sont constitutives de mon identité, qui, tels les deux drapeaux, flottent ensemble dans la même direction.
 
En posant la question du concours de l’Etat au développement de notre île, il m’a paru utile de rappeler au Président de la République que je ne conçois pas cette requête comme une aumône. Demander l’aide de l’Etat, c’est tout simplement activer un attribut essentiel de la cohésion républicaine : la solidarité nationale. Cette solidarité ne fait pas de l’Etat un colon et du bénéficiaire un obligé, elle participe d’une juste répartition des rôles et d’une équitable distribution des moyens.
 
A ce titre, j’ai souhaité mettre en évidence une politique de l’Etat permanente et féconde en Corse : parce que chaque famille sait ce qu’elle lui doit en matière d’élévation sociale, l’Ecole a toujours pris une résonance particulière sur notre territoire. Aujourd’hui encore, bien au-delà des classements flatteurs et en dépit d’ajustements nécessaires, les politiques éducatives continuent d’être les meilleurs outils de lutte contre les déterminismes sociaux.
 
Issu du processus de Matignon, le plan exceptionnel d’investissement aura constitué sur deux décennies la part visible d’un effort conséquent qui s’est cependant heurté à un double écueil : le défaut d’ingénierie et la contribution trop importante des collectivités co-contractantes. Sur ce point, le Président s’est engagé à hisser la participation de l’Etat à 80 %, actant une revendication vieille de quinze années et faisant ainsi la démonstration que des problèmes pendants peuvent être résolus sur la base d’échanges respectueux.
 
Ce déplacement restera marqué par une faute et une maladresse. La faute des Nationalistes, absents du débat, en appelant à la mise en berne de notre société jusqu’à des situations obscurantistes puisque des chaînes empêchaient l’accès à des outils de formation qui restent les derniers facteurs universels d’émancipation. La maladresse du Président en appelant à l’expiation d’une faute que la Corse, en tant que communauté, n’a pas commise et qu’elle a condamnée dans une mobilisation de masse jamais égalée depuis la libération.
 
En reste un « chemin de crête » qui commande aux uns et aux autres sa part d’effort.
A charge pour le Président de promouvoir un dialogue fertile, respectueux de nos différences, compatibles avec une certaine conception de l’idéal républicain.
A charge pour la majorité territoriale d’admettre qu’elle n’a pas reçu mandat pour faire nation. Dès lors, tout devient possible, ou juste l’essentiel : la quiétude matérielle et les moyens d’émancipation d’une jeunesse qui est en droit d’attendre d’autres horizons qu’une « isula morta » ».



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