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Jean-Guy Talamoni : « Cette crise frappe les jeunes et aura des conséquences importantes sur leur vie »


Nicole Mari le Jeudi 28 Janvier 2021 à 16:50

C’est à la jeunesse en souffrance et mise en première ligne dans la crise sanitaire liée à la pandémie COVID que le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a consacré une grande partie de son allocution d’ouverture de cette première session de l’année. Il estime que les jeunes donnent un message de combat et de vie. Il aborde également la problématique démographique et la nécessaire intégration qui, pour les Nationalistes, passent par la langue corse et les moyens de sa transmission.



Jean-Guy Talamoni, président de l'assemblée de Corse. Photo Michel Luccioni.
Jean-Guy Talamoni, président de l'assemblée de Corse. Photo Michel Luccioni.
Voici l’intégralité du discours de Jean-Guy Talamoni :
« La semaine dernière s’est tenue une session de l’Assemblée des jeunes. Cela a été l’occasion d’entendre la voix de la jeunesse, ses souffrances, ses espérances. Nous avons créé cette institution dès notre arrivée aux responsabilités. Je crois que nous avons créé un lieu d’expression, d’idées, et donc d’action des jeunes au service de tous les Corses. Alors, aujourd’hui, je voudrais que nous pensions à ces jeunes qui nous ont parlés sans lamentation mais avec ardeur, de leur vie.

Les jeunes ne sont pas les plus touchés par la maladie du Covid, mais depuis un an, ce sont ceux qui pâtissent le plus des décisions qui restreignent nos libertés. Nous avons cru un temps que cette crise serait rapidement derrière nous, mais il va nous falloir faire front durant les mois à venir, en respectant toujours davantage les gestes barrières, la distanciation physique et en développant la vaccination pour tous. Ceux qui pâtissent le plus de la distanciation physique sont certainement les jeunes qui ont besoin de sociabilité, d’embrassades et d’enchantement pour pouvoir construire leur vie professionnelle ou sentimentale.

Les études démontrent que l’éducation des jeunes devient plus difficile. Les cours annulés ne seront jamais remplacés pour les lycéens, les cours en distanciel pour eux et pour les étudiants accroissent les inégalités déjà trop fortes. L’annulation des épreuves de spécialité pour le baccalauréat condamne ce rite de passage à l’âge adulte en allongeant l’adolescence jusqu’à l’université. Si l’éducation peut s’appuyer sur le numérique, si le numérique entre de plus en plus dans nos vies, cela met en relief aussi la nécessité de le limiter aux services qui servent le bien-être de l’Homme, plutôt que sa soumission à ces instruments. Dans nos sociétés, il va falloir remettre un peu d’humain dans nos relations. C’est pour cela que j’ai demandé au secrétariat général de travailler à l’organisation de nos prochaines séances en présentiel à l’Université. C’est pour cela aussi qu’il nous faut mettre en œuvre toutes les mesures qui nous permettront de retrouver une forme de vie normale.

Cette crise frappe les jeunes et aura des conséquences importantes sur leurs vies. Je les sens déjà plus engagés sur les questions de société, sur les enjeux d’égalité et de liberté. La génération Covid sera une génération engagée. Tant mieux car nous en avons besoin.
Certains pensent que la démographie et le temps, avec ses technologies numériques, seront plus forts que les Corses, que l’idée de nation corse. Je crois, de mon côté, que ces mutations accroissent le sentiment d’appartenance à la Corse. Bien sûr, les étrangers, qui sont arrivés en Corse, ont besoin de notre accueil, d’être avec nous, jusqu’à ce qu’ils deviennent un peu comme nous, du point de vue de la langue, d’imaginaire collectif, et d’échange de ce que nous voulons être, avec nos défauts aussi. Sinon, ils resteront en Corse, mais ils resteront des étrangers chez nous.

Dans son histoire, la Corse n’a jamais connu un changement démographique aussi fort. Au siècle dernier, il s’agissait de la situation inverse. Avec la Première guerre mondiale, la Corse avait perdu toute sa jeunesse. Nous avons mis des années à nous en remettre. L’augmentation que nous connaissons aujourd’hui, démesurée, exagérée, effrénée, doit nous conduire à augmenter nos moyens de transmission, d’intégration, et de mobilisation.

Quels sont ces moyens ?
Il y aura certainement la responsabilité individuelle de transmettre et d’apprendre une langue que nous avons en commun. La parentalité corse, c’est une éducation aux droits nouveaux des personnes, c’est aussi la transmission pour les générations futures, pour les berceuses et les chansons, pour les pratiques de tous, à la maison et en dehors. Un parent n’est pas seulement celui qui choisit une école pour son enfant, c’est celui qui éduque, qui guide son enfant, qui l’enrichit.

Il y aura certainement aussi l’école, mais pas seulement l’école. Nous connaissons ses limites actuelles : programmes scolaires définis à Paris, professeurs corsophones pas assez nombreux même au primaire. Nous l’avons vu cette semaine à Mezzavia. Dans le secondaire, les filières bilingues sont peu nombreuses. Au lycée, la réforme Blanquer contre laquelle nous nous sommes opposés a fait baisser les chiffres de la corsophonie à un niveau très bas avec un niveau de valorisation plus faible que les langues mortes.

Avec nos institutions, avec nos professeurs, avec nos associations de parents d’élèves, dans chaque école, il nous faut augmenter la pression sociale sur l’éducation nationale française. En l’absence de négociation avec l’Etat après la délibération de notre Assemblée relative au cadre normatif spécifique pour l’Académie, le transfert de la compétence éducative aux Corses passe par l’engagement de toutes et tous. Maires, parents, professeurs, demandez la création d’une école immersive pour vos enfants. En chaque circonstance, dans chaque village, faisons valoir nos droits. C’est notre devoir.

C’est la même chose dans les autres domaines. Il nous faut nous battre sur tous les terrains. Il reste tant de combats à mener et de modes d’action à inventer. Foncier, logement, environnement, emploi. Je veux ici saluer publiquement l’engagement du STC Pôle Emploi et des syndicalistes STC et CGT qui demandent la revalorisation des métiers de la santé. Je veux aussi saluer les acteurs culturels réunis il y a peu à Aiacciu pour défendre leur survie et leur art, malgré les restrictions sanitaires.

Nous soutenons aussi les étudiants de l’Université de Corse, particulièrement ceux de l’Institut Universitaire de la Santé mobilisés ce matin sur le Campus Grimaldi pour obtenir une réévaluation du nombre de places disponibles en seconde année. Dans le contexte sanitaire actuel, alors que notre contribution, dans le cadre du Ségur de la santé, portait sur la création d’un CHU en Corse, nous assistons à une mascarade, un scandale de plus du Ministère dit de la santé.

Pour le logement, je vois les nouveaux maires s’emparer du dossier du PLU, qui sera une partie de la solution. Pour le reste, il faut nous opposer de toutes nos forces à toutes les constructions qui détruisent nos paysages et qui sont faites par d’autres. De la même façon, quand le gouvernement mélange la politique et la justice dans la gestion de la situation de Pierre Alessandri, Alain Ferrandi et d’Yvan Colonna, il nous faut réagir avec fermeté.

A propos de ces sujets, la semaine passée, les jeunes ont su dire : non. Je pense que les élus de l’Assemblée de Corse partageront ce message. Un message de combat et de vie ».
 


















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