C'est une nouvelle étape dans le long processus de reconversion de la Citadelle Miollis. Sept ans après sa restitution à la Ville d'Ajaccio par l'État et après plusieurs années d'urbanisme transitoire ayant attiré près de 400 000 visiteurs par an, l'heure est désormais venue de choisir les projets qui façonneront l'avenir du site. « La Citadelle fait partie de l'histoire d'Ajaccio et son avenir doit s'écrire avec Ajaccio », a insisté le maire Stéphane Sbraggia, rappelant que la réflexion engagée depuis 2019 s'est construite à travers de nombreux ateliers participatifs, réunions publiques et consultations citoyennes.
Stéphane Sbraggia : « La Citadelle restera aux Ajacciens, elle ne sera jamais vendue »
Face aux polémiques récurrentes autour du devenir du monument, l'édile a tenu à réaffirmer plusieurs principes qu'il juge non négociables. « La Citadelle a été acquise par la Ville d'Ajaccio et elle restera à la Ville d'Ajaccio. Il n'y aura aucune cession. Je le dis, je le redis et je continuerai à le redire », a-t-il martelé.
Pour la municipalité, le projet dépasse largement la simple réhabilitation de bâtiments historiques. Il s'inscrit dans une vision plus globale de transformation du centre ancien, aux côtés de la piétonisation, de la requalification de la place du Diamant ou encore des opérations de renaturation engagées dans la ville. « Ce que nous ont dit les Ajacciens, c'est que la Citadelle devait devenir la place du village », souligne Stéphane Sbraggia. Une philosophie qui a guidé l'ensemble de la programmation validée à l'unanimité par le conseil municipal en septembre 2024.
L'ambition est de créer un quartier vivant toute l'année, mêlant activités culturelles, artisanales, économiques, touristiques et événementielles. Une orientation qui explique notamment le choix d'exclure totalement le logement privé du projet. « Certains voulaient défendre la Citadelle en y mettant des appartements. Nous avons fait le choix exactement inverse », rappelle le maire, faisant référence aux débats animés notamment en conseil municipal sur le devenir de ce nouvel espace acquis en 2019.
Quatre lots ouverts aux investisseurs dont un hôtel de luxe
Concrètement, l'appel à projets lancé ce mardi concerne quatre secteurs distincts de la Citadelle. Le premier lot regroupe le Pavillon du Général et le Pavillon Saint-Jacques, destinés principalement à accueillir des activités de restauration, d'événementiel et d'accueil du public.
Le deuxième lot, composé notamment de la Manutention, du Pavillon des Officiers et des Canonniers, sera consacré aux métiers de la création, à l'artisanat d'art, aux commerces et aux activités tertiaires liées aux savoir-faire locaux.
Le troisième lot, sans doute le plus emblématique, concerne la Maison du Gouverneur, le Château génois et les anciennes casernes françaises. Il pourra accueillir un projet d'hôtellerie et de restauration haut de gamme Une orientation pleinement assumée par la municipalité « Nous ne recherchons pas un équipement standard. Nous voulons quelque chose de très qualitatif, capable de respecter l'histoire du lieu tout en assurant son équilibre économique », explique Stéphane Sbraggia.
Enfin, le quatrième lot concerne les casemates françaises, ces vastes espaces souterrains situés au plus près de la mer, destinés à accueillir des activités culturelles, immersives et événementielles.
« Nous voulons faire de ce lieu un espace de rayonnement, de transmission et de dialogue ouvert sur la Méditerranée », a expliqué Jean-Joseph Folacci, directeur général de la SPL Ametarra.
L'un des messages centraux de cette présentation aura été la volonté des élus de rappeler que la puissance publique conservera la maîtrise du projet. Les opérateurs privés retenus interviendront uniquement dans le cadre de baux de longue durée. Aucun bâtiment ne sera vendu.
Des premiers chantiers attendus pour courant 2028
« Nous mobilisons des financements privés mais nous conservons l'ensemble des prérogatives publiques. Les usages resteront encadrés et contrôlés », assure Jean-Joseph Folacci.
Le comité de sélection chargé d'examiner les candidatures sera composé de cinq élus et de quatre experts, parmi lesquels figureront notamment un représentant de l'État et un représentant de la magistrature.
Les candidats disposent désormais jusqu'au 10 septembre prochain pour déposer leur dossier. Trois candidats seront retenus par lot avant une seconde phase de négociation et de présentation des offres détaillées. Les lauréats devraient être désignés au printemps 2027. Si le calendrier est respecté, les premiers travaux liés aux projets retenus pourraient débuter dès 2028.
D'ici là, la Citadelle poursuivra sa transformation avec plusieurs opérations déjà engagées : création d'un chemin de ronde panoramique, restauration des remparts, nouvel accès depuis le port Tino Rossi, passerelle piétonne vers la rue Bonaparte ou encore connexion future avec la plage Saint-François. « La Citadelle est l'œil d'Ajaccio tourné vers la Méditerranée et vers le monde », résume Stéphane Sbraggia. « Cet aménagement ne se fera pas dans le dos des Ajacciens. Il se fera avec les Ajacciens et pour les Ajacciens. »
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