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Handball. Stéphane Acquaviva, le Président du Handball Ajaccio Club fixe le cap vers la N1


Patrice Paquier Lorenzi le Mardi 9 Juin 2026 à 21:00

Après avoir frôlé l'accession en Nationale 1 lors de la saison 2024-2025, les féminines du Handball Club Ajaccien ont terminé à la sixième place de leur championnat de Nationale 2 cette saison. Entre reconstruction, montée en puissance de la formation et ambitions renouvelées, le président du HAC, Stéphane Acquaviva, revient sur l'exercice écoulé et les perspectives du club.



(photo : Facebook du HAC)
(photo : Facebook du HAC)
Le HAC est aujourd'hui le club qui compte le plus de licenciés en Corse. Comment se porte le club ?
Le club se porte très bien. Nous comptons actuellement environ 240 licenciés et nous sommes présents dans toutes les catégories, aussi bien masculines que féminines, des plus jeunes jusqu'à la Nationale 2. Nous avons également une section loisirs. À partir des U13, nous séparons les garçons et les filles afin de proposer un travail plus spécifique. Nous disposons d'équipes dans toutes les catégories de jeunes, avec notamment des U17 évoluant au niveau national. Aujourd'hui, nous sommes le club le plus important de Corse en nombre de licenciés, ce qui récompense le travail mené depuis plusieurs années, notamment à travers les interventions scolaires qui nous permettent d'attirer de nombreux jeunes vers le handball.

Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont-ils également contribué à cette dynamique ?
Sincèrement, l'impact le plus important est venu de l'arrêt du HPA il y a environ un an et demi. Nous avons alors récupéré une douzaine de jeunes sur une seule catégorie et quelques autres joueurs ou joueuses dans différentes équipes. Cela nous a permis de poursuivre notre développement.

La vitrine du club reste votre équipe féminine de Nationale 2. Quel bilan tirez-vous de sa saison ?
La saison dernière, nous avions clairement affiché l'ambition de monter en Nationale 1. Nous avions terminé à la deuxième place et l'accession s'était jouée jusqu'aux dernières minutes de la dernière journée, à la différence de buts. Forcément, lorsqu'un objectif aussi important échoue d'aussi peu, il faut reconstruire. Nous avions anticipé un recrutement en vue d'une saison en N1. Lorsque la montée ne s'est finalement pas concrétisée, certaines joueuses qui envisageaient de nous rejoindre ont choisi d'autres projets. Nous avons donc dû repartir sur de nouvelles bases.
Le résultat final, avec cette sixième place, peut sembler en retrait, mais il faut replacer cela dans un contexte de reconstruction.

Malgré tout, vous semblez satisfait du travail de formation réalisé cette saison...
Absolument. Deux joueuses issues des U17 ont intégré le groupe N2. L'une a malheureusement été freinée par une blessure, mais l'autre a disputé toute la saison et a énormément progressé. Surtout, neuf joueuses de la génération U17 accèdent désormais à la catégorie senior. Trois intégreront directement l'effectif de Nationale 2 tandis que six autres évolueront dans un dispositif commun N2-N3. Elles s'entraîneront avec les deux groupes afin d'accélérer leur progression. C'est une grande satisfaction car cela démontre que notre travail de formation commence réellement à porter ses fruits.

La formation est-elle toujours la priorité du club ?
C'est même indispensable. Quand nous avons repris le club il y a deux ans et demi, notre équipe U17 nationale subissait régulièrement de lourdes défaites. Aujourd'hui, les résultats ont radicalement changé. Après une première phase compliquée, les filles ont remporté six ou sept rencontres lors de la deuxième partie de saison. Cela montre que les structures que nous avons mises en place, notamment les classes aménagées et l'augmentation du volume d'entraînement, produisent leurs effets. L'objectif est clair : construire progressivement une équipe première alimentée par nos propres joueuses plutôt que de dépendre uniquement du recrutement extérieur.

La montée en Nationale 1 de l’équipe féminine reste-t-elle un objectif ?
Oui, sans aucune hésitation. Nous avons réussi à conserver l'essentiel de notre effectif, ce qui était une priorité. Nous allons également intégrer nos jeunes issues de la formation et renforcer le groupe avec plusieurs recrues. Deux arrivées ont déjà été officialisées : Intza Altuna et Léa Iralde, toutes deux en provenance de Côte Basque Handball, pensionnaire de Nationale 1. Elles correspondent parfaitement au projet de jeu mis en place par le staff. Notre ambition est de jouer le haut du tableau. Ensuite, si nous sommes en position dans le sprint final, nous nous donnerons les moyens de jouer la montée.

Le futur Centre de Ressources et d'Excellence féminin annoncé par la Ligue Corse constitue-t-il une étape importante pour le développement du handball féminin insulaire ?
C'est une excellente nouvelle. Le HAC sera le club support de cette structure. Pour nous, ce CRE va constituer un véritable maillon supplémentaire dans notre filière de formation. Il nous permettra de travailler avec l'ensemble des clubs corses et d'accueillir des jeunes joueuses identifiées sur tout le territoire, y compris celles venant de Bastia ou de Calvi. Nous pourrons les héberger et les accompagner dans leur parcours sportif. Tout cela va encore renforcer la qualité de notre formation.

Peut-on imaginer à terme une équipe première composée majoritairement de joueuses corses ?
C'est clairement l'objectif. Nous avons déjà deux joueuses qui ont été repérées pour rejoindre Nice, preuve que notre travail est reconnu. À terme, nous souhaitons disposer d'un effectif composé à 80 ou 90 % de joueuses formées en Corse. Le recrutement extérieur devra simplement venir compléter certains postes spécifiques lorsque cela sera nécessaire. Nous voulons construire une identité forte autour de nos propres joueuses et permettre au handball féminin corse d'atteindre le plus haut niveau possible.

 


​Le chiffre : 240 licenciés

Avec environ 240 licenciés, le HAC est aujourd'hui le club de handball le plus important de Corse en nombre d'adhérents. Un développement qui s'appuie notamment sur un important travail de terrain auprès des jeunes et sur une politique de formation ambitieuse, appelée à prendre une nouvelle dimension avec la création prochaine du Centre de Ressources et d'Excellence féminin.