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Ghjuventù Libera à Bastia : "le manque de respect de l'Etat est visible chaque jour"


Philippe Jammes le Samedi 20 Février 2021 à 17:39

Après celui de mercredi devant le palais de justice de Bastia, le mouvement de jeunes de Corsica Libera, Ghjuventù Libera, appelait à un nouveau rassemblement ce samedi devant la préfecture de la Haute-Corse. Un peu plus d’une centaine de personnes avait répondu à cet appel parmi eux des élus dont Jean-Guy Talamoni, François Sargentni ou Eric Simoni. Un texte a été lu*. Dans notre vidéo, Ghjiseppu-Maria Verdi, porte-parole de Ghjuventù Libera explique le sens de la démarche initiée depuis plusieurs jours par le mouvement.



 «Depuis l'accession d'une majorité nationaliste sous la bannière Pè a Corsica aux responsabilités à l'assemblée de Corse, notre jeunesse avait espoir qu'enfin, nous allions avancer sur la voie de l'émancipation » déclarait Ghjiseppu-Maria Verdi, porte parole du mouvement.  «Nous réclamons l'application des mesures suivantes : Libération des prisonniers politiques, statut de résident, statut Fiscal, coofficialité de la Langue Corse, autonomie pleine et entière. Ces revendications légitimes constituent un socle fragile sur lequel repose l'espoir de voir renaître un jour notre Nation, conquise par les armes et la barbarie il y a plus de deux siècles. À ces revendications, l'état impose une fin de non-recevoir. Non content de nier les droits imprescriptibles de notre peuple sur sa Terre, il a désormais décidé que la seule autorité légitime en Corse serait le préfet Lelarge, qui concentre dans ses mains gantées de blanc l'ensemble des pouvoirs. En tant que jeunesse de ce Pays, il est pour nous inconcevable de laisser cette situation perdurer et c'est pourquoi nous appelions l'ensemble des Corses à nous rejoindre ce samedi pour mettre fin au temps des gouverneurs et réclamer l'application des mesures pour lesquelles les Corses se sont prononcés à une large majorité voire à l'unanimité ».
Les jeunes nationalistes dénoncent aussi des «provocations couplées à une répression féroce de toute contestation et une volonté de ficher l'ensemble des opposants au gouvernement en place que ce soit génétiquement, ou politiquement grâce aux nouvelles lois scélérates issues des cerveaux les plus liberticides de la République en marche »

A noter que Filippo de Carlo, tête de la liste  «Bastia forza Nova » aux dernières municipales de Bastia avait appelé lui aussi à ce rassemblement. «Il s’agit pour nous de  dénoncer les agissements de l'appareil d'Etat en Corse et particulièrement le zèle, spontané ou encouragé, de l'actuel préfet de région. Notre peuple, notre jeunesse, nos institutions politiques ne peuvent tolérer ces stratégies d'infantilisation et d'intimidation mises en place par un pouvoir parisien en pleine dérive totalitaire. Du refus des aspirations légitimes et démocratiquement exprimées aux atteintes aux droits des prisonniers politiques, Paris s'engage dans une fuite en avant négationniste et répressive  dangereuse dans le contexte général actuel. Notre mouvement Forza Nova appelait donc les Corses à participer à cette mobilisation pour la dignité, la démocratie et la justice »

*Le texte lu devant la préfecture

« Depuis l'accession d'une majorité nationaliste sous la bannière Pè a Corsica aux responsabilités à l'assemblée de Corse, notre jeunesse avait espoir qu'enfin, nous allions avancer sur la voie de l'émancipation. C'était sans compter sur l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, jeune français issus des milieux financiers, n'ayant aucune connaissance de la question Corse ou même d'intérêt pour celle-ci. Ce manque d'intérêt et de compréhension, a fait qu'Emmanuel Macron a cru intelligent d'arriver sur notre terre comme au bon vieux temps des colonies, sortant ses plus beaux drapeaux tricolores, rabaissant nos élus, et niant la démocratie.
Les multiples provocations et insultes qui se sont multipliées à chacune de ses visites, de la fouille des élus, à la venue de Chevènement, sont volontaires et traduisent la volonté Macroniste : Pour l'état français, la Corse n'est qu'une région turbulente qu'il faut mettre au pas.
Nous tenons en ce sens à dire à Emmanuel Macron qu'il perd son temps, des plus durs que lui ont essayé, aucun n'a réussi. Alzeremu sempre u capu è feremu sempre fronte di pettu à u culunialisimu !
Nous sommes donc réunis aujourd'hui, après des mois de provocations de la part de l'état et de son préfet, après les violences policières et bavures en tout genre de ces dernières semaines.
Nous sommes réunis de manière symbolique devant une des nombreuses ambassades de France installées sur notre terre.
Nous initions aujourd'hui un cycle d'actions qui ne cessera qu'avec la prise en compte par l'état français et ses représentants en Corse du fait démocratique.
Nous avons voté pour un statut de résident, on nous a envoyé 5000 Français par an et notre île coulera bientôt sous le poids du béton faute de disposer des moyens législatifs nécessaires pour stopper cette bétonisation effrénée.
Nous avons voté pour la Coofficialité de la Langue Corse, l'État ferme des classes bilingues et s'attaque maintenant au Capes, en tentant par tous les moyens d'asseoir l'hégémonie de la langue françaises sur toutes les autres langues minoritaires.
Nous avons demandé un statut fiscal, qui aurait pu pendant cette crise nous permettre d'avoir des recettes nécessaires à faire face à la crise économique, encore une fois, on nous l'a refusé. Baccalà per Corsica.
Une majorité s'est exprimée pour une autonomie pleine et entière, en lieu et place de ce qui devait être une avancée majeure, nous avons eu un retour en arrière magistral avec la restauration des Gouverneurs.
Le peuple s'est aussi prononcé de nombreuses fois pour la libération des prisonniers politiques, à la place, nous avons eu le FIJAIT, des condamnations, la répression, le maintien sous statut de DPS, et aucune libération.
Ce manque de respect de L'Etat est visible chaque jour, dans la cadre du plan de relance par exemple, l'Assemblée de Corse a formulé des propositions qui ont toutes été balayées d'un revers de main par Emmanuel Macron. Sur 100 milliards d'euros, la Corse n'aurait droit qu'à 107 millions, alors même qu'elle totalise au moins près d'1,4 milliards d'euros de perte durant la crise. Si nous souhaitons avoir plus, il faut désormais aller se prosterner devant le gouverneur et demander l'aumône. Cette vision est aux antipodes de notre conception de l'avenir de notre pays.
Si ne more a nostra Lingua, smarisce u nostru populu, è ùn piantanu à so pulitica genucidaria !
Nous rappelons à l'état que s'il est décidé à rétablir le règne des gouverneurs coûte que coûte, qu'il veille au moins à nous envoyer des personnes qui comprennent mieux la situation politique de notre Pays que Monsieur Lelarge, cela nous évitera à tous de perdre du temps à faire sembler de discuter.
Pour conclure, nous exigeons que le gouvernement Français rappelle son préfet et reconnaisse le fait démocratique en appliquant les mesures pour lesquels les Corses se sont prononcés à une large majorité.
Tant que l'état ne donnera pas des gages concrets d'un réel changement de politique, nous serons mobilisés sur le terrain.
De manière symbolique mais déterminée, nous faisons nôtre la question posée dans le dernier communiqué de Corsica Libera :
"Quand comptez vous partir, et ne jamais revenir ?"
Più chè mai, A Francia Fora!
Nous tenons à remercier toutes les forces politiques et associatives qui ont répondu à notre appel, l'ensemble de ceux qui se sont levé à nos côtés aujourd'hui, et leur donnons rendez-vous très prochainement de nouveau sur le terrain ».
 



















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