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Ghjurnate di Corti : Corsica Libera demande l’abrogation du protocole Darmanin-Simeoni


La rédaction le Mardi 9 Août 2022 à 21:18

Lors du meeting de clôture des 40ème Ghjurnate Internaziunale, dimanche en fin d’après-midi à Corti, le parti indépendantiste Corsica Libera a proposé une résolution en 10 points concernant le processus de discussions en cours entre la Corse et le gouvernement sur ce qu’il nomme « une véritable solution politique ». Il conclut en demandant solennellement l’abrogation du protocole Darmanin-Simeoni et l’ouverture de négociations sans aucun préalable, ni lignes rouges.



Crédit photo Page Facebook Corsica Libera
Crédit photo Page Facebook Corsica Libera
Le parti indépendantiste, Corsica Libera, a, sans grande surprise, consacré l’essentiel de son meeting de clôture de la 40ème édition des Ghjurnate Internaziunale qui se sont tenues le weekend dernier à Corti, à l’ouverture du processus de discussions entre la Corse et le gouvernement en vue d’une solution politique globale. Un processus que les Nationalistes espèrent « à vocation historique ». Si Corsica Libera affirme être « prêts à contribuer à l’émergence d’un véritable processus historique », il estime que pour l’heure « nous sommes très loin du compte ». Il soumet, donc, au débat une proposition de résolution en dix points. Et avertit : « Dix points qui sont incontournables, si l’ensemble des parties souhaite aboutir à une véritable solution politique. Dix points sans lesquelles il n’y aura pas de processus historique ». 
 
Priorité aux fondamentaux
Le premier point est la libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites. « Par sa portée politique et symbolique, nous situons, pour notre part, cette mesure comme le prélude au processus et un gage de sincérité de la démarche engagée », déclare le parti indépendantiste. Le deuxième point est la reconnaissance des droits du peuple corse, qu’il estime doublement important. « D’abord, parce que nous avons pris l’engagement avec les dizaines de milliers de Corses, qui ont manifesté ces derniers mois, de nous battre pour l’obtention de cette reconnaissance, comme pour la libération des prisonniers d’ailleurs. Ensuite, car de ce point découlent les suivants : le droit de nous doter de nos propres lois et donc de décider de ce qui est juste dans notre pays, le droit à sauvegarder notre langue, le droit de protéger notre terre, le droit d’y vivre et d’y travailler dignement, le droit de gérer nos ressources propres, le droit demain d’accéder à notre pleine souveraineté ». Le troisième point est la dévolution du pouvoir législatif, c’est-à-dire le pouvoir pour l’île de voter ses propres lois « comme cela est le droit commun de la plupart des peuples en Europe et même au-delà. Le périmètre de ce pouvoir législatif étant évidemment évolutif ». Le quatrième point est la coofficialité de la langue. Une mesure, que Corsica Libera qualifie « d’urgence à l’heure où la transmission de la langue entre générations ne concerne plus que 2% des familles et alors que l’appareil d’Etat, du gouvernement jusqu’au Conseil Constitutionnel, s’emploie à entraver l’enseignement par immersion. Ci tocca à rimette a nostra lingua à a piazza chì ghjè soia in stu paese ». Le cinquième point est l’obtention d’une citoyenneté corse, « fondée sur une durée de résidence permanente, afin réserver l’accès au foncier - le statut de résident -, de prioriser l’accès à l’emploi - corsisation des emplois - et de constituer un corps électoral légitime ». C’est, ajoute le parti, « une mesure de salut public. Avec une augmentation des prix du foncier et de l’immobilier de 138% en dix ans, couplée à un phénomène de décorsisation des emplois, les Corses sont progressivement chassés de leur terre par l’installation massive de nouveaux arrivants, par les forces de l’argent de la spéculation ». Et une priorité absolue « car nous n’accepterons pas de disparaître ». 
 
Le mythe de la solidarité nationale
Le sixième point est la mise en place d’un statut fiscal et social. Aux propos qu’il juge « infantilisants du ministre Darmanin sur le refrain bien connu « Que ferait la Corse sans l’argent de la France ? » », Corsica Libera réplique : « Nous ne demandons pas plus d’aides financières à la France. Nous demandons même précisément le contraire ! Nous revendiquons un véritable statut fiscal social afin de maîtriser notre développement économique et d’assurer un mieux-être social ». Il explique que, « contrairement au mythe de la fameuse « solidarité nationale », la dépendance a un coût puisque les dotations, donc les subventions d’Etat stagnent ou reculent alors que les impôts que Bercy prélève en Corse augmentent considérablement et de façon constante : 117% entre 2004 et 2016 selon l’économiste Guillaume Guidoni ». En réalité, assène-t-il, « la pseudo « générosité » de la France à notre égard consiste donc à nous faire les poches et, en plus, à nous donner la leçon ! ». Le septième point est une demande de justice sociale. « Les forces sociales de ce pays ont eu raison de dire que l’évolution politique doit s’accompagner d’un volet social. Cela a toujours été la position de Corsica Libera qui n’a jamais dissocié libération nationale et libération sociale ». Le parti rappelle que, lors de la dernière mandature à l’Assemblée de Corse, il s’est investi sur plusieurs projets, notamment « la lutte contre le chômage de longue durée (Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée), l’expérimentation du revenu universel, ou encore le micro-crédit qui ont été alternativement bloqués par Paris et ignorés par la majorité en Corse ». Pour lui, ces questions doivent figurer au processus. 
 
Pas de lignes rouges !
Le huitième point porte sur l’urgence écologique : « C’est l’un des grands défis de notre temps. Dans le prolongement de la « déclaration d’urgence climatique et écologique » que nous avons fait voté par l’Assemblée de Corse en 2019, la Corse doit disposer des moyens nécessaires à la préservation de sa biodiversité et à sa souveraineté énergétique ». Le neuvième point est le droit à la santé. « Est-il acceptable que la Corse soit le dernier morceau de terre sous domination de l’Etat français à être privé d’un Centre hospitalier universitaire (CHU) ? », interroge Corsica Libera. « Dans les années 1970, les Corses étaient privés de leur droit à l’éducation. Ils se sont battus et ont obtenu la réouverture de l’université. De la même façon, dans les mois qui viennent, nous devrons nous mobiliser et arracher ce droit fondamental qu’est le droit à la santé ». Le dixième point concerne directement la méthode du processus de discussion ; Le parti indépendantiste réclame « L’abolition des « lignes rouges » par l’abrogation du protocole du 17 mars » qui est, selon lui, un « point décisif » qu’il considère être « un obstacle majeur à la prise en compte de ces différents points ». Ce protocole signé le 17 mars dernier entre Gérald Darmanin et Gilles Simeoni a, dès le début, déclenché les foudres de Corsica Libera qui l’accuse de « fixer explicitement une ligne rouge, à savoir le refus de créer deux catégories de citoyens. Pour les représentants de l’Etat français, cette formule signifie clairement le refus d’engager des négociations sur les questions fondamentales que sont par exemple : la reconnaissance des droits du peuple corse, la coofficialité, la citoyenneté corse. Sans compter que la question de l’amnistie des prisonniers est également écartée ». En conséquence, le parti indépendantiste « demande solennellement l’abrogation du protocole Darmanin-Simeoni et l’ouverture de négociations sans aucun préalable, ni lignes rouges ».
 
L’autonomie : une antiquité !
Se défendant de faire de la surenchère politique, Corsica Libera prévient : « Sans ces 10 points, il y aura certes des discussions comme nous en avons connu par dizaines, mais elles n’auront rien d’historiques, sauf à se payer de mots, à mentir aux Corses et, in fine,à se mentir à soi-même ! ». Avant de conclure en tirant deux enseignements de ces 40ème Ghjurnate. Le premier est la réaffirmation de la revendication d’indépendance qui « ne fait plus peur. Partout, bien qu’à des rythmes différents, elle progresse. L’indépendance des peuples n’est plus synonyme de radicalité mais de normalité ». Pour le parti indépendantiste, l’autonomisme est, désormais, « une revendication à remiser au magasin des antiquités » et « l’accession à la pleine souveraineté demeure notre objectif ». Il précise, cependant, que pour l’atteindre, il lui faudra convaincre, « par la pédagogie, que l’option indépendantiste est non seulement un chemin praticable, mais est souhaitable pour le mieux-être des Corses. Il s’agira, dans chaque domaine, de démontrer ce qu’est pour la Corse le prix de la dépendance. Nous avons commencé à le faire sur la question des bases militaires, nous avons évoqué le coût de la dépendance fiscale ou sanitaire, et ce travail va continuer dans les semaines qui viennent ». Le second enseignement est la nécessité de l’internationalisation du combat pensé comme « une clé afin de passer outre les blocages et les lignes rouges parisiennes. Cette dimension internationale que nous avons historiquement portée, mais qui demeure pour l’heure encore sous exploitée, constitue également l’une de nos orientations. Une déclaration commune signée avec les autres peuples sous domination de l’Etat français en atteste ». Corsica Libera annonce que ces dix points et ces deux enseignements seront développés lors de la rentrée politique qui sera, notamment, marquée par le Congrès du parti. 
 














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