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Foire de Marseille : Le village corse, la réparation d’une erreur historique


Rédigé par Nicole Mari le Mercredi 27 Septembre 2017 à 13:35 | Modifié le Mercredi 27 Septembre 2017 - 13:41


La foire internationale de Marseille, qui se tient du 22 septembre au 2 octobre, a mis la Corse à l’honneur en lui consacrant un hall entier d’exposition : le « village corse ». Pour les organisateurs de ce village, Etienne Lovisi et Paul Perinelli, respectivement président et membre de l’association Corsica’Azzione, cette présence insulaire répare 92 ans d’absence. Ils expliquent à Corse Net Infos que cette foire, qui est la seconde plus grande de France, est une belle vitrine offerte aux producteurs et artisans qui en attendent des retombées à court et moyen terme et une opportunité d’ouverture sur le monde.


Etienne Lovisi et Paul Perinelli, respectivement président et membre de l’association Corsica’Azzione, organisateurs du "village corse" à la foire internationale de Marseille.
Etienne Lovisi et Paul Perinelli, respectivement président et membre de l’association Corsica’Azzione, organisateurs du "village corse" à la foire internationale de Marseille.
- Pourquoi ce village corse ?
- Etienne Lovisi : Cela nous a semblé une évidence. Marseille est la ville corse la plus grande au monde. La communauté corse en PACA (Provence-Alpes-Côte-d’Azur) se compte par dizaines de milliers de personnes. Or, pour une raison incompréhensible, la Corse était absente de la foire de Marseille depuis 93 ans. Ce village est une réparation historique d’une erreur historique, celle de la non-représentation de la Corse dans cette foire.
 
- Quand vous est venue l’idée ?
- Paul Perinelli : L’idée nous est venue l’année dernière. Nous avons visité la foire de Marseille et nous nous sommes aperçus qu’il y avait quelques stands corses, mais qui n’avaient rien à voir avec la Corse. Les produits ne venaient pas de nos producteurs, les exposants n’étaient pas corses, mais représentaient la Corse ! Suite à cette réflexion, nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose pour l’image de notre île. Nous avons voulu représenter la Corse avec uniquement des producteurs et des artisans venant de Corse. Nous avons amené avec nous 43 artisans, plus de 100 personnes et 42 tonnes de marchandises. 
 
- Pourquoi cette présence a-t-elle pris la forme d’un village ?
- Paul Perinelli : Au lieu de disperser tout le monde, nous avons voulu rassembler et regrouper tous les exposants dans un même hall afin que les visiteurs, qui viennent dans ce hall, savent qu’un morceau de terre de Corse est à Marseille aujourd’hui.
 
- Qu’attendez-vous de cette présence ?
- Etienne Lovisi : Nous attendons, d’abord, de montrer à des milliers de gens tout les savoir-faire, la richesse et la variété de la Corse. C’est pour cela que nous avons pris soin de choisir des exposants dans des domaines très variés et de sortir de la carte postale habituelle charcuterie/fromage. Il y a des start-up, des artistes, des petites entreprises, un pôle tourisme assez important… C’est un moyen d’offrir une belle vitrine à tous ces producteurs qui attendent des retombées immédiates au travers des 11 jours de la foire, mais aussi le moyen de trouver des opportunités, de prendre des contacts et de conquérir de nouveaux marchés à moyen terme.
 
- Pensez-vous que la Corse a besoin d’être plus connue à Marseille ?
- Etienne Lovisi : Nous en avons discuté avec nos exposants et nos partenaires institutionnels comme l’ADEC (Agence de développement économique de la Corse) et la CCI (Chambre de commerce et d’industrie). Nous nous sommes rendus compte que très peu d’entreprises corses font des affaires avec la région PACA qui est naturellement la région la plus proche de l’île. Alors, oui, c’était important d’être là cette année ! C’est important d’aller au devant de son public et de ses consommateurs futurs. Même aujourd’hui à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux, le contact physique avec les consommateurs est primordial. Il permet de faire goûter les produits et de les faire découvrir. Sur certains stands comme celui de la noisette ou de la sardine, les gens ont été surpris de voir que la Corse produisait ce type de produits.
 
- Paul Perinelli : C’est, aussi, une manière de s’ouvrir sur le monde. La foire de Marseille est une grande foire internationale qui accueille plus de 340 000 visiteurs, dont plus de 100 000 étrangers qui viennent de toutes les parties du monde. C’est une manière d’ouvrir la Corse sur le monde entier.
 
- Etes-vous satisfaits de ces premières journées ?
- Paul Perinelli : Oui ! Un exemple, lors de la journée d’ouverture qui est toujours la journée la plus calme, le village corse a été le hall, sur les 10 000 m2 de la foire, qui a accueilli le plus de monde. L’attrait de la Corse est beaucoup plus important qu’on ne croit.
 
- Combien coûte cette opération ?
- Etienne Lovisi : Globalement, l’opération coûte 240 000 euros. Nous avons reçu des aides de la CCI et de l’ADEC. Les exposants ont participé à la location des stands.
 
- Cette présence a-t-elle vocation à se pérenniser ?
- Etienne Lovisi : L’objectif est de pérenniser cet évènement et d’en faire un rendez-vous incontournable tous les ans. La Corse a besoin de vitrines régulières sur le continent, en Europe et dans le monde. Ce village corse est un outil de travail que nous mettons à disposition des producteurs. C’est un passage indispensable. Bien évidemment, nous ferons le bilan à l’issue de la foire et nous en tirerons les enseignements.
 
- Paul Perinelli : Le 26 septembre, dans le village, nous avons reçu les 16 plus grandes foires de France lors d’un cocktail avec dégustation de produits corses. L’objectif est de lier des relations pour pouvoir exporter ce concept de village corse dans toutes les autres foires. Nous avons eu des contacts avec des Chinois qui nous ont proposé de venir à la foire de Shanghai.
 
- La Corse souffre-t-elle d’un déficit d’image ?
- Etienne Lovisi : Souvent, comme on la voit au travers des réactions des uns et des autres, l’image de la Corse a un côté carte postale : la mer, le figatellu, le fromage… Cette carte postale est belle, mais il faut en sortir parce que la Corse, ce n’est pas que ça !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 




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