Suite à
notre article diffusé mercredi soir sur le conflit en cours au sein de l'établissement, le personnel syndiqué et non syndiqué de l'hôpital d'Aiacciu, nous a fait parvenir un droit de réponse à la CFDT :
« À la lecture du communiqué de la CFDT Santé de l'Hôpital de la Miséricorde d’Aiacciu, nous disons clairement : basta les mensonges et le mépris envers les soignants et envers nos malades.
La réalité du terrain est connue de tous. Les urgences sont en souffrance, les services sont à bout, les agents tiennent uniquement par conscience professionnelle. Tenter de masquer cette situation est une insulte à ceux qui travaillent jour et nuit pour que la population Corse puisse encore se soigner dignement sur sa terre.
Vous avez voulu récupérer le conflit des brancardiers pour vous en attribuer le mérite, avant de leur planter un couteau dans le dos dès le lendemain avec un courrier assassin. Ces pratiques ne sont pas celles d'un syndicat de lutte mais d'une organisation d'affairisme PRO DIRECTION, coupée de la base et au service d'une direction que vous accompagnez.
Le STC est aujourd'hui le seul syndicat droit, honnête et totalement indépendant. Le seul qui défend sans compromission les travailleurs Corses, les droits et l'avenir de notre hôpital.
La santé en Corse n'est pas un outil de communication. C'est un enjeu vital, un choix de société et un combat pour la dignité de notre peuple.
Nous ne nous tairons pas.
Nous ne laisserons personne confisquer les luttes.
Nous continuerons à nous battre pour des moyens humains, pour le respect des soignants et pour un véritable service public de santé au service des Corses ».
L'équipe des urgences syndiquée et non-syndiquée nous a également fait parvenir ce droit de réponse :
«
Sans réponse du délégué syndical de la CFDT suite à un communiqué reçu comme un coup de poignard dans le dos par l’équipe des urgences, nous tenons à revenir sur l’ensemble de ce communiqué :
SI TOUT VA BIEN ALORS POURQUOI CE MOUVEMENT DE GREVE ?
Les urgences de l’hôpital d’Ajaccio continuent de fonctionner « normalement », mais dans des conditions déplorables pour les parents.
Tous les professionnels de santé restent mobilisés auprès des patients et exercent leurs missions avec sérieux, compétences et engagement.
EN REVANCHE, LA SECURITE DES PATIENTS EST LOIN D’ETRE ASSUREE.
Cette situation génère une souffrance morale profonde : celle de ne plus pouvoir soigner dignement. En effet, le problème majeur dénoncé est celui de l’engorgement et de la saturation du service des urgences.
UNE FAUTE ORGANISATIONNELLE AVANT FINANCIÈRE
L’absence d’anticipation ainsi que la désorganisation de l’ensemble de l’hôpital d’Ajaccio font subir à toute personne qui y a accès à de la déshumanisation et de la maltraitance institutionnelle.
UNE SITUATION QUI N’EST PAS SEULEMENT INCONFORTABLE MAIS DANGEREUSE.
Pourtant, ces problématiques avaient donné lieu à un conflit majeur débouchant sur un protocole d’accord signé le 09/06/2023. Force est de constater qu’aucune organisation pérenne n’a été mise en place. L’anticipation des périodes de tension, de plus en plus étendues sur l’année, est inexistante, et ce malgré les alertes itératives.
Les conditions d’accueil des patients nécessitant une prise en charge aux urgences, ne cessent de se dégrader.
La communauté médico-soignante a été, depuis plusieurs jours, reçue au cours de réunions. La direction et les autorités écoutent en apparence, mais la situation reste inchangée sur le terrain.
COMBIEN DE TEMPS VA-T-IL ENCORE FALLOIR ATTENDRE ?
Depuis 10 ans, l’établissement recrute des jeunes médecins compétents et désireux d’offrir la meilleure prise en soin à la population.
Toutefois, des problèmes de recrutement subsistent toujours dans certaines spécialités : pas de gastro-entérologue durant deux ans, et dès mi-mars nous n’aurons plus aucun pneumologue sur l’établissement.
L’HOPITAL EST PEUT-ÊTRE ATTRACTIF POUR LE PERSONNEL MAIS L’EST-IL POUR LES
PATIENTS ?
Étant recours sur le territoire, l’hôpital N’EST PAS « VICTIME DE SON SUCCÈS » MAIS victime de son rôle d’établissement public, pénalisé par l’échec d’une organisation interne.
DES REVENDICATIONS LÉGITIMES MAIS AUCUNE SOLUTION CONCRETE APPORTÉE
Pour le personnel des urgences, l’objectif est de construire des solutions pérennes.
Les « pistes de réflexion » ne sont plus suffisantes. Aujourd’hui, il est urgent de mettre en place des solutions concrètes, durables et évaluables sans délai, à savoir une organisation intra et extra hospitalière digne de ce nom ».
Les deux parties s’étant largement exprimé dans nos colonnes, CNI ne publiera plus d’échanges entre les deux syndicats.