Moins de trois semaines après la fin de la grève des marins CGT de Marseille et la promesse d’engagements pour l’avenir de la continuité territoriale maritime, une première réunion s’est tenue ce mercredi au sein des locaux de la Collectivité de Corse à Bastia. En présence de Jean-Félix Acquaviva, président de l’Office des transports de la Corse, Gilles Simeoni en sa qualité de président de l’Exécutif et plusieurs syndicats et représentants des compagnies maritimes, la réunion a notamment été l’occasion de « lancer un cycle de réunions ». « L'idée, c’est de prévoir des dates et des thématiques sur lesquelles nous allons travailler dans un laps de temps très court pour essayer de relever le défi de la crise systémique dans laquelle on se trouve », indique Jean-Félix Acquaviva.
Les syndicats, eux, étaient venus faire entendre leurs revendications, quelques semaines après les différentes actions menées sur le territoire. « Aujourd’hui, nous avons fait valoir nos revendications que l'on porte depuis des décennies maintenant, où on avait anticipé qu'on allait arriver à une situation pareille », explique Marc-Aurèle Orsoni, délégué syndical du STC. « Pour nous, il était du devoir des Corses de s'armer le mieux possible pour affronter les problèmes d'aujourd'hui et de demain, et ça passait par une solution politique avec la création d'une compagnie régionale, afin d’avoir la pleine maîtrise de nos transports maritimes : ce n'est pas le cas aujourd'hui, nous le regrettons et nous espérons que demain, ça le sera pour qu'on puisse affronter tous les problèmes face auxquels nous nous trouvons. »
Lors de la réunion, les syndicats ont notamment évoqué la « taxe carbone ». « La Corse est une île avec des spécificités qu'il faut prendre en compte. Mais encore une fois, nous n'attendons plus rien de l'État français parce que nous ne comprenons pas son silence lorsqu’il a été décidé cette nouvelle norme environnementale, alors qu’on aurait pu être exonéré de cette taxe », précise Marc-Aurèle Orsoni. « On touche du doigt tous les problèmes qu'on avait anticipés il y a 20 ans, et si on avait eu cette compagnie régionale, la pleine maîtrise de nos transports maritimes, peut-être qu'on aurait été en capacité de supporter ces nouvelles taxes environnementales imposées par l’Union européenne, et on aurait pu limiter l'impact que ça a aujourd'hui sur les transports maritimes. »
Dominique Giovannetti, représentant du syndicat autonome des marins de la marine marchande (SAMMM), estime qu'il faut « aller très vite, parce que les ETS sont implantées depuis le 1er janvier et la population corse paye déjà ». « En parallèle, on a la DSP [délégation de service public, ndlr] qui vient à chaque fois être mise à mal par la concurrence déloyale. » Selon lui, les discussions sont « trop longues ». « On est déjà englués dans le problème, on n'y est pas jusqu'aux genoux, ni jusqu'à la taille, on y est jusqu'au cou et on a du mal à respirer. »
Pour autant, le syndicat se dit compréhensif. « Déjà, il y a plus d'acteurs que lors des précédentes réunions. Bien sûr, la réunion nous épuise, parce qu’on va de réunion en réunion, mais on comprend que ça ne peut pas se faire d'un claquement de doigts. On espère bien évidemment arriver au bout de ces problèmes avec la solution. En tout cas, ce sera à nos politiques d’aller appuyer sur ce sujet. »
À l’issue de la réunion, Jean-Félix Acquaviva estime que celle-ci « a gage de réussir ». « On a toujours dit qu'il fallait qu'on travaille à sécuriser la continuité territoriale et avancer plus loin vers une plus grande maîtrise des transports par la Corse. Le premier sujet d'urgence, c'est la directive ETS dans la mesure où elle est inadaptée à la Corse telle qu'elle s'applique, même si nous sommes pour le principe de décarbonation et nous sommes pour aller plus loin, plus vite sur le fait de verdir les flottes navales pour la santé, pour l'environnement. Ce sujet doit faire l'objet d'une négociation serrée pour nous, d'ici le mois de mars, pour essayer d'avoir des mesures transitoires à définir avec l'État jusqu'à une défense de l'exemption dans la révision de la directive ETS qui pourrait s'ouvrir cette année. »
Le président de l’Office des transports précise que d’autres réunions sont prévues dès le mois prochain. « On donne rendez-vous le 25 mars au matin pour faire le point sur le sujet des ETS, entre mesures transitoires, exemptions et systèmes vertueux d'investissement en décarbonation, pour éviter d'impacter le pouvoir d'achat des Corses tel qu'il est impacté aujourd'hui. Le 25 mars après-midi, on traiterait en réunion en thématique du devenir de l'outil naval dans le futur, on posera sur la table toutes les hypothèses, éventuellement partenariales entre compagnies et Collectivité de Corse, pour éventuellement avoir une désacquisition progressive de l'outil naval qui permettrait de les mettre sur les lignes du service public par affrètement, et de maîtriser le dimensionnement de cet outil naval, mais aussi maîtriser le mouvement de décarbonation, y compris en faisant intervenir des moyens publics d'investissement. Et évidemment, nous avons d'autres rendez-vous, notamment le 8 avril puis le 22 avril sur le principe d'autorité de régulation, puisqu'on veut, dans le cadre des avancées institutionnelles de la Corse, devenir autorité de régulation, c'est-à-dire avoir en capacité, outre la gestion du service public, de pouvoir avoir une marge de régulation de tout ce qui est obligation du service public et des autres lignes qui sont sous obligation du service public, pour ne pas qu'elles viennent contrecarrer le service public dans le respect de la libre concurrence. »
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