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Eric Simoni : « Nous voulons un statut fiscal pour sauver notre économie d’une faillite programmée ! »


Rédigé par Nicole Mari le Vendredi 20 Mars 2015 à 20:22 | Modifié le Vendredi 20 Mars 2015 - 22:40


C’est donc un remake des Municipales, un an après, qui se jouera, dimanche, dans le canton de Bastia II, pour le 1er tour du scrutin départemental. Remake au niveau des candidats, des alliances et des affrontements, avec trois binômes en lice : le conseiller général sortant Jean-Louis Milani/Anne Avenoso pour la majorité municipale, Ange Rovere/Danielle Belgodère pour l’opposition, et les outsiders Eric Simoni/Léa Stagnara pour Corsica Libera. Les Indépendantistes profitent de la campagne électorale pour insister sur la nécessité d’un statut fiscal pour l’île. Eric Simoni dénonce, à Corse Net Infos, les idées reçues en matière d’impôts et propose des mesures d’urgence pour sauver les petites entreprises de la faillite.


Eric Simoni, candidat de Corsica Libera sur le canton de Bastia II pour les élections départementales des 22 et 29 mars.
Eric Simoni, candidat de Corsica Libera sur le canton de Bastia II pour les élections départementales des 22 et 29 mars.
- Pourquoi avez-vous décidé d’être présents à ces élections ?
- Nous pensons que la démarche de Corsica Libera, par sa cohérence globale, est indispensable pour que la Corse avance. Nous ne pouvons pas faire la politique de la chaise vide. Il faut que l’espace public soit, aujourd’hui, investi par le courant que nous représentons et par le message que nous devons porter. Il était, donc, très important pour nous d’être présent. De plus, les départements devant disparaître, il faut préparer l’avenir. Nous avons, par le travail de nos élus à l’Assemblée de Corse, participer au contenu des évolutions futures. Nous devons les présenter au peuple.
 
- Qu’est-ce qui a motivé le choix de votre binôme et des suppléants ?
- Mon binôme est Léa Stagnara, militante de notre mouvement. Nos suppléants sont des jeunes de Corsica Libera qui représentent l’avenir. Nous allons porter, ensemble et sans ambiguïté, le message du mouvement national à cette élection.
 
- Face au choc frontal entre majorité et opposition, n’avez-vous pas l’impression de rejouer le match des Municipales ?
- Quand on voit les positions défendues à l’Assemblée par Mr Panunzi que Jean-Louis Milani remplace aujourd’hui et celles défendues par Ange Rovere et le courant qu’il représente, heureusement qu’il y a une candidature authentiquement nationaliste dans ce débat ! Sinon ce serait un véritable Yalta à l’échelle cantonale !
 
- Vous avez été la révélation de ce scrutin municipal. Vous êtes candidat pour les Cantonales. Votre présence politique sur Bastia devient-elle pérenne ?
- L’important, c’est que le courant, auquel j’appartiens, puisse se développer et se renforcer car il est indispensable à la Corse. Il permet de donner et de maintenir le cap. Après, tout ce qui est personnel est subalterne.
 
- L’enjeu premier de ce scrutin est la collectivité unique. Vous en profitez pour porter un deuxième message. De quoi s’agit-il ?
- Au-delà de notre message global, de nos revendications habituelles sur la corsisation des emplois, la coofficialité de la langue…, nous avons tenu à mettre l’accent sur la nécessité absolue pour la Corse d’avoir un outil de développement, à savoir la compétence globale en matière de fiscalité. Au-delà du problème crucial des droits de succession sur lequel nous avons beaucoup travaillé et sur lequel nos élus à l’Assemblée se sont beaucoup battus, des pans entiers de l’économie sont, actuellement, sacrifiés sur l’autel d’une économie spéculative. Nous rencontrons, en permanence, des travailleurs indépendants, des petites entreprises et des petits commerces qui sont en plein désarroi. La crise est devant nous, pas derrière nous ! Sans statut fiscal, sans une fiscalité adaptée, ce sera une faillite programmée pour tous ces secteurs !
 
- Justement en matière fiscale, vous vous élevez contre les idées reçues. Que dénoncez-vous exactement ?
-  Nous avons voulu mettre l’accent sur le fait qu’on a fait croire à l’opinion française que les Corses ne payaient pas d’impôts ! En même temps, on a fait croire à beaucoup de Corses qu’ils devaient tout à l’Etat français ! Or, les chiffres de la Direction générale des finances publiques montrent que l’évolution de certains impôts entre 2004 et 2012, notamment la variation concernant la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), l’impôt sur les revenus et l’impôt sur les sociétés, atteint, en Corse, le chiffre édifiant de 77,4 % !
 
- Qu’est-ce que cela signifie ?
- Cela veut dire que ce rendement fiscal est de très loin plus élevé que dans n’importe quelle région française où ce taux n’excède pas 50 % ! Autrement dit, la pression fiscale, proportionnellement au revenu, est plus forte en Corse qu’ailleurs ! En même temps, de plus en plus d’entreprises sont devenues défaillantes et sont en grande difficulté. La fiscalité est inadaptée à notre pays ! Nous voulons un outil fiscal pour sauver notre économie.
 
- La Corse paye-t-elle plus qu’elle ne reçoit ?
- On ne sait pas exactement ce que la Corse reçoit, ce qui est perçu et quelles sont ses possibilités contributives. C’est une étude que Corsica Libera a demandée et que nous allons nous atteler à obtenir. Ce rendement fiscal record montre que la pression fiscale s’est accrue sur des petites entités, les mettant, ainsi, en péril sans que nous n’ayons aucune possibilité de les développer. L’Etat français déverse de l’argent dans des circuits qui favorisent l’économie spéculative et un pseudo-développement et nous maintient dans la dépendance. Pendant ce temps, on tue la vraie économie parce que la fiscalité n’est pas adaptée ! Il faut, à tous prix, que la Corse s’empare de l’outil fiscal. Antoine Orsini, le président de la Commission des finances qui est un spécialiste de la question, l’a dit dernièrement : si nous n’avons pas un outil fiscal pour la Corse, ce sera une catastrophe !
 
- Selon vous, la France coûte-t-elle cher à la Corse, et pas le contraire comme on le dit souvent ?
- Effectivement, la politique de non-développement durable, dans laquelle on nous a maintenus, coûte cher à la Corse ! Beaucoup d’argent est gagné sur le dos de la Corse et des Corses !
 
- Quelles mesures proposez-vous ?
- D’abord, des mesures d’urgence, à savoir l’obtention d’un moratoire et l’arrêt d’un certain nombre de poursuites engagées contre des gens qui ne sont, ni des mauvais payeurs, ni des spécialistes du dépôt de bilan frauduleux, mais dont les entreprises sont en extrême difficulté. Ils représentent, vraiment, le tissu économique sur lequel il faut bâtir la véritable économie. Ensuite, nous proposons des mesures d’incitation fiscale pour des projets de tourisme intégré et de développement de la ville de Bastia, comme par exemple, les sentiers thématiques. Les petites entreprises, qui s’inscriront dans ce schéma de développement durable, devront être encouragées fiscalement. Il y en a beaucoup en Corse. Des gens ont plein d’idées, ils ont envie de vivre de leur travail. Seulement, les politiques, qui sont menées aujourd’hui, ne veulent pas de gens libres, de gens vivant de leur travail ! Nous, nous en voulons ! Nous en avons besoin pour construire notre pays.
 
- Mais même pour cela, ne faut-il pas changer la fiscalité ?
- Oui ! L’Assemblée de Corse progresse, aujourd’hui, en matière de droits de succession. Elle va demander la compétence fiscale pour pouvoir, aussi, s’occuper de ces problématiques. Nous œuvrons dans ce sens.
 
- Le gouvernement ne semble pas prêt d’en prendre le chemin…
- Nous savons très bien que tout est une question de rapports de forces politiques ! Plus le peuple encouragera et renforcera le courant que nous représentons, plus il aura la garantie que ces sujets-là seront défendus et qu’un jour, nous obtiendrons gain de cause.
 
- Cette élection n’est-elle, pour vous, que la première marche vers les Territoriales qui restent l’élection principale ?
- Tout à fait ! Nous savons très bien que les victoires politiques sont jalonnées, aussi, de victoires électorales. Mais, nous ne sacrifierons jamais, sur l’autel d’une victoire électorale immédiate, les potentialités d’une victoire politique plus globale ! Nous sommes le mouvement qui garantit que le cap sera maintenu !
 
- Quel score comptez-vous obtenir sur le 1er tour de ces Cantonales ?
- Nous ne sommes pas des pronostiqueurs ! Nous nous attachons à défendre des idées et des programmes. Pour les scores, nous verrons bien le résultat des urnes. Quoiqu’il en soit, l’essentiel, pour nous, est que Corsica Libera est incontournable ! Beaucoup s’en sont, d’ores et déjà, aperçus. On ne peut plus rien faire sans considérer de près nos préconisations parce que nous proposons des choses très concrètes. On verra que nous avons raison sur de nombreux sujets. Tout ce que nous espérons, c’est qu’on n’attende pas encore 20 ans pour nous donner raison ! Pour certaines choses, ce sera trop tard !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

Dans le canton de Bastia II, trois binômes sont en lice :
- Majorité municipale : Jean-Louis Milani et Anne Avenoso.
- PCF-PRG : Ange Rovere et Danielle Belgodère.
- Corsica Libera : Eric Simoni et Léa Stagnara
 
Les candidats de Corsica Libera :
- Dr Eric Simoni.
- Léa Stagnara.
- Bastien Crastuccio.
- Julia Pieri.
 



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