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Domaine de Casabianca : Des lots agricoles ont été attribués à 25 jeunes agriculteurs


Nicole Mari le Jeudi 18 Mars 2021 à 17:00

Lors d’un Conseil d’administration spécial de la Safer qui s’est tenu toute la journée à Lucciana, chez Walter, la Collectivité de Corse, l’Odarc, l’ADEC et la Safer ont attribué des lots agricoles du domaine de Casabianda à 25 jeunes agriculteurs en cours d’installation. Le fameux domaine, dit domaine Casanis, situé en Plaine Orientale et dont la mise aux enchères avait suscité un véritable tollé, a été acheté par la SAFER grâce à un fonds foncier agricole mis en place par la Collectivité de Corse. Il a été, comme promis, divisé en parcelles à attribuer sur dossiers à de jeunes agriculteurs. L’opération a été finalisée ce mardi à la quasi-unanimité des participants.



Domaine de Casabianca : Des lots agricoles ont été attribués à 25 jeunes agriculteurs
« C’est une opération symbolique et exemplaire que nous avons menée ensemble et que nous sommes fiers d’avoir menée sur cette question essentielle de préservation du foncier, notamment agricole, en apportant des réponses opérationnelles ». Le président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, résume le sentiment général qui prévaut à l’issue du Conseil d’administration de la Safer consacré au domaine de Casabianca et à l’attribution d’une partie du domaine sous forme de lots à des jeunes agriculteurs. La réunion, qui s’est tenue toute la journée, en présence des présidents de l’Exécutif, de la SAFER, de l’ODARC, de l’ADEC, de l’OEHC, et des représentants des chambres et des syndicats agricoles, a permis de sélectionner 25 dossiers sur les 70 demandes reçues. « Une décision politique basée sur une logique d’équité, de production agricole et de sanctuarisation des 30 hectares au bord de mer cédés au Conservatoire du Littoral pour éviter toute spéculation ou urbanisation », affirme Gilles Simeoni. La volonté affichée de l’Exécutif corse était de réserver ces fonds exclusivement à des jeunes agriculteurs en cours d’installation ou ayant une installation de moins de 5 ans, « sur des critères objectifs avec une recherche de complémentarité ». Les lots ont été attribués quasiment à l’unanimité.
 
Un énorme enjeu
Une précision d’importance pour faire taire les craintes et les rumeurs qu’avait générées, en septembre 2017, la liquidation judiciaire de ce célèbre domaine, plus connu sous le nom de Domaine Casanis. Sa mise aux enchères avait déclenché un tollé général et embrasé le monde politique et agricole. Non sans raison ! Cette propriété familiale ancestrale, créée par Emmanuel Casabianca, fondateur de la marque Casanis, s’étend en Plaine Orientale, entre le phare d’Alistro et l’étang de Diana, en bordure de la Route territoriale 10, sur une superficie de 469 hectares d’un seul tenant, dont 220 hectares de vignoble, le reste se compose de friches et de maquis. Il est considéré comme le plus grand domaine viticole de l’île, aujourd’hui quasiment à l’abandon. Une première partie en amont de la RT10 d’une superficie de 347 hectares comporte des bâtiments agricoles et à usage d’habitation. Celle en aval s’étale sur 122 hectares jusqu’au littoral et l’ancienne Torra di Bravone, dont 30 hectares en bord de mer. C’est dire s’il a suscité des convoitises et des suspicions de spéculation foncière et immobilière ! « Ce domaine représente un enjeu énorme pour la Corse, de par l’importance de la superficie concernée et de la nature des terres agricoles qui vont jusqu’à la mer avec une façade maritime exceptionnelle », explique Gilles Simeoni en vidéo à CNI :

Gilles Simeoni : « Une opération positive au service de la maitrise du foncier agricole et d'un projet collectif »

Un engagement fort
« C’est un engagement fort, emblématique sur cette terre où il y a quelques mois, on nous disait que quelques spéculateurs allaient récupérer le domaine. Aujourd’hui, nous donnons la preuve que grâce à l’action forte du Conseil exécutif avec un opérateur qui est la Safer, nous pouvons réaliser des choses. On a dit qu’on le ferait. On l’a fait ! », renchérit Lionel Mortini, président de l’ODARC. La Collectivité de Corse (CDC) est, en effet, toute de suite, intervenue à travers l’ODARC (Office de développement agricole et rural de la Corse) pour mettre en place « un fonds foncier agricole à l’installation et l’amélioration des terres » doté 2,4 millions €. C’est grâce à ce financement que la SAFER a pu préempter et procéder au rachat du domaine pour la somme de 1,2 million €, avant de lotir près de 260 hectares, les autres étant déjà occupés par des baux à ferme. « 25 jeunes agriculteurs, c’est trop peu ! Nous avons été déçus de ne pas pouvoir installer, conforter l’ensemble des demandes, mais nous avons tenu notre ligne de départ. Nous avons tenu le cap ! Installation de jeunes agriculteurs, c’est fait ! Maintien du bord de mer au Conservatoire du Littoral, c’est fait ! Installation sur les terres du Conservatoire d’un jeune agriculteur, ça va être fait. Les bâtiments seront rachetés par l’ODARC pour servir à des aménagements collectifs au service des agriculteurs de la microrégion : circuits courts, magasins de producteurs ou tout autre chose qui sera réfléchi dans les prochaines semaines. Les travaux d’arrachage pour rendre les parcelles exploitables seront également menés par l’ODARC », indique Lionel Mortini. Il assure que « personne ne restera au bord de la route », comme il l’explique en vidéo au micro de CNI :

Lionel Mortini : « Nous avons tenu le cap et nous allons continuer ce combat pour le foncier »

Un portage historique
« C’est historique ! », se réjouit Christian Orsucci, président de la Safer. « C’est la première fois en Corse que nous pouvons utiliser la possibilité de portage foncier pour mettre en réserve des terres agricoles et pouvoir attendre d’y installer des jeunes ». Les jeunes attributaires vont, d’abord, louer une parcelle avec l’obligation de la mettre en valeur avant 3 ans et pourront l’acheter à la fin des 5 ans. « Nous avons réussi à faire en sorte que ce dossier puisse aboutir. Nous félicitons le président de l’Exécutif d’avoir répondu à une demande que fait la profession agricole depuis 1990 pour avoir un Fonds Foncier, ainsi que les présidents de l’ODARC et de l’ADEC pour leur investissement et leur compréhension de la problématique d’installation des jeunes agriculteurs. C’est une vraie satisfaction qui apporte quelque chose aux jeunes », estime-t-il, comme il l’explique en vidéo au micro de CNI :

Christian Orsucci : « L’Exécutif a répondu à une demande que fait la profession agricole depuis 1990 »

Un véritable pôle foncier
« La question foncière est douloureuse, brûlante et, en même temps, cruciale et stratégique, elle appelle des réponses qui n’ont pas encore été données », reconnaît Jean-Christophe Angelini, président de l’ADEC et de l’Office foncier de Corse. « Des réponses qui avaient vocation à être construites sur un pas de temps plus rapide, marquées par la mutualisation, la synergie et la constitution d’un pôle foncier de nature à répondre à la spéculation, la dépossession et, plus généralement, à tous ces maux qui privent nos agriculteurs de foncier accessible et plus globalement notre peuple de perspectives de ce point de vue-là ». Pour Jean-Christophe Angelini, « il y a véritablement un enjeu de société… avec un maître-mot : équilibre. Equilibre entre les activités et les populations agricoles, équilibre entre les parcelles et les superficies proposées, équilibre entre l’ensemble des profils d’exploitants ». Et prévient : « Nous avons encore beaucoup de travail devant nous ». Le Fonds Foncier agricole va, de nouveau, intervenir sur la façade Ouest de la Corse, dans le Liamone, sur la commune de Coggia pour « un achat important de 50 hectares de terres agricoles à forte potentialité, préempté par la Safer avec le soutien du Conseil exécutif. Ce sont des terres très convoitées, mais sur lesquelles nous nous sommes positionnés pour les protéger et empêcher la spéculation », annonce Lionel Mortini. Et promet : « Nous allons réaliser ce type d’opération sur d’autres communes. Ce n’est que le début ».
 
N.M.

Le président de l'Exécutif corse, Gilles Simeoni entouré (de gauche à droite) par Antoine Vallecale, directeur de la Safer, Lionel Mortini, président de l'ODARC, Christian Orsucci, président de la Safer et Jean-Christophe Angelini, président de l'ADEC.
Le président de l'Exécutif corse, Gilles Simeoni entouré (de gauche à droite) par Antoine Vallecale, directeur de la Safer, Lionel Mortini, président de l'ODARC, Christian Orsucci, président de la Safer et Jean-Christophe Angelini, président de l'ADEC.


















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