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Déchets : L’élection sous tension de Don Georges Gianni à la présidence du Syvadec


Nicole Mari le Mardi 18 Août 2020 à 22:11

Le maire de Lecci, 2ème vice-président de la ComCom du Sud Corse et 2ème vice-président sortant du Syvadec, Don Georges Gianni, a été élu, mardi matin à Corti, président du Syvadec à la large majorité de 62 suffrages sur 105 votants. Soit 21 voix d’écart avec son principal concurrent, Guy Armanet, maire de Santa Maria-di-Lota et conseiller territorial de Femu a Corsica, également 3ème vice-président sortant du Syvadec et vice-président sortant en charge des déchets à la CAB. L’enjeu : les modalités de gestion des déchets en Corse avec deux conceptions opposées, mais pas seulement… Les tensions sont apparues avec l’élection des 15 vice-présidents.



Don Georges Gianni, maire de Lecci, 2ème vice-président de la ComCom du Sud Corse, est le tout nouveau président du Syvadec.
Don Georges Gianni, maire de Lecci, 2ème vice-président de la ComCom du Sud Corse, est le tout nouveau président du Syvadec.
On annonçait une élection serrée, sur le fil du rasoir. C’est un score sans appel qui en a résulté. Avec 62 suffrages sur 105, les délégués des 17 communautés de communes et des 2 communautés d’agglomération ont clairement choisi la continuité en élisant Don Georges Gianni, maire de Lecci et vice-président de la ComCom du Sud Corse comme nouveau président du Syvadec. Il remplace, à la tête du syndicat de valorisation des déchets, le président historique, François Tatti, élu dès la création en 2007 et réélu sans opposition en 2014. Il a bénéficié du large soutien de sa famille, la droite, et de son principal représentant, Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio et président de la CAPA. Un soutien de poids qui lui conférait un avantage numérique, puisque la Communauté d’agglomération du pays ajaccien est la plus grosse Comcom de l’île et qu’elle dispose du plus grand nombre de délégués, à savoir 26. Très critique à l’égard de la gestion passée du Syvadec, la CAPA souhaitait vivement renforcer sa position et imposer sa propre conception de la gestion des déchets, axée notamment sur la valorisation énergétique. On peut dire que c’est fait !
 
Un seul projet
« Je vous remercie de la confiance que vous me témoignez. Je suis heureux et fier de devenir le président de cette belle institution, conscient de la responsabilité qui m’incombe et qui nous incombe tous face à notre mission et aux défis difficiles qui sont devant nous », déclare, d’emblée, Georges Gianni, dans son discours d’investiture. Avant de saluer « le travail remarquable de François Tatti », « sa vision et son audace d’avoir cru dans la capacité de tous nos territoires à travailler ensemble et d’avoir créé un syndicat unique pour que nous soyons plus forts et plus unis pour améliorer la gestion des déchets à l’échelle régionale ». Il confirme la fermeture dans quelques jours et jusqu’en janvier 2021 du centre de stockage de Prunelli-di-Fum’Orbu qui aura atteint sa capacité annuelle autorisée le 22 août. Viggianellu, quant à lui, devrait continuer jusqu’en octobre. « Nous ne pouvons plus nous permettre de laisser croire aux Corses que le problème se résoudra de lui-même par une disparition des déchets ou que nous pourrons traiter nos déchets à l’export », prévient le nouveau Président. « En parallèle du déploiement du tri et de la réalisation, fin 2023, des deux centres de surtri qui réduiront de plus de 2/3 les déchets résiduels, nous devons trouver, dès à présent, les conditions de traitement de nos déchets, qui ne pourra se faire qu’en Corse ». Son premier dossier sera de « mobiliser les capacités techniques qui restent dans nos sites d’enfouissement pour assurer la transition avec les futurs projets qui sont déjà sur la table ou en cours d’étude ».

Guy Armanet.
Guy Armanet.
Un vote sanction ?
Mettre fin au long bras de fer entre deux conceptions antagonistes du traitement des déchets et sortir de la crise structurelle qui enlise la Corse dans une spirale sans fin était le vœu pieux de son adversaire, Guy Armanet. Le maire de Santa Maria-di-Lota, conseiller territorial de Femu a Corsica, 3ème vice-président sortant du Syvadec et vice-président sortant en charge des déchets à la Communauté d’agglomération de Bastia (CAB), était partisan d’une candidature de consensus. C’était, pour lui, la solution de raison. Mais faute d’y parvenir, il est parti au combat avec le soutien de la majorité nationaliste et sur un programme simple : appliquer le Plan de gestion des déchets de la Collectivité de Corse (CdC) tel qu’il est, c’est-à-dire basé principalement sur le tri sélectif au porte à porte et la diminution drastique de l’enfouissement. Guy Armanet n’a recueilli que 41 voix, un score bien en deçà de celui attendu et qui l’interpelle : « Comme dans toute défaite politique, il y a un peu d'amertume. Surtout quand le score est aussi large. Cela pose des questions. Est-ce que le Plan, que nous portons, est celui que veulent les gens ? Cet enjeu méritait-il d’être aussi politisé qu’il l’a été ? Pour moi, le seul enjeu de cette élection était d’essayer de sortir la Corse de l’impasse dans laquelle elle est aujourd’hui ». Les Intercos ont-elles sanctionné un Plan qu’elles rechignent à appliquer ou ont du mal à appliquer ? « Deux visions s’opposent : la nôtre n’a apparemment pas suscité l’intérêt des Intercos. Je continue de dire que le tri en porte à porte reste la seule solution. Il aurait fallu accélérer le processus, donner d’avantage de moyens aux communes et aux Intercos, mieux les accompagner peut-être ».
 
Une main coupée
L’ambiance déjà plombée s’est encore tendue à la pause. Surtout après la conférence des présidents où il est effectivement très vite apparu que le fameux plan pouvait prêter à des interprétations fort différentes. Le tout nouveau président a beau affirmé « l’impérieuse nécessité de travailler ensemble » avec la CAB, tous les territoires, l’Etat et la CDC, et marteler: « Il n’y a qu’un seul objectif, un seul projet : celui voté par l’Assemblée de Corse. C’est la seule méthode valable pour affronter les périodes difficiles et franchir les étapes qui sont inscrites dans le plan… ». Mais le Diable se cache dans les détails, et le mot de la fin est bien sibyllin : « … en faisant partager le plus largement possible des évolutions qui peuvent le renforcer d’un point de vue opérationnel ». Autrement dit : le Plan, oui, mais revisité ! « Nous nous retrouvons dans une situation compliquée, voire de blocage parce que Mr Gianni a immédiatement pris une ligne qui n’est pas la nôtre », commente Louis Pozzo-di-Borgo, président de la CAB. « La démocratie s’est exprimée, c’est à Georges Gianni de mettre en œuvre la politique qu’il souhaite mettre en œuvre », renchérit Guy Armanet. Quand à la main tendue de Georges Gianni, ses opposants ont trouvé qu’elle ne l’était pas tant que ça. « Dans ses premiers propos, Mr Gianni m’a annoncé que le territoire communautaire bastiais se verrait amputé d’un de ses représentants, passant de 3 à 2, sans explication, alors que la CAPA n’a pas vu son effectif baisser, elle reste à 3 représentants. Ce qui pour une main tendue est plutôt une main coupée ! », assène le président de la CAB.
 
Pas de consensus
A la reprise, en début d’après-midi, les élus de la CAB, des ComCom du Cap Corse, de l’Ile-Rousse-Balagne et de l’Alta-Rocca et une partie de ceux de la ComCom du Sud Corse refusent de participer au vote du Conseil syndical et quittent la réunion. Ce départ prend de court le nouveau président du Syvadec qui comprend que sa tâche risque de se compliquer. « Ce n’est pas le consensus que j’ai souhaité », commente Georges Gianni. L’élection des 15 vice-présidents est expédiée, mais les deux derniers sièges sont laissés vacants pour la CAB « dans un esprit d’ouverture » et dans un geste qui se veut d’apaisement. Parmi les élus qui sont restés, une autre voix dissonante se fait entendre, celle du représentant de Viggianellu, Jean Pereney, qui ne semble, lui non plus, guère rassuré par la nouvelle présidence : « On exploite Viggianellu. C’est l’incapacité à trouver des solutions qui nous condamne. Non seulement on n’a pas de solution, mais en plus on n’a aucun respect pour notre village ». Pour le tout nouveau président du Syvadec, comme pour la crise des déchets, le plus dur reste à venir...
 
N.M.

Don Georges Gianni, entouré de ses alliés, notamment le maire d'Ajaccio, Laurent Marcangeli, et les représentants de la CAPA.
Don Georges Gianni, entouré de ses alliés, notamment le maire d'Ajaccio, Laurent Marcangeli, et les représentants de la CAPA.

Les 13 vice-présidents

1er Vice-Président : Xavier Poli (Communauté de Communes du Centre Corse)
2ème Vice-Président : Etienne Ferrandi (CAPA)
3ème Vice-Président : Jean-François Mattei (Communauté de Communes Marana Golo)
4ème Vice-Président : Pierre Guidoni - (Communauté de Communes Calvi-Balagne)
5ème Vice-Président  : Vincent Micheletti (Communauté de Communes Sartenais Valinco Taravo)
6ème Vice-Président  : Marie-Thérèse Mariotti (Communauté de Communes de la Costa Verde)
7ème Vice-Président : Jean-Baptiste Giffon (Communauté de Communes Celavu Prunelli)
 (CAPA)
8ème Vice-Président : Jean-Pierre Giordano (Communauté de Communes Spelunca Liamone)
9ème Vice-Président : François Bernardi (Communauté de Communes de la Castagniccia Casinca)
10ème Vice-Président : Marie-Laurence Sotty (CAPA)
11ème Vice-Président : Etienne Marchetti (Communauté de Communes Nebbiu Conca d’Oru)
12ème Vice-Président : Xavier Lacombe (CAPA)
13ème Vice-Président : Jérome Negroni (Communauté de Communes Pasquale Paoli).
 
 

















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