Créé en octobre 2020, U a pour objectif de replacer la question forestière au cœur du débat public en Corse. Son action s’inscrit dans une approche de gestion multifonctionnelle des forêts, intégrant des enjeux économiques, environnementaux,patrimoniaux et sociaux. Le développement d’une véritable filière bois corse, fondée sur des bases sylvo-économiques solides, constitue le fil conducteur de sa réflexion.
À l’approche des élections municipales, nous interpellons les futurs élus des 360 communes de l’île, qu’ils soient nouveaux ou reconduits dans leurs fonctions. Nous les invitons à réfléchir à l’intégration du bois corse dans les projets publics de leur mandature : mobilier urbain, construction de bâtiments, ou encore réseaux de chaleur utilisant la biomasse. Ces initiatives, encore trop marginales malgré quelques réalisations exemplaires, présentent de nombreux avantages.
L’utilisation du bois local permet d’abord de valoriser la ressource forestière insulaire et de renforcer une forme « d’autonomie matérielle ». Le bois offre également des qualités d’isolation thermique, contribuant à la réduction des coûts énergétiques.
Sur le plan écologique, le recours au circuit court limite les émissions de gaz à effet de serre liées au transport, tout en renforçant le rôle du bois comme puit de carbone. Ces bénéfices sont d’autant plus importants dans un contexte de fiscalité environnementale croissante qui viennent impacter les transports maritimes en Corse.
Enfin, le développement de la filière bois soutient l’économie locale, de l’exploitation forestière à l’artisanat. Il favorise ainsi la création d’emplois et participe à l’affirmation d’une identité architecturale propre à la Corse.
Pour répondre à cette ambition, l’existence d’un tissu économique adapté est indispensable.
Une scierie, récemment implantée à Sotta, illustre ce potentiel. Elle se distingue notamment par sa capacité à valoriser le pin maritime corse en bois d’œuvre, une essence longtemps dépréciée pourtant parfaitement compatible aux usages structurels.
Cette initiative démontrequ’un modèle économique forestier peut s’adapter aux capacités réelles des massifs insulaires tout en contribuant à l’amélioration de la ressource sur le long terme.
Le développement de la filière bois corse repose également sur les orientations sylvicoles mises en œuvre par l’ONF.
Depuis une quinzaine d’années, les forêts publiques insulaires
connaissent une conversion progressive vers une sylviculture dite « irrégulière ».
Contrairement aux peuplements réguliers, caractérisés par une homogénéité d’essences et d’âges et par des coupes rases génératrices de risques économiques et sanitaires, la futaie irrégulière favorise la diversité, la régénération naturelle et des prélèvements continus. Ce
mode de gestion permet une production de bois variée à destination des acteurs économique, des revenus réguliers pour les propriétaires et une meilleure résilience face au changement climatique.
En conclusion, U cullettivu per a furesta corsa appelle les élus municipaux à inscrire leurs projets dans une dynamique collective autour du bois, en s’appuyant à la fois sur des acteurs économiques engagés et sur une gestion publique des forêts visant à assurer le développement durable et pérenne d’une filière bois insulaire.
(Archives CNI)
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