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Costa Verde : Capia è Piglia, le premier supermarché inversé de Corse inauguré à Cervioni


Nicole Mari le Mardi 18 Mai 2021 à 19:23

C’est une première en Corse ! Capia è Piglia, le premier supermarché inversé a été inauguré, mardi matin, sur la base de la déchèterie de Levole, sur la commune de Cervioni en Costa Verde. Le principe : un magasin entièrement gratuit, où déposer des objets dont on ne se sert plus et qui serviront à d’autres. Un concept d’économie sociale et solidaire basé sur le zéro déchet, c’est le pari de la Communauté de communes de Costa Verde, déjà championne de l’île en matière de tri des déchets.



Capia è Piglia, le premier supermarché inversé de Corse inauguré à Cervioni
Capia è Piglia, le premier supermarché inversé de Corse inauguré à Cervioni
C’est dans un bâtiment tout neuf d’une centaine de mètres carrés construit sur le site de la déchèterie de Levole à Cervioni qu’a été inauguré, mardi matin, le premier supermarché inversé de Corse. « La plate-forme technique de Levole diversifie, aujourd’hui, ses activités avec l’inauguration du premier marché éco-exemplaire de Corse, u nostru cappia è piglia, dans le but de maximiser le recyclage, de travailler en circuit court et de diminuer le recours à l’enfouissement », résume Marie-Thérèse Mariotti, maire de Tagliu-Isulacciu, vice-présidente de la Communauté de Communes de Costa Verde en charge de la question des déchets et conseillère territoriale. Un magasin classique, spacieux, clair, propre, accueillant, avec des rayonnages et des têtes de gondoles – vaisselle, jouets, livres, petit électroménager, disques, CD...- à part que l’argent n’y a pas court. Son nom Capià è Piglia en résume le principe : on y dépose des objets dont on ne se sert plus et on s’y sert d’objets que d’autres ont déposé, le tout gratuitement. L’idée de ce système de troc, développé sur le continent, notamment en Gironde, est de donner une seconde vie à nos objets obsolètes, mais aussi de changer le regard que l’on porte sur les déchets, comme l’explique en vidéo, pour CNI, Serge Bereni, responsable du pôle environnement de Costa Verde qui a mis en place ce concept :

Serge Bereni : « On détourne les objets de l’enfouissement et on leur donne une seconde vie »

A petits pas
En Gironde, le concept de supermarché inversé fait florès. Il a permis, là où il a été installé, à Vayres, d’alimenter l’économie circulaire et de réduire de 60% l’enfouissement des déchets non valorisables. Tous les ans, plus de 1000 tonnes d’objets sont échangées plutôt que jetées. Un succès que Serge Bereni espère bien dupliquer en Costa Verde : « Dans un premier temps, nous ouvrirons le magasin trois fois par semaine, les lundi, mercredi, et vendredi, le matin uniquement. Mais on peut venir déposer des objets toute la semaine pendant les heures d’ouverture de la déchèterie. Ensuite, on verra à l’usage comment ça fonctionne. Aujourd’hui, on ne sait pas, on découvre, on sait que ça marche ailleurs. J’espère qu’on sera, nous aussi, victimes de notre succès, qu’on ouvrira toute la semaine et qu’on agrandira les locaux ».

Marie-Thérèse Mariotti
Marie-Thérèse Mariotti
Championne du tri
Avant la visite guidée, Marie-Thérèse Mariotti a profité de l’occasion pour rappeler le travail entrepris par la ComCom depuis 15 ans sur la collecte et la gestion de ses déchets. « Ce travail a été récompensé puisque en 2020, notre ComCom s’est classée 1ère avec un taux de tri de 50,7 % pour une moyenne corse à 37,2 % et une baisse de ses ordures ménagères résiduelle (OMR) de 6,3 %, impactée certes par la crise sanitaire ». Et de lister les réalisations effectives. D’abord, 220 points d’apport volontaires ont été répartis sur les 23 communes du territoire où l’usager peut déposer aussi ses ordures ménagères que les principaux flux du tri sélectif : emballage, papier et verre. « Des expérimentations sont en cours depuis Noël dernier avec le remplacement d’une partie des bacs d’ordures ménagères en bacs de tri emballage pour inciter l’usager à trier toujours plus les emballages qui constituent l’enjeu primordial stratégique pour notre territoire. Plus que les bio-déchets, la poubelle grise est majoritairement constituée d’emballage, environ 60 %. Ce qui n’est pas acceptable ! », précise la mairesse de Tagliu-Isulacciu. « Depuis 2017, la collecte des huiles alimentaires a été mise en place auprès des commerçants. L’huile est transformée localement en bio-détergent : un bel exemple d’économie circulaire en circuit très court ». Ont également été installées 12 bornes pour la collecte du textile et, en 2020, 18 cabanes à cartons sur un prototype développé par une entreprise locale.
 
Des actions fortes
S’y ajoutent des actions fortes sur les bio-déchets : 2500 composteurs individuels ont été distribués avec le SYVADEC depuis 10 ans et 500 sont en cours de livraison. « Nous montons en puissance sur la distribution de composteurs partagés pour les centres des villages et les habitats collectifs. Plus de 40 % de la population du territoire de la Costa Verde dispose désormais d’une solution de compostage de proximité, et ce sont 2,3 % du total des ordures ménagères qui ont été détournées de l’enfouissement. C’est au-dessus de la moyenne régionale ! La collecte au porte-à-porte auprès de 160 professionnels a permis de détourner 500 tonnes de déchets organiques de l’enfouissement en 2019, un peu moins en 2020, crise Covid oblige. La redevance spéciale, mise en place depuis plusieurs années auprès des professionnels dont les GSM, aurait dû être réformée cette année, mais cela a été reporté à cause de la pandémie ». Sans oublier le label Ecoscola pour toutes les écoles en partenariat avec le Syvadec. La vice-présidente de la ComCom annonce d’autres projets, notamment un éco-point, c’est-à-dire une recyclerie en modèle réduit, à Valle d’Alesani, et un autre sur la partie Nord du territoire : « Nous recherchons le foncier ». Egalement, à l’étude, une plate-forme de compostage : « C’est fondamental pour nous parce que c’est quand même un non-sens écologique et financier de transporter nos bio-déchets à Cargèse ! ». Enfin, une réflexion sur le broyage des végétaux parce que beaucoup de déchets verts arrivent en recyclerie.

Une équipe d’experts
 « Nous ne sommes pas arrivés à ce résultat par miracle, ni en un claquement de doigts. C’est un travail de longue haleine qui a demandé beaucoup de détermination aux agents et aux élus qui forment une équipe d’experts motivés et inventive que l’on réclame d’ailleurs aux quatre coins de Corse pour un partage d’expérience », déclare Marie-Thérèse Mariotti. Avant de déplorer : « Les résultats obtenus ont un prix, et ce prix est de plus en plus élevé puisque plus de la moitié du budget général de fonctionnement - 2,6 millions € - est consacrée à la gestion des déchets. C’est très lourd et ça rogne notre marge de manœuvre pour exercer le reste de nos compétences ! Nous savons que plus nous trierons, plus l’impact sur l’environnement sera visible, mais plus le coût sera élevé ». Et de s’interroger : « Jusqu’à quand serons-nous en mesure d’absorber ces coûts ? ». Et de lancer à l’adresse des représentants de la Collectivité de Corse présents et futurs : « C’est la raison pour laquelle nous demandons, nous qui sommes sur le terrain et qui connaissons la problématique, des orientations stratégiques réalistes et claires. Nous savons que c’est au prix d’un partenariat et d’une solidarité entre tous les acteurs que la Corse échouera ou réussira collectivement ».
 
N.M.














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