Antoine Guelfucci et Marc-Antoine Campana, deux des principaux colistiers de Petr'Antò Tomasi, seront ils en mesure de faire trembler, voire tomber, la citadelle de Corte ? Réponse le 15 mars prochain. (Photo montage: Grazi Ritratti)
Discussions et réunions ont eu lieu durant quelques semaines pour créer une liste d’union de la famille nationalistes. Cette union n’a pas été faite et Marceau Simeoni, qui en était à l’origine, a jeté l’éponge. C’est ce qui vous a motivé à prendre le relais ?
Marc-Antoine Campana : Face au constat partagé de l’impasse de chercher une union entre des appareils politiques, dans les derniers jours qui précédent le dépôt des listes électorales, nous nous sommes rassemblés, par affinités humaines avant tout, pour constituer une démarche alternative à la majorité sortante. Le premier constat partagé au-delà des projets, des conclusions que l’on pourra tirer, des solutions que l’on pourra apporter, c’est de dire qu’une ville universitaire comme Corte, ne peut pas se passer d’un débat démocratique. Corte ne peut pas faire l’économie d’une véritable élection dans laquelle les électrices et les électeurs auront à choisir entre deux projets pour leur ville. Pour nous, il était clair que Corte avait besoin de ce débat démocratique et qu’il était nécessaire qu’il y ait une liste opposée à la majorité sortante, qui soit vraiment force de propositions pour la mandature à venir, et qui construise un projet alternatif qui puisse emporter une majorité de suffrages le 15 mars prochain. Nous pensons que Corte a besoin de renouveau, car nous avons fait le constat que, sous bien des aspects notre commune est en voie de déclassement, est en pleine léthargie. Des classes menacent de fermer chaque année, des services publics sont délocalisés, des commerces baissent leurs rideaux... Face à cette situation, il nous semblait essentiel de proposer ce projet alternatif pour, dans le meilleur des cas obtenir la confiance d’une majorité de Cortenais, et dans le pire des cas faire le meilleur résultat possible pour continuer, dans les années à venir, à bâtir une démarche de travail enracinée dans le temps. Cette démarche s’inscrit au-delà des étiquettes, des appareils politiques et des logiques d’union entre des partis. Ce que nous avons voulu constituer, c’est une union d’hommes et de femmes, de sensibilité nationaliste, qui vivent à Corte, qui y travaillent, qui y élèvent leurs enfants.
La question de la tête de liste ne s’est posée. Elle s’est réglée rapidement ?
Antoine Guelfucci : Il y a eu des discussions et une certaine logique de dire que nous sommes trois jeunes présents pour accompagner notre ville dans une logique de construction. Petr’Antò Tomasi, Marc-Antoine Campana et moi avons exactement les mêmes capacités à appréhender les problèmes récurrents sur la ville pas uniquement dus à un manque d’ambitions, mais aussi à un manque de projection sur l’avenir. Nous avons pensé que Petr’Antò était le plus à même à porter nos voix dans ce débat. J’espère que les Cortenais comprendront que nous voulons sortir de cette logique de clans, afin d'avoir une dynamique dans cette ville et non plus se contenter de gérer une administration pour qu’elle soit juste à l’équilibre. Le problème c’est qu’avoir une ville sans espoir, coupe l’envie à notre jeunesse de rester, de s’installer et de créer de l’économie. L’université est censée porter les espoirs de notre jeunesse et insuffler les projets. Or, le bilan de ces dernières années est négatif et sans passerelles avec notre université. Corte survit grâce à l’immigration naturelle de la part de l’université, seul poumon économique de notre ville. Mais c'est une entité qui se développe à côté de la commune sans être accompagnée par celle-ci, si ce n’est avec des dons de terrains, des aménagements à tort et à travers. Il n’y a pas de synergie de projets, de construction d’une vraie ville universitaire. Ce sont deux entités qui se contentent de vivre l’une à côté de l’autre. Nous n’avons pas d’inteligentsia qui s’installe, ni de bureaux d’études, ni de bureaux de recherche et qui s’enracinent dans la réalité du quotidien.
De quelle manière avez-vous l’intention de travailler avec l’université pour le développement de la ville ?
Marc-Antoine Campana : Aujourd’hui Corte n’est pas une ville universitaire. Et nous devons travailler de concert pour développer les infrastructures, les équipements de loisirs et culturels permettant de fixer une population et de permettre à la communauté éducative de se fixer aussi à Corte.
Antoine Guelfucci : Nous avons des jeunes qui font l’effort de venir faire leurs études à Corte, nous devrions aussi, nous Cortenais, tendre la main pour fixer ces jeunes.
Au-delà de ce manque d’osmose entre la ville et l’université, que vous reprochez à la commune, quel regard portez-vous sur la mandature écoulée ?
Marc-Antoine Campana : La mairie de Corte est une administration qui est bien gérée. Mais notre conviction c’est que l’ambition d’une ville comme Corte doit être autre. C’est une ville qui doit être porteuse de projets, qui doit avoir un rayonnement à l’échelle de la Corse très important, car c’est aussi le lieu où 4000 jeunes viennent de toute la Corse et d’ailleurs pour y faire leurs études, pour sociabiliser. Ce sont eux qui font la Corse de demain. C’est pour cela que l’élection municipale de Corte est aussi un enjeu national pour la Corse. La ville de Corte doit jouer un rôle moteur dans notre identité, dans notre imaginaire collectif et dans les valeurs que l’on partage. On pense, et c’est le sens de notre engagement, que Corte méritait ce débat parce que nous sommes sur une période charnière. La mairie a présenté quelques projets structurants qui ne nous semblent pas en phase avec les attentes de la population et les besoins du territoire. Administrer une ville comme Corte, ce n’est pas gérer les travaux de génie civil. Notre ville a vocation de porter de vrais projets politiques et une vraie dynamique de territoire pour ses habitants.
Quel est donc le projet politique que vous portez ?
Antoine Guelfucci : Nous nous sommes engagés à aller rencontre les Cortenais quartiers par quartiers. Nous ne pouvons pas définir et prioriser nos projets sans tenir compte du fait que Corte est devenue une ville dortoir, et que les jeunes Cortenais s’en vont construire ailleurs car ici les terrains sont introuvables ou hors de prix. La citadelle est à l’abandon, la vieille ville est à l’abandon, la vallée de la Restonica est à l’abandon et on se réjouit presque de la catastrophe écologique de novembre 2023 pour sauter sur l’occasion pour la fermer ! C'est incroyable ! Le poumon économique du Corte et du Centre Corse est fermé et on ne donne même pas une porte de sortie à ceux qui vivent du tourisme ou de l’exploitation du côté nature.
Quel serait le meilleur projet pour cette vallée de la Restonica ?
Marc-Antoine Campana : C’est un travail que l’on va mener dans les mois et les années à venir en étant en lien avec la population. Ce sera notre manière de faire de la politique : en rencontrant la population et en la tenant informer de nos projets. Si nous sommes élus, nous tiendrons des réunions publiques pour écouter et tenir informer les Cortenaises et les Cortenais. L’importance d’être élus, c’est d’avoir un accès aux dossiers de la mairie que nous allons administrer. Et cela est un enjeu prioritaire pour la population. En l’absence d’un rapport logique entre majorité et opposition, cet accès aux dossiers n’existe pas pour la population. Dans le cadre de la mandature à venir, notre objectif sera de ritualiser des réunions publiques avec la population, et nous nourrir de ses attentes.
Antoine Guelfucci : Nous ne pouvons nous contenter d’avoir une volonté descendante des projets. Il faut aller coller à la réalité, savoir qui travaille sur la vallée, qui travaille sur la vieille ville, qui gère ces lotissements anecdotiques ressemblant à des lotissements de la banlieue parisienne. Comment voulez-vous faire du tourisme à Corte avec un village qui ressemble à la banlieue parisienne ? Il faut avoir une certaine logique et une harmonie de construction et de réaménagement de nos quartiers.
Que diriez-vous aux Cortenaises et aux Cortenais pour qu’ils vous accordent leur confiance ?
Marc-Antoine Campana : Nous avons l’intention de gouverner différemment et l’idée de faire trembler, voire tomber la citadelle nous plaît beaucoup. Nous sommes dans une approche différente. Notre souhait sera de faire de la politique au contact de celles et ceux qui nous aurons élus, et même des autres. Notre démarche, pour les six années à venir, est de s’enraciner et de l’élargir au plus grand nombre, à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre vision de ce qui doit être l’avenir de la ville. Il n’y a pas de prudence à avoir sur les investissements quand on investit sur l’avenir. Et Corte n’est pas une ville pauvre, c’est une ville riche de tout ce qui n’a pas été fait car elle a un potentiel énorme.
Antoine Guelfucci : La priorité pour nous, ce sont nos jeunes qui ont été oubliés durant toutes ces années. Revenons aux priorités : Corte aux Cortenais, Corte en symbiose avec l’université et puis faisons de la place aux jeunes pour préparer la génération d’après. Sortir d’un passéisme, d’une gestion populiste où l’on ne fait pas grand-chose car il faut être propre.
Marc-Antoine Campana : Face au constat partagé de l’impasse de chercher une union entre des appareils politiques, dans les derniers jours qui précédent le dépôt des listes électorales, nous nous sommes rassemblés, par affinités humaines avant tout, pour constituer une démarche alternative à la majorité sortante. Le premier constat partagé au-delà des projets, des conclusions que l’on pourra tirer, des solutions que l’on pourra apporter, c’est de dire qu’une ville universitaire comme Corte, ne peut pas se passer d’un débat démocratique. Corte ne peut pas faire l’économie d’une véritable élection dans laquelle les électrices et les électeurs auront à choisir entre deux projets pour leur ville. Pour nous, il était clair que Corte avait besoin de ce débat démocratique et qu’il était nécessaire qu’il y ait une liste opposée à la majorité sortante, qui soit vraiment force de propositions pour la mandature à venir, et qui construise un projet alternatif qui puisse emporter une majorité de suffrages le 15 mars prochain. Nous pensons que Corte a besoin de renouveau, car nous avons fait le constat que, sous bien des aspects notre commune est en voie de déclassement, est en pleine léthargie. Des classes menacent de fermer chaque année, des services publics sont délocalisés, des commerces baissent leurs rideaux... Face à cette situation, il nous semblait essentiel de proposer ce projet alternatif pour, dans le meilleur des cas obtenir la confiance d’une majorité de Cortenais, et dans le pire des cas faire le meilleur résultat possible pour continuer, dans les années à venir, à bâtir une démarche de travail enracinée dans le temps. Cette démarche s’inscrit au-delà des étiquettes, des appareils politiques et des logiques d’union entre des partis. Ce que nous avons voulu constituer, c’est une union d’hommes et de femmes, de sensibilité nationaliste, qui vivent à Corte, qui y travaillent, qui y élèvent leurs enfants.
La question de la tête de liste ne s’est posée. Elle s’est réglée rapidement ?
Antoine Guelfucci : Il y a eu des discussions et une certaine logique de dire que nous sommes trois jeunes présents pour accompagner notre ville dans une logique de construction. Petr’Antò Tomasi, Marc-Antoine Campana et moi avons exactement les mêmes capacités à appréhender les problèmes récurrents sur la ville pas uniquement dus à un manque d’ambitions, mais aussi à un manque de projection sur l’avenir. Nous avons pensé que Petr’Antò était le plus à même à porter nos voix dans ce débat. J’espère que les Cortenais comprendront que nous voulons sortir de cette logique de clans, afin d'avoir une dynamique dans cette ville et non plus se contenter de gérer une administration pour qu’elle soit juste à l’équilibre. Le problème c’est qu’avoir une ville sans espoir, coupe l’envie à notre jeunesse de rester, de s’installer et de créer de l’économie. L’université est censée porter les espoirs de notre jeunesse et insuffler les projets. Or, le bilan de ces dernières années est négatif et sans passerelles avec notre université. Corte survit grâce à l’immigration naturelle de la part de l’université, seul poumon économique de notre ville. Mais c'est une entité qui se développe à côté de la commune sans être accompagnée par celle-ci, si ce n’est avec des dons de terrains, des aménagements à tort et à travers. Il n’y a pas de synergie de projets, de construction d’une vraie ville universitaire. Ce sont deux entités qui se contentent de vivre l’une à côté de l’autre. Nous n’avons pas d’inteligentsia qui s’installe, ni de bureaux d’études, ni de bureaux de recherche et qui s’enracinent dans la réalité du quotidien.
De quelle manière avez-vous l’intention de travailler avec l’université pour le développement de la ville ?
Marc-Antoine Campana : Aujourd’hui Corte n’est pas une ville universitaire. Et nous devons travailler de concert pour développer les infrastructures, les équipements de loisirs et culturels permettant de fixer une population et de permettre à la communauté éducative de se fixer aussi à Corte.
Antoine Guelfucci : Nous avons des jeunes qui font l’effort de venir faire leurs études à Corte, nous devrions aussi, nous Cortenais, tendre la main pour fixer ces jeunes.
Au-delà de ce manque d’osmose entre la ville et l’université, que vous reprochez à la commune, quel regard portez-vous sur la mandature écoulée ?
Marc-Antoine Campana : La mairie de Corte est une administration qui est bien gérée. Mais notre conviction c’est que l’ambition d’une ville comme Corte doit être autre. C’est une ville qui doit être porteuse de projets, qui doit avoir un rayonnement à l’échelle de la Corse très important, car c’est aussi le lieu où 4000 jeunes viennent de toute la Corse et d’ailleurs pour y faire leurs études, pour sociabiliser. Ce sont eux qui font la Corse de demain. C’est pour cela que l’élection municipale de Corte est aussi un enjeu national pour la Corse. La ville de Corte doit jouer un rôle moteur dans notre identité, dans notre imaginaire collectif et dans les valeurs que l’on partage. On pense, et c’est le sens de notre engagement, que Corte méritait ce débat parce que nous sommes sur une période charnière. La mairie a présenté quelques projets structurants qui ne nous semblent pas en phase avec les attentes de la population et les besoins du territoire. Administrer une ville comme Corte, ce n’est pas gérer les travaux de génie civil. Notre ville a vocation de porter de vrais projets politiques et une vraie dynamique de territoire pour ses habitants.
Quel est donc le projet politique que vous portez ?
Antoine Guelfucci : Nous nous sommes engagés à aller rencontre les Cortenais quartiers par quartiers. Nous ne pouvons pas définir et prioriser nos projets sans tenir compte du fait que Corte est devenue une ville dortoir, et que les jeunes Cortenais s’en vont construire ailleurs car ici les terrains sont introuvables ou hors de prix. La citadelle est à l’abandon, la vieille ville est à l’abandon, la vallée de la Restonica est à l’abandon et on se réjouit presque de la catastrophe écologique de novembre 2023 pour sauter sur l’occasion pour la fermer ! C'est incroyable ! Le poumon économique du Corte et du Centre Corse est fermé et on ne donne même pas une porte de sortie à ceux qui vivent du tourisme ou de l’exploitation du côté nature.
Quel serait le meilleur projet pour cette vallée de la Restonica ?
Marc-Antoine Campana : C’est un travail que l’on va mener dans les mois et les années à venir en étant en lien avec la population. Ce sera notre manière de faire de la politique : en rencontrant la population et en la tenant informer de nos projets. Si nous sommes élus, nous tiendrons des réunions publiques pour écouter et tenir informer les Cortenaises et les Cortenais. L’importance d’être élus, c’est d’avoir un accès aux dossiers de la mairie que nous allons administrer. Et cela est un enjeu prioritaire pour la population. En l’absence d’un rapport logique entre majorité et opposition, cet accès aux dossiers n’existe pas pour la population. Dans le cadre de la mandature à venir, notre objectif sera de ritualiser des réunions publiques avec la population, et nous nourrir de ses attentes.
Antoine Guelfucci : Nous ne pouvons nous contenter d’avoir une volonté descendante des projets. Il faut aller coller à la réalité, savoir qui travaille sur la vallée, qui travaille sur la vieille ville, qui gère ces lotissements anecdotiques ressemblant à des lotissements de la banlieue parisienne. Comment voulez-vous faire du tourisme à Corte avec un village qui ressemble à la banlieue parisienne ? Il faut avoir une certaine logique et une harmonie de construction et de réaménagement de nos quartiers.
Que diriez-vous aux Cortenaises et aux Cortenais pour qu’ils vous accordent leur confiance ?
Marc-Antoine Campana : Nous avons l’intention de gouverner différemment et l’idée de faire trembler, voire tomber la citadelle nous plaît beaucoup. Nous sommes dans une approche différente. Notre souhait sera de faire de la politique au contact de celles et ceux qui nous aurons élus, et même des autres. Notre démarche, pour les six années à venir, est de s’enraciner et de l’élargir au plus grand nombre, à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre vision de ce qui doit être l’avenir de la ville. Il n’y a pas de prudence à avoir sur les investissements quand on investit sur l’avenir. Et Corte n’est pas une ville pauvre, c’est une ville riche de tout ce qui n’a pas été fait car elle a un potentiel énorme.
Antoine Guelfucci : La priorité pour nous, ce sont nos jeunes qui ont été oubliés durant toutes ces années. Revenons aux priorités : Corte aux Cortenais, Corte en symbiose avec l’université et puis faisons de la place aux jeunes pour préparer la génération d’après. Sortir d’un passéisme, d’une gestion populiste où l’on ne fait pas grand-chose car il faut être propre.
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