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Les brèves

SNALC de Haute-Corse : "l’amélioration de nos conditions d’enseignement et le bien-être de chaque élève n’est pas vraiment à l’ordre du jour"  30/03/2026

Du SNALC de Haute-Corse :
Devant une mesure de fermeture envisagée à l’école élémentaire d’Aleria, les parents du groupe scolaire ont décidé de bloquer l’accès aux 2 écoles lundi et mardi.

Il y a quelques temps, la suppression de six postes a été officiellement annoncée dans notre département, (5 en Corse-du-Sud), mais la réalité est malheureusement tout autre.

Entre la régularisation d’ouvertures décidées en urgence l’an dernier, et la création de postes PAS, les pôles d’appui à la scolarité, auxquels le Snalc est opposé, ce n’est pas loin de 20 postes qui seraient finalement supprimés.

Les suppressions envisagées touchent les secteurs de Bastia, du Cap Corse, et la situation est particulièrement sensible dans les zones rurales avec la fermeture envisagée de l’école de Vivario dans le centre Corse et de classes en plaine orientale.

Outre les postes d’enseignants dans une classe, des postes de RASED sont supprimés à Bastia et sa région.

L’opportunité de renforcer ces RASED, alors que les difficultés scolaires et les besoins éducatifs augmentent, ne fait pas partie de l’équation.

Certains territoires n’en sont même pas pourvus.

Alors que notre ministre avait dit qu'il fermerait "le moins de postes possibles", les besoins dans les classes sont de plus en plus criants et se poursuivent au détriment de l'instruction, de l'éducation et du bien-être des élèves et des personnels.

Que dire des collègues qui vont devoir changer d’école, avec parfois un choix limité de postes et/ou éloignés de leur domicile, ou des directeurs qui vont peut-être voir leur temps de décharge diminuer.

L’impact humain, pour les élèves et les personnels est inévitable.

Les collègues doivent faire avec les moyens du bord et même moins, souvent.

En effet, gérer une classe aujourd’hui est de plus en plus complexe, en particulier avec les inclusions scolaires bien souvent problématiques.

Supprimer des postes, ce n’est pas seulement fermer des classes ou des écoles, et contraindre des collègues à changer d’établissement, c’est devoir choisir si l’on ouvre plutôt un poste de titulaire-remplaçant, un poste RASED ou un dispositif ULIS, alors que nous manquons cruellement des trois.

Si notre ministère se montre réactif pour supprimer des postes, il l’est moins pour anticiper les besoins face à la croissance continue d’élèves en situation d’inclusion, et plus généralement d’élèves à besoins particuliers, d’où ce manque criant d’AESH, mais aussi de psychologues et d’enseignants spécialisés.

Faute de moyens l’inclusion n’est pas à la hauteur de ce que chacun pourrait attendre : élèves, familles, collègues.

Par ailleurs, les problèmes récurrents de non-remplacement de collègues en congé maladie ou de ceux désirant participer à des formations montrent que les moyens humains ne sont pas à la hauteur des besoins.

Le SNALC rappelle que lorsqu’un enseignant n’est pas remplacé, les effectifs peuvent rapidement augmenter, une réalité de terrain occultée par les moyennes nationales.

Les moyens humains seront encore moins à la hauteur si chaque rentrée s’accompagne de fermetures de classes.

Mais l’amélioration de nos conditions d’enseignement et le bien-être de chaque élève n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

Le Snalc de Corse réaffirme avec conviction qu’une démographie en baisse ne légitime pas l’accélération de l’abandon du service public d’éducation, dans n’importe quel territoire.

Elle est, au contraire, une opportunité pour l’avenir.