La hausse des prix du carburant, consécutive au blocage du détroit d’Ormuz, pourrait conduire, si rien n’est fait, à la fermeture de nombreuses stations-service corses, à l’exception des stations Total qui bénéficient d’une mesure nationale de plafonnement. Cette alerte, lancée par les distributeurs de carburant de l’île auprès des pouvoirs publics, a été relayée, dans un communiqué, par le Collectif des Ordres et Organisations consulaires et professionnelles de Corse, regroupant les organisations économiques de l’île, - la CCI, la chambre d’agriculture, la Chambre des métiers, les fédérations d’entreprises, de transport, des buralistes, de l’artisanat, le BTP, l’UMIH, ou encore les grandes enseignes de distribution. Les distributeurs de carburant estiment que « les conséquences du conflit en Iran et dans les pays du Golfe, avec une hausse massive et imminente des prix à la pompe les conduira à cesser leurs activités dans les jours qui viennent si une solution globale et équilibrée n’était pas mise en place ». Ils craignent « des hausses prévisibles de l’ordre de 50 centimes le litre, sur des prix déjà élevés, soit des niveaux jamais atteints, sans qu’il puisse être discerné un horizon de retour à un tarif acceptable ». Ils lancent, donc, un appel urgent aux pouvoirs publics et aux responsables politiques « afin de créer les conditions d’une régulation et la mise en place de mesures de protection, tant de leurs propres activités, que des consommateurs, sans laquelle une crise grave et durable viendra impacter l’ensemble de l’île ».
Un dérapage de prix
Le Collectif a été reçu, lundi après-midi, par le préfet de Haute-Corse. « Nous étions avec Jean Dominici en réunion avec le Préfet qui a pris en compte nos inquiétudes sur la situation immédiate de la hausse des prix du carburant et de son impact sur tous les socio- professionnels, que ce soit le monde agricole, économique…, mais aussi sur toute la société corse. L’impact sera d’autant plus grand qu’en Corse, il n’y a pas de transport en commun. Il est sûr qu’en tant qu’agriculteurs, nous sommes inquiets au départ de la production, mais aussi au niveau de l’exportation, ou même du transport dans l’île puisque les tarifs vont exploser », explique Jean-Baptiste Arena, président de la Chambre régionale d’agriculture. En précisant : « À la sortie de cette réunion, j’ai contacté le député Michel Castellani qui fait partie de la Commission des finances de l’Assemblée nationale pour qu’il puisse plaider notre cause à Bercy ». Le député Castellani a immédiatement rencontré le ministre de l’économie, Roland Lescure : « Je suis intervenu directement auprès de Roland Lescure. Il est important que Total ait en Corse une politique commerciale qui permet le maintien du prix de l’essence à 2,10 €. J’ai la promesse de Bercy d’une action immédiate, dont j’espère qu’elle sera suivie d’effet. Mais le marché pétrolier est un marché mondial très spéculatif et très difficile à maîtriser. Il y a un très gros danger de dérapage du prix de l’essence qui pourrait atteindre 2,70 €. Je comprends l’inquiétude des gens, le prix de l’essence est une variable énorme pour le niveau de vie de la population, j’essaye de les défendre au mieux et d’agir en permanence pour améliorer les choses autant que possible et le mieux possible, pour minimiser la casse ».
Un bouclier de proximité
Cette escalade de prix inquiète également les organisations syndicales. L’U2P, qui représente les artisans, les commerçants et les professionnels libéraux, affirme qu’elle constitue « une menace directe pour la survie de nos TPE et le pouvoir d'achat des familles corses ». Et parle d’une onde de choc sur trois fronts : les entreprises rurales où « le véhicule est l'unique outil de travail », les chantiers et livraisons menacés par l’explosion des coûts, les salariés contraints de parcourir de longues distances pour rejoindre leur emploi « Travailler ne doit pas coûter plus cher que ce que l’on gagne. Cette hausse ampute violemment le panier de la ménagère corse ». Le syndicat patronal demande notamment au gouvernement la mise ne place d’un bouclier de proximité avec une baisse immédiate et temporaire des taxes sur le carburant et un soutien massif aux alternatives durables : « protéger le prix à la pompe, c’est protéger l’emploi local, c’est maintenir nos services de proximité et c’est garantir que la transition écologique ne se fasse pas sur le dos des plus fragiles ».
Une condamnation sociale
De son côté, le STC rappelle que cette hausse ne fait qu’aggraver une situation structurellement pénalisante. « Le prix du carburant a désormais dépassé les 2 € le litre dans de nombreuses stations… Pour les ménages les plus dépendants de leur véhicule, cela représente jusqu’à 1 800 € de budget annuel consacré au carburant ». Il exige « une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants en Corse, la mise en place d’un mécanisme de régulation des prix, une véritable protection du pouvoir d’achat et la fin d’un système qui pénalise structurellement notre peuple ». La CGT de Haute-Corse insiste sur l’impact social de cette hausse dans une île « asphyxiée par la vie chère » qui a déjà « le pouvoir d'achat le plus bas de France », où « 75 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté et plus de 120 000 salariés touchent à peine le SMIC ». Face à ce qu’il considère comme « une condamnation sociale » pour les travailleurs et les retraités, le syndicat réclame « le blocage immédiat des prix des carburants et du gaz sur l'ensemble du territoire insulaire, l'augmentation générale des salaires et des pensions, la revalorisation de la prime de transport et de l'ITRC pour tous les salariés contraints d'utiliser leur véhicule personnel. Un plan d'urgence pour les transports publics en Haute-Corse afin de briser la dépendance au tout-voiture ».
N.M.
Un dérapage de prix
Le Collectif a été reçu, lundi après-midi, par le préfet de Haute-Corse. « Nous étions avec Jean Dominici en réunion avec le Préfet qui a pris en compte nos inquiétudes sur la situation immédiate de la hausse des prix du carburant et de son impact sur tous les socio- professionnels, que ce soit le monde agricole, économique…, mais aussi sur toute la société corse. L’impact sera d’autant plus grand qu’en Corse, il n’y a pas de transport en commun. Il est sûr qu’en tant qu’agriculteurs, nous sommes inquiets au départ de la production, mais aussi au niveau de l’exportation, ou même du transport dans l’île puisque les tarifs vont exploser », explique Jean-Baptiste Arena, président de la Chambre régionale d’agriculture. En précisant : « À la sortie de cette réunion, j’ai contacté le député Michel Castellani qui fait partie de la Commission des finances de l’Assemblée nationale pour qu’il puisse plaider notre cause à Bercy ». Le député Castellani a immédiatement rencontré le ministre de l’économie, Roland Lescure : « Je suis intervenu directement auprès de Roland Lescure. Il est important que Total ait en Corse une politique commerciale qui permet le maintien du prix de l’essence à 2,10 €. J’ai la promesse de Bercy d’une action immédiate, dont j’espère qu’elle sera suivie d’effet. Mais le marché pétrolier est un marché mondial très spéculatif et très difficile à maîtriser. Il y a un très gros danger de dérapage du prix de l’essence qui pourrait atteindre 2,70 €. Je comprends l’inquiétude des gens, le prix de l’essence est une variable énorme pour le niveau de vie de la population, j’essaye de les défendre au mieux et d’agir en permanence pour améliorer les choses autant que possible et le mieux possible, pour minimiser la casse ».
Un bouclier de proximité
Cette escalade de prix inquiète également les organisations syndicales. L’U2P, qui représente les artisans, les commerçants et les professionnels libéraux, affirme qu’elle constitue « une menace directe pour la survie de nos TPE et le pouvoir d'achat des familles corses ». Et parle d’une onde de choc sur trois fronts : les entreprises rurales où « le véhicule est l'unique outil de travail », les chantiers et livraisons menacés par l’explosion des coûts, les salariés contraints de parcourir de longues distances pour rejoindre leur emploi « Travailler ne doit pas coûter plus cher que ce que l’on gagne. Cette hausse ampute violemment le panier de la ménagère corse ». Le syndicat patronal demande notamment au gouvernement la mise ne place d’un bouclier de proximité avec une baisse immédiate et temporaire des taxes sur le carburant et un soutien massif aux alternatives durables : « protéger le prix à la pompe, c’est protéger l’emploi local, c’est maintenir nos services de proximité et c’est garantir que la transition écologique ne se fasse pas sur le dos des plus fragiles ».
Une condamnation sociale
De son côté, le STC rappelle que cette hausse ne fait qu’aggraver une situation structurellement pénalisante. « Le prix du carburant a désormais dépassé les 2 € le litre dans de nombreuses stations… Pour les ménages les plus dépendants de leur véhicule, cela représente jusqu’à 1 800 € de budget annuel consacré au carburant ». Il exige « une baisse immédiate de la fiscalité sur les carburants en Corse, la mise en place d’un mécanisme de régulation des prix, une véritable protection du pouvoir d’achat et la fin d’un système qui pénalise structurellement notre peuple ». La CGT de Haute-Corse insiste sur l’impact social de cette hausse dans une île « asphyxiée par la vie chère » qui a déjà « le pouvoir d'achat le plus bas de France », où « 75 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté et plus de 120 000 salariés touchent à peine le SMIC ». Face à ce qu’il considère comme « une condamnation sociale » pour les travailleurs et les retraités, le syndicat réclame « le blocage immédiat des prix des carburants et du gaz sur l'ensemble du territoire insulaire, l'augmentation générale des salaires et des pensions, la revalorisation de la prime de transport et de l'ITRC pour tous les salariés contraints d'utiliser leur véhicule personnel. Un plan d'urgence pour les transports publics en Haute-Corse afin de briser la dépendance au tout-voiture ».
N.M.
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