Originaire de Montélimar, Virginie Guillaume, sait de quoi elle parle puisque, la précarité, l’isolement elle connaît après une adolescence chaotique, marquée par une vie dans la rue durant près de 10 ans avec ses deux chiens. Une expérience qui aurait pu définitivement la marginaliser ou la casser ; bien au contraire ; elle a fait de son expérience passée une force… au service de l’autre !
Et pour cause puisque arrivée en Corse par un choix consenti il y a 25 ans, elle a su rebondir en embrassant la carrière de travailleuse sociale. Dotée naturellement d’un sens aigu de l’empathie, de bienveillance, de bonté et de cette abnégation que requiert tout particulièrement le milieu du social, son métier qui lui semblait destiné était en fait une vocation. Combattive, débrouillarde, impliquée, dès son arrivée à Corte, son immersion au sein de la population lui a permis d’apprendre le corse, le parler et l’écrire aussi « de manière à être plus proche des publics défavorisés des villages », dit-elle, et de rajouter fièrement : « sò corsa, mi sentu fiera oghje d’esse corsa ; je ne me pointe pas dans les zones isolées avec le sentiment d’être une « furestera » et les personnes que je rencontre le sentent bien ».
« L’administratif dans le social se nourrit et d’empathie et d’humanisme », souligne-t-elle et c’est dans les villages que les gens ont le plus besoin d’être aidés pour des démarches en ligne, sachant qu’aujourd’hui, tout ou presque se fait sur la toile, tout est de plus en plus informatisé et les personnes âgées dont les pensions excèdent rarement le SMIC, n’ont pas d’internet, n’ont pas de smartphone, tout au plus des vieux téléphones à clapet. C’est pour cette raison qu’en 2025, la CPAM de la Haute-Corse a ouvert un appel d’offres pour mener une mission appelée « Le café des droits itinérants » : il s’agissait en l’occurrence d’aller à la rencontre des publics coupés du monde « moderne » afin de les informer de leurs droits élémentaires comme les allocations familiales, le RSA ou encore la prime d’activité. Un marché remporté alors par l'ALIS tandis que Virginie fut chargée de mener à bien cette mission. Et Virginie poursuit d'ailleurs cette mission à titre personnel. Elle en a fait son cheval de bataille et nous ne doutons pas un instant de la sincérité de son implication… humaine puisque c'est de manière bénévole qu'elle va à la rencontre de ces publics qui ont besoin d'être informés de leurs droits.
« L’Etat dit que la moitié des français ne font pas cette demande légale. Malheureusement et sur le terrain, la réalité est toute autre et nous voyons très bien que les gens ne sont pas au courant et c’est bien là notre rôle de les informer de leurs droits. Il existe en revanche l’Accès à l’Aide Numérique dans les mairies, mais uniquement dans les grandes villes. C’est une bonne chose aussi, mais il faut savoir que la plupart du temps les personnes chargées de ces accès ne sont pas formées et ne sont pas au fait des diverses démarches à réaliser et renvoient les demandeurs vers un travailleur social ou des endroits dédiés comme l’ADIS ou les CCAS pour répondre à des demandes précises », détaille Virgine Guillaume qui regrette que beaucoup de personnes n’aillent pas plus fréquemment et plus naturellement vers les travailleurs sociaux, soit parce qu’ils ont eu une mauvaise expérience, soit par peur de déranger, soit par pudeur tout simplement car, les Corses sont fiers, et la précarité reste un sujet très tabou où les difficultés financières sont juste murmurées.
« C'est mon devoir de permettre l’accès aux droits à tous »
Alors elle n’hésite pas à aller vers ces publics défavorisés qu’elle rencontre dans les villages, dans les bars, après avoir demandé l’accord au patron qui lui consent un petit espace qui, en fait, est un pas de géant pour l’humanité. « C’est le bouche-à-oreille essentiellement et malheureusement qui me permet de rendre service. C’est aussi le facteur du village qui m’indique que telle ou telle personne a besoin de moi et je vais vers eux, en toute simplicité avec cette main-tendue lorsque je vais à leur rencontre, les engager à m’ouvrir leurs difficultés, les convaincre de monter les dossiers et les suivre jusqu’à leur aboutissement », poursuit celle qui est devenue aujourd’hui "secrétaire bénévole au service des autres" pour tout ce qui touche aux démarches administratives, au social. Un travail pour lequel elle devrait être rémunérée, mais bien évidemment son altruisme prend le dessus « car j’estime que c’est mon devoir de permettre l’accès aux droits à tous ».
Parallèlement à cette activité pour laquelle elle s’investit au détriment de sa vie de famille, Virginie Guillaume prépare une formation spécialisée pour intégrer A Scalinata, à Bastia, qui est une maison d’enfance à caractère social pour les jeunes de 13 à 17 ans dont les parents sont démissionnaires. Son objectif premier est de devenir éducatrice spécialisée en faveur de ces jeunes. Une mission supplémentaire pour tenter de palier le besoin criant d’aides aux populations défavorisées puisque l’Etat est défaillant et a même diminué les aides aux associations impliquées dans le domaine social.
Pour Virginie Guillaume l’aide sociale ne doit pas se résumer à une antenne dans les mairies des grandes communes mais s’ouvrir davantage aux petites communes de manière égalitaire dans le suivi social. Selon elle, les secrétaires de mairie des petits villages devraient être formées à l’aide à la personne dans les domaines des démarches administratives et surtout du social. Une travailleuse sociale dont beaucoup de personnes âgées et de jeunes en difficulté qui la décrivent comme « un ange » dans leur misère ; beaucoup sont d’ailleurs bien en deçà du seuil de pauvreté avec des pensions dérisoires, ne leur permettant ni de se chauffer ni de faire deux repas par jour, « et ça, c’est chez nous aussi, en Corse », rajoute Virginie qui s’interroge également sur l’attribution des logements sociaux qui pose problème … ».
« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », nous dirait Victor Hugo.
Gilda Emmanuelli et Mario Grazi
Et pour cause puisque arrivée en Corse par un choix consenti il y a 25 ans, elle a su rebondir en embrassant la carrière de travailleuse sociale. Dotée naturellement d’un sens aigu de l’empathie, de bienveillance, de bonté et de cette abnégation que requiert tout particulièrement le milieu du social, son métier qui lui semblait destiné était en fait une vocation. Combattive, débrouillarde, impliquée, dès son arrivée à Corte, son immersion au sein de la population lui a permis d’apprendre le corse, le parler et l’écrire aussi « de manière à être plus proche des publics défavorisés des villages », dit-elle, et de rajouter fièrement : « sò corsa, mi sentu fiera oghje d’esse corsa ; je ne me pointe pas dans les zones isolées avec le sentiment d’être une « furestera » et les personnes que je rencontre le sentent bien ».
« L’administratif dans le social se nourrit et d’empathie et d’humanisme », souligne-t-elle et c’est dans les villages que les gens ont le plus besoin d’être aidés pour des démarches en ligne, sachant qu’aujourd’hui, tout ou presque se fait sur la toile, tout est de plus en plus informatisé et les personnes âgées dont les pensions excèdent rarement le SMIC, n’ont pas d’internet, n’ont pas de smartphone, tout au plus des vieux téléphones à clapet. C’est pour cette raison qu’en 2025, la CPAM de la Haute-Corse a ouvert un appel d’offres pour mener une mission appelée « Le café des droits itinérants » : il s’agissait en l’occurrence d’aller à la rencontre des publics coupés du monde « moderne » afin de les informer de leurs droits élémentaires comme les allocations familiales, le RSA ou encore la prime d’activité. Un marché remporté alors par l'ALIS tandis que Virginie fut chargée de mener à bien cette mission. Et Virginie poursuit d'ailleurs cette mission à titre personnel. Elle en a fait son cheval de bataille et nous ne doutons pas un instant de la sincérité de son implication… humaine puisque c'est de manière bénévole qu'elle va à la rencontre de ces publics qui ont besoin d'être informés de leurs droits.
« L’Etat dit que la moitié des français ne font pas cette demande légale. Malheureusement et sur le terrain, la réalité est toute autre et nous voyons très bien que les gens ne sont pas au courant et c’est bien là notre rôle de les informer de leurs droits. Il existe en revanche l’Accès à l’Aide Numérique dans les mairies, mais uniquement dans les grandes villes. C’est une bonne chose aussi, mais il faut savoir que la plupart du temps les personnes chargées de ces accès ne sont pas formées et ne sont pas au fait des diverses démarches à réaliser et renvoient les demandeurs vers un travailleur social ou des endroits dédiés comme l’ADIS ou les CCAS pour répondre à des demandes précises », détaille Virgine Guillaume qui regrette que beaucoup de personnes n’aillent pas plus fréquemment et plus naturellement vers les travailleurs sociaux, soit parce qu’ils ont eu une mauvaise expérience, soit par peur de déranger, soit par pudeur tout simplement car, les Corses sont fiers, et la précarité reste un sujet très tabou où les difficultés financières sont juste murmurées.
« C'est mon devoir de permettre l’accès aux droits à tous »
Alors elle n’hésite pas à aller vers ces publics défavorisés qu’elle rencontre dans les villages, dans les bars, après avoir demandé l’accord au patron qui lui consent un petit espace qui, en fait, est un pas de géant pour l’humanité. « C’est le bouche-à-oreille essentiellement et malheureusement qui me permet de rendre service. C’est aussi le facteur du village qui m’indique que telle ou telle personne a besoin de moi et je vais vers eux, en toute simplicité avec cette main-tendue lorsque je vais à leur rencontre, les engager à m’ouvrir leurs difficultés, les convaincre de monter les dossiers et les suivre jusqu’à leur aboutissement », poursuit celle qui est devenue aujourd’hui "secrétaire bénévole au service des autres" pour tout ce qui touche aux démarches administratives, au social. Un travail pour lequel elle devrait être rémunérée, mais bien évidemment son altruisme prend le dessus « car j’estime que c’est mon devoir de permettre l’accès aux droits à tous ».
Parallèlement à cette activité pour laquelle elle s’investit au détriment de sa vie de famille, Virginie Guillaume prépare une formation spécialisée pour intégrer A Scalinata, à Bastia, qui est une maison d’enfance à caractère social pour les jeunes de 13 à 17 ans dont les parents sont démissionnaires. Son objectif premier est de devenir éducatrice spécialisée en faveur de ces jeunes. Une mission supplémentaire pour tenter de palier le besoin criant d’aides aux populations défavorisées puisque l’Etat est défaillant et a même diminué les aides aux associations impliquées dans le domaine social.
Pour Virginie Guillaume l’aide sociale ne doit pas se résumer à une antenne dans les mairies des grandes communes mais s’ouvrir davantage aux petites communes de manière égalitaire dans le suivi social. Selon elle, les secrétaires de mairie des petits villages devraient être formées à l’aide à la personne dans les domaines des démarches administratives et surtout du social. Une travailleuse sociale dont beaucoup de personnes âgées et de jeunes en difficulté qui la décrivent comme « un ange » dans leur misère ; beaucoup sont d’ailleurs bien en deçà du seuil de pauvreté avec des pensions dérisoires, ne leur permettant ni de se chauffer ni de faire deux repas par jour, « et ça, c’est chez nous aussi, en Corse », rajoute Virginie qui s’interroge également sur l’attribution des logements sociaux qui pose problème … ».
« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », nous dirait Victor Hugo.
Gilda Emmanuelli et Mario Grazi
-
Météo : La Corse en vigilance jaune "vent"
-
Medhi Merghem avant SC Bastia-Troyes - : "Très fier d’être arrivé ici et de porter ce maillot. Je sais le poids qu’il y a derrière"
-
François Filoni (RN) a présenté sa liste "Gagner Pour Ajaccio"
-
A Mandrialinca - La victoire et le record de l'épreuve pour Axel Narbonne-Zuccarelli
-
Frédéric Ferrandez (GFC Ajaccio Volley) : « On a été dominés par une belle équipe de Toulouse »









Envoyer à un ami
Version imprimable




