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Corse, palais d'été


Rédigé par Jacques RENUCCI le Dimanche 29 Juillet 2018 à 10:46 | Modifié le Dimanche 29 Juillet 2018 - 11:16


De nombreux magazines vantent la Corse estivale, et les célébrités ne s'y trompent pas : c'est là qu'il faut être !


Corse, palais d'été

C'est dur d'être une destination que l'on dit à la mode !
On ne s'y fait pas facilement, d'autant plus lorsque l'on sait que, du jour au lendemain, on peut être jeté en pâture à l'opinion publique pour les mêmes motifs qui avaient créé une délicieuse originalité.
Trop d'authenticité, c'est parfois dangereux !
Durant des siècles, nous n'avons demandé à cette terre parcimonieuse que ce qu'elle pouvait nous donner. Pas davantage.
Aujourd'hui, nous recevons des leçons d'exigence, il paraît que c'est en partie cela la modernité.
 
Depuis quelques années, il ne se passe pas d'été sans que les hebdomadaires nationaux ne présentent à leurs lecteurs des numéros spéciaux sur la Corse estivale, où des envoyés spéciaux eux aussi régurgitent la soupe touristique qu'ils sont venus avaler quelques semaines auparavant.
Photos magnifiques, textes aguicheurs : nous le savons, nous avons la chance, une chance que nous ne mesurerons jamais assez, de vivre dans le plus beau pays du monde, une île paradisiaque.
Qui a dit qu'on y souffrait, qu'on y tuait, qu'on y côtoyait la misère et la solitude ? Sûrement pas les marchands de papier, encore moins les marchands de soleil...

La Corse est une carte postale, entourés de « coups cœur » et d'« adresses sympas » à n'en plus finir. Nous disposons de « séjours de rêve » pour les plus fortunés, et pour les autres de la charmante polyphonie des « petits » : petit vin, petite table, petit hôtel, petite plage... On s'arrête là avant d'être vulgaire, le soleil élargissant le champ des permissivités.
A chaque fois, pour étayer des avis forcément autorisés, le magazine invite quelques bonnes âmes du cru qui, ronronnant de plaisir, distillent les huiles essentielles de l'insularité et de la corsitude. Entre l'AOC vin, l'AOC charcuterie, l'AOC miel, l'AOC brocciu, on martèle les cerveaux à coups d'authenticité durement gagnée.

Cette consécration a une contrepartie : la Corse, on l’a déjà écrit et cela se vérifie de plus en plus, est devenue une terre d’asile pour des célébrités de toute grandeur, de toute nature, de tout QI et, il faut bien le dire, de toute morale.
Chanteurs et chanteuses, acteurs, vedettes de la téléréalité, philosophes mondains, présentateurs d’émissions à succès, romanciers, journalistes, starlettes, hommes politiques, ringards ou non, ils se faufilent, dans un monde de démocratie vacancière, entre les camping cars en cours de vidange et les touristes désargentés qui partagent une pizza en huit.

Qu’ils soient venus pour s’installer, en martelant avec naïveté leur appartenance à une communauté de destin à laquelle ils sont seuls à croire, ou pour se détendre du stress de la surmédiatisation et du pénible travail d’être célèbre, ils ont tous un point commun : aucun n’est venu jeter l’ancre dans nos baies ensoleillées par hasard. Dans l’harmonie de l’occupation du sol corse, il y avait des cases vides, comme prédestinées. La puissance divine les réservait à ses proches, voilà tout.
Ceux-là nous aimaient sans nous connaître, ils savaient qu’on nous faisait des mauvais procès. Ils ont donc débarqué avec leur parole de justice, en forme de sophisme : les people aiment les gens accueillants, or ils se rendent chez les Corses, donc les Corses sont accueillants.
Imparable.




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