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Corse du Sud – 1ère circonscription : Laurent Marcangeli dans un fauteuil face à Romain Colonna


Nicole Mari le Dimanche 12 Juin 2022 à 21:16

Sans surprise. C’est le maire d’Aiacciu, Laurent Marcangeli, qui prend largement la tête du 1er tour des élections législatives dans la 1ère circonscription de Corse du Sud, avec 33,70% des votants et une nette avance de 16 points. C’est finalement Romain Colonna qui décroche la qualification avec 17,48 % des voix. L’autre nationaliste, Jean-Paul Carrolaggi fait jeu égal avec la candidat RN, Nathalie Antona, à 12,69% des voix. Là encore, le RN, qui avait largement dominé les présidentielles, crée la surprise. Le taux d’abstention culmine à 54% comme en 2017.



Laurent Marcangeli dans un fauteuil face à Romain Colonna
Laurent Marcangeli dans un fauteuil face à Romain Colonna
Le résultat ne faisait pas vraiment de doute. Le maire d’Aiacciu, président de la CAPA (Communauté dagglomération du pays ajaccien) et président du groupe de droite à l’Assemblée de Corse, Laurent Marcangeli, soutenu par Ensemble, domine largement ce 1er tour dans la 1ère circonscription de Corse du Sud. Avec 33,70 % des suffrages, soit 7972 voix, il est le seul à franchir allègrement le seuil des 12,5% des inscrits. S’il reste quasiment stable par rapport à 2017 et au score de son dauphin d’alors, Jean-Jacques Ferrara, qu’il a évincé pour ce scrutin, il creuse l’écart avec une avance nette de 3837 voix et de 16 % sur son challenger, Romain Colonna. Un score largement conforté sur Ajaccio où le candidat de la majorité présidentielle rafle 36,51% des suffrages, soit 4129 voix. Il caracole en tête, là aussi, avec plus de 2596 voix davance, ainsi que dans la majeure partie des communes de la CAPA. « C’est une grande gratitude et une grande satisfaction », réagit le maire d’Aiacciu, saluant « un résultat particulièrement important ». Il affirme vouloir aborder le second tour, « avec humilité et détermination ». Il s’avère être le seul candidat macroniste à pouvoir gagner une élection dans l’île avec une telle investiture.
 
La poussée nationaliste
Si le nom du favori était connu davance, le suspense a été total jusqu’au bout concernant son challenger. Cest finalement le candidat de Femu a Corsica, Romain Colonna, qui décroche sa qualification pour le 2nd tour avec 17,48 % des suffrages, soit 4135 voix, contre 12,69 %, soit 3002 voix pour l’autre candidat nationaliste, Jean-Paul Carrolaggi. Si ce dernier, soutenu par Corsica Libera et le PNC, recule nettement par rapport à 2017 où il était le candidat de l’union Pè a Corsica, le cumul des voix nationalistes affiche une nette progression en 5 ans. Avec 7138 voix cumulées contre 4859 en 2017, les Nationalistes engrangent 2279 voix supplémentaires et frôle les 30%. « Je suis très heureux aussi, parce que les voix nationalistes sont en nette progression, tandis que Laurent Marcangeli ne progresse pas par rapport aux voix de Jean-Jacques Ferrara. Si on prend les voix de Jean-Paul Carrolaggi, Michel Mozziconacci et moi-même, à nous trois, nous sommes devant », se réjouit Romain Colonna. Pour lui, « le jeu reste ouvert. Il convient à présent de réunir toute la famille nationaliste ». Une analyse partagée par Jean-Paul Carrolaggi qui ne cache pas sa déception d’avoir, une fois encore, raté le podium : « Le score de Laurent Marcangeli n'est pas très élevé. Vu le peu d'électeurs qui se sont déplacés, on aurait pu penser qu'il mobiliserait plus. 34% pour le maire d'Ajaccio, ce n'est pas beaucoup ». Michel Mozziconacci, qui se présentait pour la première fois et sans étiquette, a recueilli 9,27% des suffrages, soit 2193 voix. Un joli coup d’essai pour le président de l'ordre régional des médecins qui jouit d’une notoriété certaine.
 
L’implantation RN
Comme dans toutes les autres circonscriptions de Corse, les candidats du Rassemblement national (RN) affichent des scores inattendus. On pensait que, comme en 2017, la vague Marine Le Pen, qui avait submergé les communes urbaines et péri-urbaines lors du 1er tour des présidentielles, refluerait brutalement pour les législatives. Si les scores ne sont pas de la même ampleur, la candidate du RN, Nathaly Antona, s’offre la troisième place et fait jeu ex-aequo avec le nationaliste Jean-Paul Carrolaggi. Avec 12,69% et 3003 voix, le FN progresse légèrement par rapport à 2017. « Un résultat encourageant », commente Nathaly Antona. « Nous allons continuer à travailler, à rencontrer des gens et les défendre, à porter notre message pour l'avenir et notre projet pour cette île ». Si on y ajoute les 3,12% réalisés par Reconquête dont le candidat, David Quintela, a été parachuté des Alpes Maritimes, pour des raisons de financement de parti, l’Extrême-droite atteint presque 16% dans la circonscription. Le RN réunira ses candidats et se positionnera publiquement mercredi pour le 2nd tour. Reste à savoir également ce que fera la gauche qui se présentait en ordre dispersé, faute d’accord NUPES entre le Parti communiste (PCF), la France Insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) qui n’ont pas réussi en Corse à se mettre d’accord. Les scores obtenus sont en deçà de 2017. « C’est un résultat décevant » reconnait Robin de Mari qui faisait son baptême du feu avec LFI. Il a totalisé 5,41% des suffrages contre 6,87% en 2017 avec Jacques Casamarta.
 
Record dabstention !
La clé de ce premier tour, comme du second, est un taux dabstention record qui atteint 53,74% sur la circonscription. Plus dun électeur sur deux, soit 28 066 électeurs sur 52 261 inscrits, a boudé les urnes. La démobilisation de l’électorat, observée en 2017 et confirmée lors des présidentielles, saccentue en zone urbaine et péri-urbaine. Traduit-elle la lassitude des scrutins à répétition, le désintérêt dune élection législative, que lon disait jouée davance, et qui na pas passionné les foules, ou encore un malaise plus profond ? Quoiquil en soit, elle affecte toutes les circonscriptions, tous les partis et tous les candidats. Lenjeu, pour les deux qualifiés, est tout à la fois de négocier le report des voix et de faire la chasse aux abstentionnistes. Et comme il n’est guère certain que les Nationalistes arriveront à s’entendre, Laurent Marcangeli, qui jouit dune confortable avance et de toute la machine de guerre de la droite ajaccienne, reste le grand favori. 
 
N.M.

















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