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Corse : Les foires de l'optimisme


Rédigé par Jacques RENUCCI le Samedi 22 Septembre 2018 à 17:30 | Modifié le Samedi 22 Septembre 2018 - 16:01


Le succès des rassemblements autour de la proposition agro-alimentaire et de l'artisanat témoigne de l'intérêt des Corses pour les produits de leur île


Corse : Les foires de l'optimisme

Cet été, peut-être encore plus que précédemment, les foires rurales ont eu du succès, comme si elles participaient de la maîtrise de son destin par l'agriculture corse. Il ne s'agit plus de gérer une agonie dans le mouroir des subventions à la petite semaine, mais de la faire renaître sur des bases solides, et elle trouve dans ses rendez-vous programmés avec la population des encouragements réels. Elle en a bien besoin.


En effet, s'il existe un domaine déstructuré, qui n'a pas su évoluer dans un mouvement d'ensemble vers les enjeux de la modernité, c'est bien celui-là, dont les quelques réussites rendent plus flagrants les échecs. Morcelé, en proie à des intérêts contradictoires, il a survécu sur fond d'injustices et de ressentiments.Jean-Jacques Rousseau jugeait le travail de la terre «  le premier et le plus respectable des arts ». En Corse, on n'en est pas là. Le registre est plutôt celui de la survie. L'agriculture insulaire , comme dirait l'autre, vit son quotidien au jour le jour. Au-delà des analyses conjoncturelles et des plans de relance, il sera primordial de faire admette, une fois pour toutes, l'importance d'une activité trop souvent dénigrée, et cela depuis longtemps, bien avant que l''île ne devienne un paradis de fonctionnaires. Bref, les Corses doivent, sinon aimer leurs agriculteurs, du moins avoir confiance en eux.


Les foires, avec des lieux d'implantation diversifiés à travers le territoire et une vitalité qui fait plaisir à voir, vont dans le sens de cette réhabilitation. Du rural profond au périurbain, du bord de mer aux extrêmes carrefours du sous-développement, les occasions de juger sur pièces la production insulaire bourgeonnent et foisonnent – pour le plus grand plaisir des touristes que des échanges agréables font sortir du train-train vacancier..


Il y a quelques années, on entendait des voix qui dénonçaient le manque de racines de certaines de ces manifestations et leur caractère commercial trop affiché. Il y avait les foires traditionnelles, un point c'est tout, et l'histoire avait définitivement fixé leurs dates, qui correspondaient à des événements précis de la vie agropastorale d'antan. Aujourd'hui, qu'elles soient thématiques ou généralistes, les foires reçoivent un accueil unanimement favorable, et n'ont pas à fournir on ne sait quelles preuves d'authenticité identitaire.


Elles témoignent du goût des Corses pour se rassembler en des occasions autres que funèbres. Mieux que des statistiques, elles manifestent une sorte d'optimisme fondé sur des valeurs de reconnaissance. Ce retour du festif ne peut être reçu que de manière positive. Qu'importe une organisation parfois hasardeuse, des prix souvent exorbitants... Se rencontrer, être ensemble, cela n'a pas à être labellisé, sinon en référence à la convivialité de base.


Mais ces rassemblements ne signifient pas seulement un retour aux plaisirs simples. Celui qui se rend sur le site avec l'intention d'acheter sait que la qualité sera au rendez-vous. La qualité et le choix. L'émergence des foires récentes, et la nouvelle jeunesse des anciennes, marquent en effet la vitalité des filières de production, comme celle de l'innovation créatrice et du savoir-faire. Tout se passe comme si le secteur agricole, et son voisin proche le monde artisanal, avaient anticipé sur le redressement qu'on leur promet depuis des lustres. Chacun y met du sien, et c'est très bien.
 





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