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Christelle Combette : « Les Nationalistes n’ont pas le monopole de la vertu et de l’éthique »


Nicole Mari le Vendredi 20 Décembre 2019 à 14:52

Placer l’éthique et la déontologie au cœur de l’action et des pratiques de la Collectivité de Corse, personne dans l’hémicycle de l’Assemblée n’y a trouvé à redire sur les principes. Le rapport, présenté par le président de l’Exécutif, entend répondre à une « exigence conforme à l’attente des citoyens, des élus et des fonctionnaires ». Adopté à l’unanimité, il acte un engagement commun à prévenir la corruption et à définir, avant juin 2020, une charte, un plan d’action, l’évaluation des actions entreprises et une procédure pour protéger les lanceurs d’alerte, conformément à la Loi Sapin II. Le groupe Per L’Avvene, par la voix de Christelle Combette, n’a pas caché son scepticisme. Remettant en cause la fameuse « Maison de cristal » chère aux Nationalistes, elle leur demande de jouer collectif.




Christelle Combette, conseillère territoriale du groupe de droite Per L'Avvene. Photo Michel Luccioni.
Christelle Combette, conseillère territoriale du groupe de droite Per L'Avvene. Photo Michel Luccioni.
- Comment réagissez-vous au rapport présenté par l'Exécutif sur l'éthique et la déontologie ? Etes-vous d'accord sur les principes proposés ?
- Sur le principe, comment remettre en cause la consécration de principes tels que l’éthique ou la déontologie ? C'est ce qui sous-tend toute démarche citoyenne et collective. Vous ne trouverez pas d'élus dans l'Assemblée qui les remettent en cause. En revanche, du concept à sa concrétisation, il y a parfois un décalage...
 
- Vous semblez réservée sur ce sujet. Pourquoi ?
- Ce n'est pas une réserve. Mais il faut garder à l’esprit que ce n’est pas un sujet facile dans lequel la puissance publique n’a pas forcément tous les leviers. Les initiatives évoquées dans le rapport renvoient surtout à des adhésions à des chartes nationales ou européennes qui n'ont aucune valeur normative, ou à la satisfaction d’obligations réglementaires comme la déclaration de patrimoine qui ne concerne pas que les autorités régionales, mais aussi les parlementaires, les maires au-delà d’un certain seuil, ou, avant 2017, le Président du conseil départemental. 
 
- Vous avez déposé deux amendements. De quoi s'agit-il ?
- Le premier visait à élargir le champ des mécanismes de prévention. Le rapport semble se concentrer sur les phénomènes de corruption, où l’on imagine une collusion entre entreprises et élus dans un sens ascendant. Or, et c’est un sujet peu évoqué à l’exception de rares sujets dans les médias suite à des plaintes ayant fait l’objet de procédures judiciaires, les phénomènes d’extorsion ou tentatives d'extorsion de fonds sont tous aussi néfastes et préoccupants. Un comportement prédateur subi par le monde économique dans un contexte déjà difficile. Par voie d’amendement, nous avons souhaité adjoindre et intégrer dans le rapport la prévention des phénomènes d’extorsion au même titre que ceux de corruption.
 
- Et le deuxième amendement ?
- Il est d'essence plus politique. Dans le rapport, l'Exécutif se laisse aller à une envolée lyrique et présomptueuse du même type que celle de « la maison de cristal » dans laquelle il présente la majorité comme attachée à la démocratie, aux valeurs d’éthique, à la déontologie… Comme si hors majorité, point de salut ! La vertu, que les Nationalistes revendiquent, vaut bien la nôtre. Dans l’opposition aussi, nous nous honorons d’une certaine moralité.
 
- « La maison de  cristal », que les Nationalistes avaient promis de mettre en place à leur arrivée aux responsabilités, semble vous laisser sceptique ?
- Je pense que les Nationalistes, comme on pouvait s'y attendre d'un mouvement politique contestataire qui n'a jamais exercé de responsabilités, se sont montrés présomptueux lors de leur victoire, en annonçant la rupture avec un passé négatif en tout point et l'avènement d'une ère meilleure marquée par la transparence, notamment dans la gestion quotidienne et le recours à l'emploi public. Pourtant, on constate qu'en termes de gestion comme de ressources humaines, on peine à entrevoir une quelconque évolution positive. Que malgré un nombre important d'agents territoriaux non affectés, des recrutements en externe continuent à être opérés... Le tout dans une opacité manifeste puisque ça fait des mois que notre groupe réclame des éléments précis en termes de gestion du personnel que nous ne parvenons pas à obtenir. 
 
- Vous êtes aussi réservée sur les lanceurs d'alertes. Pourquoi ?
- Effectivement, à la lecture du rapport, je me suis interrogée sur l’élaboration souhaitée d’une procédure liée aux articles 6 et 16 de la loi Sapin qui renvoient à la protection des personnes, employés, organisations, lanceurs d’alertes, qui font des signalements aux autorités, police ou justice confondues. Quelque peu étonnée, pas forcément dans le mauvais sens, j'ai souhaité savoir à quoi pensait l'Exécutif comme action concrète.
 
- Vous demandez à la majorité de jouer collectif. C'est-à-dire ?
- J'ai demandé à l'Exécutif, qui s'est mis en avant dans le rapport au niveau de l'attachement aux valeurs d'éthique et de probité et de leur mise en œuvre depuis décembre 2015, de renoncer à cette rhétorique partisane afin d'associer tous les élus dans la recherche de cette éthique optimum. La vertu ne se limite pas à la majorité nationaliste, n'ayons, sur ce sujet, ni vision partiale, ni mémoire sélective !
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 
 



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