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Canti è fole notareschi : trà lu boie è lu sumere


J. L le Vendredi 24 Décembre 2021 à 12:35

La Nativité est un temps fort dans le calendrier liturgique chrétien, les chants et les contes de Noël exaltent la naissance de Jésus. CNI a rencontré Ghjermana de Zerbi, auteure de Cantu Nustrale et Linda Piazza directrice de la bibliothèque municipale de Bastia afin d'évoquer la place du chant et des contes de Noël en Corse.



Ghjermana de Zerbi, auteure de Cantu Nustrale
Ghjermana de Zerbi, auteure de Cantu Nustrale
 
Tous les événements de l'histoire du salut sont célébrés par des cantiques et des chants profanes, particulièrement à Noël, ce moment festif pendant lequel on chante joyeusement la Nativité, et où on entend aussi les plus petits impatients fredonner petit papa-Noël. Ghjermana de Zerbi érudite passionnée, a fait de nombreuses recherches sur les chants de Noël en Corse "le début du chant de Noël est dans l'église, on retrouve des cantiques de la Nativité dans la Lira Sacra , un manuel de chant et de piété très imprégné de la présence franciscaine. Ces cantiques diffusés dans toute la Corse étaient chantés en latin et en italien qui étaient vraiment les langues des chants sacrés. On connaît au  19è siècle Adeste fideles, il s'agit d' un hymne en latin qui glorifie la naissance de Jésus, ou encore parmi les chants les plus connus Dormi bel bambino et Tù scendi da le stelle interprétés en italien"

Du cantique au chant profane
Selon Ghjermana de Zerbi langue corse n'était pas du tout présente dans le répertoire des cantiques de Noël, "c'est plus récemment, que nous avons des textes ecrits en corse comme Trà lu boie è lu sumere, cette berceuse  d'après-guerre chantée par Paulu Martini, originaire du Cap Corse, et reprise par Diana di l'Alba  qui évoque Jésus dans la crèche". Et puis, comment ne pas citer des airs plus connus de tous, comme Minuit chrétien formidablement interprété par Maï Pesce ou encore Ceppu di Natale ou Dumane e Natale des Muvrini, sans oublier  l'immense succès du Petit Papa-Noël de Tino Rossi qui est la vitrine scintillante des chants de Noël.
 Aujourd'hui, il y a un éventail de chants de Noël en langue Corse, Ghjermana montre l'évolution depuis le chant à caractère religieux, le cantique jusqu'au chant profane « on chantait Noël à l'église, pas vraiment dans les maisons et jusqu'au pâpe Jean 23, la langue de la liturgie est le latin,  puis on a autorisé à parler la langue vulgaire dans l'église, avec le rayonnement du toscan on s'est mis à utiliser l'italien pendant les offices religieux. Avec le riacquistu, c'est aux alentours des années 70 qu'on entendra chanter dans l'église  Sainte Marie de Bastia des chants en langue corse avec entre autres Vincent Orsini. On a aussi corsisé des anciens cantiques comme Dormi bel bambinu. Puis, avec Scola Aperta, des paroliers comme Ghjanteramu Rocchi ou Jean-François Bernardini ont mis en musique des textes sur le thème de Noël, ces textes qui sont coupés du fondement religieux sont des chansons destinées aux enfants, et on connaît le milieu professionnel dans lequel évoluaient ces deux paroliers, l'école ». 
 
 

Il était une foi : l'histoire du conte de Noel en Corse

Archives bibliothèque patrimoniale Bastia
Archives bibliothèque patrimoniale Bastia
La magie de Noël passe aussi par les contes qu'on dit aux enfants et qui restent des souvenirs prégnants quand nous sommes adultes. Linda Piazza enthousiaste directrice de la bibliothèque Tommaso Prelà, retrace l'histoire du conte en Corse. « Le conte de Noël en Corse, n'est pas un sujet qui a été largement traîté, ce n'est pas très ancien. On trouve souvent dans les contes de Noël la représentation populaire de la religion comme dans U bambinu qui est l'image de Jésus. Le conte c'est avant tout l'oralité, des histoires qu'on se racontait autour de la cheminée. Il y a peu d'espace pour le conte merveilleux en Corse, Noël c'était plutôt les prières comme l'ochju. Le conte, à la veillée avait un pouvoir d'imagination très ancré dans le quotidien, on prenait un moment de la journée et sur cette base on racontait une histoire qui parfois ne finissait jamais et on recommençait une autre histoire, c'est de cette façon que cet ancrage dans la réalité mêlé d'imagination finissait en fole, souvent ça tenait plus d'une blague una barzeletta que d'un conte. Mais lors de l'avent, la période du carême de Noël, on ne s'amusait pas à raconter des histoires, ce n'était que le 24 décembre à partir de minuit qu'on pouvait dire des contes. En Corse, le caractère culturel plus profane de Noël est arrivé vers les années 30, on découvrait le père- Noël, le sapin et tout ce côté éloigné de la traditionnelle fête de la Nativité. Alors, parler de la magie du conte de Noël corse avec la neige et l'atmosphère merveilleuse, c'est possible mais c'est très récent. La magie est fraîchement arrivée. Lorsqu'on lit des contes corses on voit que la limite entre l'histoire narrée et les traditions est très mince. Je pense particulièrement à la coutume des 7 veillées, des enfants allaient dans 7 maisons offrir une bûche et c'est à la 7è maison, peu avant minuit qu'ils apprenaient les prières. On peut se demander où placer le curseur entre tradition et conte quand on sait la symbolique du chiffre 7 dans le conte. De même, certaines coutumes de Castagniccia comme  celle des feuilles de laurier qui présageait d'un mariage heureux ou pas, peut très bien être rapprocchée d'un conte, nos traditions et le conte sont très liés. Aujourd'hui, il y a des contes de Noël en langue corse pour les enfants qui laissent plus de place au merveilleux, on peut en découvrir à travers E  fole di Natale racontées par Francine Massiani».
 













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