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Calvi Blues, quatre ans de passion pour faire vibrer le blues au cœur de la Balagne


Maria-Serena Volpei-Aliotti le Lundi 13 Juillet 2026 à 19:16

Jusqu’à ce dimanche soir, la salle de spectacle de Calvi accueille la quatrième édition de Calvi Blues, un festival qui, sans chercher la démesure, s’est imposé comme un rendez-vous apprécié des amateurs de blues. À l’initiative de Jean Sicurani et Charlie Menasé, l’événement défend une musique authentique tout en portant un message plus large, celui de l’accès à la culture pour tous.



Le blues résonne une nouvelle fois à Calvi. Depuis plusieurs jours, la salle de spectacle accueille la quatrième édition de Calvi Blues, un festival qui clôturera ce dimanche soir sa programmation avec un dernier concert réunissant des artistes venus de Corse et du continent.
À l’origine de cette aventure, Jean Sicurani, directeur artistique du festival, et Charlie Menasé, musicien et cofondateur de l’événement. Une histoire née presque par hasard, il y a cinq ans, lors des Rencontres de Calenzana.
« Nous avions organisé une soirée blues dans le jardin de Casa Musicale. Plus de 500 personnes étaient présentes. Nous nous sommes alors dit qu’il existait un véritable public pour cette musique et qu’il fallait créer un rendez-vous qui lui soit consacré », se souvient Jean Sicurani.
Le pari est relevé dès l’année suivante avec la première édition de Calvi Blues, d’abord organisée sur le site qui accueille aujourd’hui l’amphithéâtre Scéléné. Depuis les travaux réalisés sur cet espace, le festival a trouvé refuge à la salle de spectacle de Calvi, un lieu que son organisateur apprécie pour sa capacité plus adaptée à un événement intimiste.
 
Un festival à taille humaine
Sans rechercher les grandes jauges, Calvi Blues revendique une programmation exigeante où la qualité artistique prime sur la notoriété.
« Je reçois une dizaine de propositions de groupes chaque jour. Je sélectionne les artistes d’abord par l’écoute. Je programme des musiciens que j’aime, tout en pensant au public et à la diversité des sensibilités».
Chaque soirée associe ainsi des artistes venus du continent ou de l’international à des musiciens insulaires. Une volonté assumée qui permet de valoriser la scène corse aux côtés de formations reconnues.
Pour cette édition, le public a notamment pu découvrir la chanteuse corse Père Solves, les Toulousains de Four Blues, Victor Puertas et les Super Brothers, sans oublier plusieurs formations mêlant blues, rock et influences soul.
« Le blues est une musique fondatrice. Il a donné naissance au jazz, au rock’n’roll, à la soul ou encore au gospel. Nous aimons montrer toute cette richesse au fil des concerts».
Loin de la logique des premières et secondes parties, chaque soirée est pensée comme une rencontre entre plusieurs univers musicaux qui dialoguent entre eux.
 
Défendre la culture comme un bien essentiel
Au-delà de la musique, Jean Sicurani revendique un véritable engagement culturel.
Archéologue de formation, enseignant à l’université et programmateur depuis plus de trente ans, il voit dans Calvi Blues bien davantage qu’une succession de concerts.
« Nous sommes des militants culturels. Nous essayons de faire vivre la culture au quotidien et de permettre au public de découvrir de nouvelles musiques. C’est essentiel». 
Une mission qui devient, selon lui, de plus en plus difficile face à l’augmentation des coûts, à la complexité administrative et aux financements toujours plus compliqués à obtenir.
Le transport des artistes vers la Corse représente notamment un poste de dépenses considérable, tandis que le coût de location de certaines infrastructures limite l’organisation de spectacles.
Jean Sicurani espère ainsi qu’un dialogue pourra s’engager avec la municipalité autour de l’utilisation de l’amphithéâtre Scéléné afin que les associations culturelles locales puissent, elles aussi, bénéficier de cet équipement.
 
« Un euro investi dans la culture en rapporte plusieurs »
Malgré les difficultés, l’organisateur reste convaincu du rôle essentiel de la culture dans la société.
« La culture devrait être considérée comme une priorité, au même titre que la santé ou l’éducation. On oublie trop souvent qu’elle génère aussi une activité économique importante».
Il rappelle qu’au-delà de l’enrichissement culturel, les festivals profitent également aux hôtels, restaurants, commerces et à l’ensemble du territoire.
« La Corse a toujours été une terre de partage et de métissage. C’est cette richesse que nous voulons continuer à faire vivre à travers nos festivals». 
Avant de tirer sa révérence ce dimanche soir, Calvi Blues proposera une dernière soirée placée sous le signe du partage et de la convivialité, fidèle à l’esprit qui anime le festival depuis sa création.