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"C'est de pire en pire" : le constat alarmant de la mission CorSeaCare de retour au port


Pierre-Manuel Pescetti le Vendredi 6 Août 2021 à 18:56

Ils sont une dizaine de jeunes à avoir participé à cette sixième édition de la mission COrSeaCare portée par l'association Mare Vivu. Pendant un mois, ils ont navigué le long de la côte orientale mettant pied à terre quelques fois, pour constater la pollution plastique marine qui touche l'île, sensibiliser la population et faire des relevés scientifiques. De retour au port de Bastia, leur constat est alarmant.



Il est 11 heures 30 ce vendredi 6 août et les deux trimarans arrivent au port de Bastia. Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti
Il est 11 heures 30 ce vendredi 6 août et les deux trimarans arrivent au port de Bastia. Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti
Fumigènes allumés et corne de brume retentissante, les deux trimarans de la mission CorSeaCare rentrent au port de Bastia ce vendredi 6 août. À bord, les membres de l’association Mare Vivu ne cachent pas leur joie d’avoir accompli leur mission de 4 semaines autour des côtes corses.

Une fois à terre, les réjouissances passées, la mine se fait plus grave lorsqu’il faut évoquer le constat de la pollution plastique en mer qui touche l’île. « Après 6 ans, on arrive encore à être surpris par la pollution marine » raconte Pierre-Ange Giudicelli, président de l’association. Partis de Bonifacio le 12 juillet dernier, les 10 membres de la mission ont remonté les côtes orientales de l’île pour sensibiliser la population, faire des prélèvements pour des analyses scientifiques et mesurer l’étendu des dégâts de la pollution plastique en Méditerranée.

« C’est de pire en pire »

Voilà 6 ans que l’association Mare Vivu organise la mission CorSeaCare. Six ans leur permettant de comparer l’état de la pollution plastique d’une année sur l’autre et le constat est alarmant. « C’est de pire en pire » raconte un membre d’équipage, chiffres à l’appui : « en 2020 nous avions collecté 1 200 unités de déchets plastiques, cette année nous sommes à 2 300 unités ! ». Pour lui pas de doutes, la production de plastique ne faiblissant pas, elle se retrouve en mer. Une augmentation de la pollution marine qui va de pair avec un tri sélectif qui ne s’améliore pas non plus.

Pour plus d’impact, Pierre-Ange Giudicelli raconte une anecdote de leurs péripéties : « Il y a trois jours, nous étions dans le golfe de Saint-Florent. À 7 heures 30 nous marchions sur la plage et avons pu constater l’étendue des dégâts : la mer avait ramené une immense quantité de déchets sur la plage. Des bâches, des filets, des microplastiques sur plus de 10 mètres. On voyait à peine le sable ! Et cela nous est arrivé ailleurs, à Porto et à Senetosa par exemple où, dans certaines criques atteignables qu’en bateau, la plage était complètement recouverte ! ».

Mais ce qui frappe le plus n’est pas forcément le plus visible. Cette année, les équipes se sont concentré sur les microplastiques, invisibles à l’œil nu. Et le constat est alarmant. « La pollution la plus invisible est la plus importante » relate Ange-Pierre Giudicelli.

Sensibiliser encore et encore

Dépolluer, là n’est pas leur mission. CorSeaCare est surtout là pour sensibiliser le plus de monde possible et remonter à la source de la pollution plastique : les comportements humains. Privés de navigation durant leur première semaine à cause de la météo, les membres de la mission ont joué le jeu du contact avec la population. « Les gens se rendent comptent mais ils n’ont pas toutes les clés de compréhension » explique Pierre-Ange Giudicelli. Pour lui, il faut prendre conscience que chacun de nos actes à une incidence sur l’environnement et qu’un geste qui paraît anodin, jeter un mégot dans l’eau par exemple ou dans une bouche d’égout, augmente la pollution marine.


Pour élargir le spectre des personnes touchées, et en raison de la crise sanitaire, l’association a choisi cette année de filmer leur parcours et d’en faire des vlogs. Une mission attitrée à un jeune réalisateur de Patrimonio, Jean-Baptiste Andreani, également membre de Mare Vivu.

 

Les institutions jouent le jeu

Autres acteurs à convaincre, les institutions. Mare Vivu échange déjà avec la communauté de communes de Balagne pour une gestion vertueuse des déchets plastiques. Mais d’autres se prêtent au jeu. Notamment celle du Nebbiu Conca d’Oru avec qui ils ont pu faire un état des lieux. Des solutions comme l’installation de filets de retenue de macrodéchets ont été envisagées. « Les institutions se sentent de plus en plus concernées » constate Pierre-Ange Giudicelli.

Sixième édition donc et pas la dernière pour ces jeunes très investis – 23 ans en moyenne – qui veulent « que les paysages dans lesquels on a grandi soient transmis à nos enfants ».














    Aucun événement à cette date.








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