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Budget de la Collectivité de Corse : le groupe « Per l’Avvene » s’impatiente


Rédigé par Sylvain Amiotte le Mardi 27 Mars 2018 à 17:54 | Modifié le Mardi 27 Mars 2018 - 18:15


A la veille de la première session ordinaire de l’Assemblée, mercredi et jeudi, le groupe de Jean-Martin Mondoloni s’inquiète du manque de lisibilité de la nouvelle collectivité en matière budgétaire. « Cela fait deux ans qu’on attend des choix », assène l’élu de la droite régionaliste, qui épingle par ailleurs les trop nombreux voyages d'élus à l'étranger.


Jean-Martin Mondoloni et les élus du groupe "Per l'Avvene" s'inquiètent de la situation budgétaire de la collectivité.
Jean-Martin Mondoloni et les élus du groupe "Per l'Avvene" s'inquiètent de la situation budgétaire de la collectivité.
Lors d’une conférence de presse d’avant-session qu’il souhaite régulière, les élus du groupe « Per l’Avvene » ont évoqué pêle-mêle leurs griefs à l’encontre de la majorité territoriale. A commencer par la situation budgétaire. Selon Jean-Martin Mondoloni, la nouvelle collectivité unique navigue à vue depuis son installation.

L’élu prend l’exemple de l’augmentation prévue de la taxe foncière en Corse-du-Sud : auparavant moins élevée qu’en Haute-Corse, elle sera relevée d’un point et demi par souci d’harmonisation. Le groupe « Per l’Avvene » estime que ce rattrapage aurait pu « être lissé dans le temps » et qu’au moins, « cela méritait d’être arbitré lors du débat d’orientations budgétaires ». Ceci dans un contexte national de disparition annoncée de la taxe d’habitation et d’incertitude quant au devenir de la taxe foncière.

"Nous craignons une année blanche"
 
Autre dossier, celui de l’eau et des aides attribuées aux communes. « Il y a la nécessité de pondre un règlement et il ne l’est toujours pas ! Les maires sont de plus en plus inquiets, tandis que la Corse perd 50% de son eau dans des canalisations défectueuses. Nous craignons une année blanche car les perspectives ne sont pas sur la table. »
 
Le budget de la Collectivité de Corse devrait être voté fin mai, ni en avance ni en retard légalement. « Certes c’est légal, mais si on avait pas utilisé trop d’énergie ailleurs (ndlr : dans les discussions constitutionnelles), on aurait pu avancer plus vite», tance Jean-Martin Mondoloni.
 
L’élu résume son inquiétude : « On nous laisse pressentir qu’il va falloir serrer les boulons à mort. Et bien nous disons : que l’on fasse des choix ! Cela fait deux ans qu’on attend des choix en matière budgétaire. » Et de rappeler : « Nous étions contre la naissance prématurée de la collectivité unique, qui n’est pas armée financièrement pour supporter la fusion. La collectivité de Corse souffre d’un problème d’architecture financière. Et la clause générale de compétence a un prix. »

Les voyages à l'étranger dans le viseur
 
Selon le groupe « Per l’Avvene », les premiers signaux envoyés par la majorité ne sont pas les bons. Ainsi Jean-Martin Mondoloni s’en prend-il aux « trop nombreux » déplacements des élus à l’étranger. « Après le Val d’Aoste et la Bulgarie, voilà un voyage en Pennsylvanie à Paoli-City pour le 200e anniversaire de la naissance de Pascal Paoli. Ok c’est symbolique, on a rien contre lui. Mais aller dépenser 30 000 euros en envoyant une délégation complète là-bas, c’est excessif. D’un côté on a 20% de gens sous le seuil de pauvreté, on va vers des restrictions budgétaires, et de l’autre on voyage à n’en plus finir, ce n’est pas possible ! »
 
Enfin, Jean-Martin Mondoloni déplore la réception à la va-vite, « entre quatre portes », du secrétaire d’Etat chargé des comptes publics, Olivier Dussopt, qui s’est entretenu lundi à Ajaccio avec Gilles Simeoni. « Nous avons appris sa venue par la presse, la veille de sa visite, alors qu’on pouvait apporter notre contribution. Ce n'est pas une façon de faire. »

"Per l'Avvene" demande le rachat du domaine viticole de Casabianca

Le groupe « Per l’Avvene » déposera deux motions lors de cette session de l’assemblée. L’une concernant la relance du thermalisme « avec un focus sur la station de Pietrapola », et l’autre au sujet du domaine viticole Casabianca, qui vient d’être placé à la vente aux enchères après sa liquidation judiciaire. Le groupe de droite estime que la Collecivité devrait aider financièrement la SAFER à racheter cet espace de 469 hectares, afin de le redistribuer en une dizaine de lots à de jeunes agriculteurs. Et ainsi garantir la préservation de sa vocation agricole.




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