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Borgo. Des lumières de Noël à l’américaine


Philippe Jammes le Mardi 22 Décembre 2020 à 17:00

Si rien ne transparait le jour au petit lotissement I Campucci à Borgo, le soir tombé il s’illumine de mille feux, ressemblant à une de ces merveilleuses contrées américaines vouant un véritable culte à Noël et au Père Noël. Si les riverains rivalisent d’imagination pour lui donner cette magie de Noël, la palme reviendrait à Jean-Philippe Serpi et Didier Antonelli qui ont décoré aussi bien l’extérieur que l’intérieur de leur maison aux couleurs de Noël.
Visite guidée...



«Nous avons grandi chacun de notre côté dans l’atmosphère de Noël, depuis l’enfance» souligne JPH Serpi. «Lorsque nous avons quitté le nid familial pour vivre ensemble, cette coutume a perduré. Hors de question d’un réveillon sans l’ambiance qui va avec, même si à une époque on ne fêtait pas la venue du Père Noël dans la maison. À l’heure actuelle, et vu l’importance de notre décoration, hors de question de passer le 24 décembre ailleurs que chez nous ! En plus, en raison des restrictions sanitaires de cette année, nous avons une raison supplémentaire d’être à la maison ce soir-là ! Au départ, on commence par un modeste sapin de 140 cm, et une crèche de taille moyenne, parce que les dimensions du premier chez soi se limitent, en général, à celle d’un studio. Malgré cela, nous avions une décoration aérienne, de taille plus réduite, mais pas d’illumination extérieure, sur le petit balcon de l’époque. Lorsque nous sommes partis vivre dans notre première villa en lotissement, nous avons privilégié l’extension de la décoration intérieure, en investissant dans plusieurs sujets de Noël, un sapin en 180 cm, et des guirlandes lumineuses un peu plus conséquentes pour illuminer le tout. Déjà, des lamés or ceinturaient la cage d’escalier, qui conduisait à l’étage, lamés que l’on retrouve maintenant sur les murs de la pièce principale, dans d’autres couleurs. L’illumination de notre jardin était plus réduite, car il était rectangulaire et tout en longueur, sans prise électrique dehors ! Nous avions juste fait une arche, avec une guirlande électrique verte style guinguette, et des ampoules de couleur à baïonnette. Puis nous avons rajouté des stalactites électriques, et un cordon lumineux, sans oublier les fameux sujets électrostatiques à coller sur les vitres ».
Si pour beaucoup, Noël peut paraitre une fête païenne, la nativité est bien présente chez JPH. Serpi. «Nous avons plus de cinquante sujets, si nous tenons compte des animaux qui la composent. Ces santons, de style hébraïque, plutôt rares, proviennent d’une collection proposée par un éditeur il y a une quinzaine d’années de cela et qui vendait chaque santon de 11cm, en poudre d’albâtre, à un prix abordable, peu importe si celui-ci était seul, juché sur un dromadaire, ou en couple. C’est un sculpteur de renom espagnol, José Luis Mayo, qui a conçu les personnages pour cette collection, de Marie à Balthazar, des pages aux bergers, jusqu’à Hérode, son palais, l’étable, et les maisons de Bethléem. Si l’envie nous prenait aujourd’hui d’acheter des personnages sur internet, il nous en couterait le triple, rien que pour un santon seul ! Nous avons donc une collection qui a pris de la valeur. Par contre, nous avons embelli son environnement avec des décors qui viennent directement du marché de Noël de Mr Bricolage à Toga, où nous nous régalons, à chaque fois que l’on y va, tant il y a du choix sur les accessoires pour crèches… On en ressort rarement les mains vides ».

Toujours à l’intérieur, un sapin de 220 cm et un système d’éclairage modulable, venant tout droit des États-Unis. «Du coup, l’ancien sapin trône désormais au milieu du jardin, totalement éclairé, d’un meilleur effet ».

A l’extérieur c’est la féérie à la nuit tombée avec plus de vingt mètres de guirlandes lumineuses accrochées aux balcons, à la façade, dans les arbres, au sol. «Le principe astucieux est de s’équiper en guirlandes raccordables, ce qui nécessite qu’une seule prise de courant. Après, les sujets et les rideaux lumineux, se greffent au fur et à mesure. La révolution est venue aussi, il y a quelques temps, avec les petits projecteurs holographiques et laser, qui ont apporté une autre dimension à la magie des maisons. Par contre, nous avons constaté avec plaisir que nous ne sommes pas les seuls à illuminer les jardins, heureusement, et certains en Haute-Corse, que nous avons vu sur les réseaux sociaux, sont magnifiques ».

A Borgo c’est donc tous les soirs «Il était une fois l’Amérique»,  telle qu’on peut la voir à North Pole, Leavenworth, Dahlonega, Branson, Gettysburg, Salida, Hornell ou encore Bethlehem en Pennsylvanie.

Mais pourquoi cette inspiration ? «Les américains vivent toujours dans l’esprit «Larger Than Life», Plus grand que la vie, et cette démesure, ils la créent chez eux, au moment de Noël. Par curiosité,  je vous invite à jeter un œil sur YouTube, et visualiser les vidéos des illuminations de Noël à Dyker Height, Brooklyn, New York, ou admirer les fameuses «Christmas Battles», où chacun regorge d’ingéniosité pour illuminer sa maison, jusque sur le toit ! Vous verrez que la magie de Noël chez eux est féérique, et c’est ce que l’on essaie de faire chez nous… dans une moindre mesure… Restons lucides ».

Des illuminations qui comme on peut s’en douter représentent en effet chaque année un véritable budget. «Cela nécessite un investissement conséquent. Cette année nous avons fait le tour du budget. 2021 verra certainement une augmentation des guirlandes raccordables, une terrasse couverte repensée au niveau de son agencement électrique. Notre grand rêve reste de pouvoir accrocher, tout le long des limites du toit de la maison, une guirlande lumineuse de stalactites. Il nous faudrait alors investir dans la location d’une nacelle pour le montage et le démontage. On y réfléchit (rires). On rêve aussi d’un puissant projecteur holographique qui ferait apparaître dans le ciel le Père Noël sur son traineau. Mais le prix est lui aussi haut placé !  Il nous faut donc rester raisonnable dans ces investissements. Un Noël féérique, oui, un Noël qui nous ferait manger des pâtes au réveillon, non ! ».