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Bastia - Budget voté, taxe foncière augmentée de 13,67 % : « une décision prise en responsabilité » pour Gilles Simeoni


Christophe Giudicelli le Jeudi 30 Avril 2026 à 18:36

Le conseil municipal de Bastia a voté ce jeudi 30 avril son budget 2026 : 114 millions d’euros au total, avec une augmentation de 13,67 % de la taxe foncière. Une « décision prise en responsabilité, qui ne fait pas plaisir en début de mandature » a expliqué Gilles Simeoni, le maire de Bastia, tout en la justifiant par le contexte. L’opposition a voté contre et invite la majorité à revoir sa copie en baissant les charges de fonctionnement.



(Photos Gérar Baldocchi)

Premier acte politique du nouveau maire de Bastia, Gilles Simeoni, ce jeudi 30 avril : le vote du budget de la ville. Un budget de 114 millions d’euros accompagné d’une augmentation de la taxe foncière de 13,67 %, dont les Bastiais se seraient bien passés. « Une décision d’augmenter les impôts est toujours désagréable, on le fait toujours à contre-cœur », a indiqué le maire de Bastia, mais une décision « prise en responsabilité » au vu du contexte économique contraint qui touche les collectivités.

Le budget 2026 de la ville de Bastia s’articule autour de 103,9 millions d’euros pour le budget principal, 7,6 millions d’euros pour la régie autonome des parkings, 2,4 millions d’euros pour la régie du Vieux-Port et 440 000 euros pour la délégation de service public du crématorium de l’Ondina.

Dans le détail du budget principal, sont prévus 73 millions d’euros de dépenses de fonctionnement (contre 68 millions en 2025), dont 40 millions d’euros de charges de personnel, et 31 millions d’euros d’investissements (contre 36 millions en 2025).
Six grands axes prioritaires sont définis :18,2 millions d’euros pour la proximité, les moyens généraux et les bâtiments communaux ; 6,7 millions d’euros pour la culture, la langue corse, le patrimoine et l’animation ; 5,7 millions d’euros pour l’écologie et l’environnement ; 4,5 millions d’euros pour l’éducation et la petite enfance ; 1,9 million d’euros pour le social et la santé ; 8,3 millions d’euros pour la politique de la ville.

Mais, passé l’énoncé des grandes lignes budgétaires, c’est surtout l’augmentation de la taxe sur le foncier bâti qui a concentré les échanges. Une hausse de 13,67 %, qui reste « mesurée », a argumenté Didier Grassi, adjoint au maire de Bastia en charge des finances, afin de faire face à « une forte baisse de nos marges de manœuvre qui nécessite une augmentation ».
Le taux s’établira ainsi à 41,58 % et n’avait pas été augmenté depuis 2009. Selon la majorité municipale, cela représentera une hausse de 85 euros par an et par habitant, sachant que cette taxe représente 86 % des recettes fiscales de la ville de Bastia.

Les autres taux en vigueur pour l’année 2026 restent inchangés :Taxe d’habitation : 20,54 % ; Taxe foncière non bâtie : 63,03 % ; Majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires : 50 %.

Une augmentation qui ne passe pas auprès de l’opposition. Pour Hélène Salge, (Dà Oghje per Dumane(, cette hausse vient « s’ajouter à l’ensemble des taxes augmentées en 2025 sur l’eau et la TEOM (ordures ménagères) », rappelant l’important taux de pauvreté des Bastiais.
De son côté, Julien Morganti (Uniti) parle d’une « hausse qui n’a jamais été évoquée durant la campagne électorale », mais aussi d’un « déni de réalité » de la part de la majorité, qui a « fait le choix de la facilité en augmentant les impôts plutôt que celui de la baisse des dépenses », avec pour conséquence de « pénaliser les Bastiais propriétaires de biens immobiliers, souvent acquis par succession, avec à terme l’obligation de vendre les biens à des personnes extérieures, ce qui aura aussi des répercussions sur les loyers ». Le leader de l’opposition s’interroge également : « Où sont les lignes de crédit pour l’hôpital et l’îlot de La Poste ? »

Pour éviter d’augmenter les impôts, l’opposition propose de réduire les dépenses. « A-t-on vraiment prospecté ? » s’interroge Nicolas Battini, (Populu di Bastia), tandis que Mathieu Ricci, du PNC, évoque ce qu’il perçoit comme un « choix politique » tout en invitant la majorité à revenir à la raison : « Est-ce qu’on fait payer aux Bastiais une dérive des dépenses ? »
Jean-Sébastien de Casalta (Uniti) a avancé plusieurs chiffres : « 52 millions d’euros de dette cumulée » ainsi que des charges de personnel « passées de 32 millions à 40 millions en six ans ».

Ce à quoi Gilles Simeoni, a répondu : « On n’a pas dérapé sur les charges de personnel. Les charges de personnel ne correspondent pas à une explosion du recrutement. C’est dû à des décisions extérieures de l’État. »

La question du coût du théâtre est également apparue dans le débat, ce projet étant structurant pour le nouveau maire de Bastia. Son opposant Jean-Martin Mondoloni lui a rappelé : « La culture n’est pas la variable d’ajustement. Et le symbole que vous souhaitez donner, c’est de revisiter le projet. »

Pour autant, Gilles Simeoni l’assure : « Ce que nous proposons aujourd’hui, c’est une trajectoire de sobriété financière » avec l’inquiétude de voir les aides de l’Etat se tarir au fil des années , avant que Didier Grassi ne conclue : « Nous nous donnons la perspective de revoir certaines choses au moment du budget rectificatif. »