La réputation des vins corses, de la charcuterie traditionnelle, des fromages fermiers ou encore des agrumes de l'île ne doit pas masquer une réalité plus difficile. Selon une étude publiée ce lundi par l'Insee Corse, les ménages agricoles insulaires figurent parmi les plus fragiles de France métropolitaine.
« En 2020, la Corse compte 2 900 exploitations agricoles, qui font vivre des centaines de ménages. Leur situation économique est moins favorable que dans les autres régions métropolitaines », explique d’emblée l’institut de recherche. Parmi eux, 30,4 % des personnes vivant dans un ménage agricole en Corse se situent sous le seuil de pauvreté, contre 16,2 % dans l'ensemble de l'Hexagone. Un écart considérable qui place les familles agricoles corses dans une situation nettement plus précaire que leurs homologues du continent.
Autre indicateur révélateur : le niveau de vie médian des ménages agricoles atteint seulement 1 630 euros par mois sur l'île, contre 1 900 euros au niveau national.
Des revenus agricoles deux fois plus faibles que dans le reste du pays
L'une des principales explications avancées par l'Insee tient à la faiblesse des revenus directement tirés de l'activité agricole. En moyenne, les bénéfices agricoles représentent seulement 19 % des revenus des ménages agricoles corses, contre 34 % dans l'Hexagone. Rapportés au foyer, ces revenus atteignent environ 700 euros par mois, soit deux fois moins que la moyenne observée au niveau national.
Cette situation s'explique notamment par la structure de l'agriculture insulaire. Neuf exploitations sur dix sont des micro, petites ou moyennes exploitations. Ces structures, souvent familiales, disposent de marges plus limitées et sont davantage exposées aux aléas économiques.
Le poids de certaines productions joue également un rôle. « En Corse, un ménage agricole sur cinq est spécialisé dans l’élevage d’ovins, de caprins ou d’autres herbivores, soit deux fois plus que dans l'Hexagone. Or, ce type d’exploitation dégage moins de bénéfices agricoles et concentre davantage de pauvreté », explique l’institut.
Plus d'un exploitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté lorsqu'il est seul
L'étude révèle une situation particulièrement préoccupante pour les ménages composés uniquement d'exploitants agricoles. Dans cette catégorie, le niveau de vie médian chute à 1 040 euros par mois, contre 1 640 euros dans l’hexagone. Plus marquant encore, 54,2 % de ces ménages vivent sous le seuil de pauvreté, soit plus d'un sur deux.
L'Insee souligne que cette vulnérabilité est accentuée par la composition des foyers. En Corse, neuf ménages agricoles composés uniquement d'exploitants sur dix sont constitués d'une seule personne. Le revenu du foyer dépend alors exclusivement de l'exploitation agricole. Cette configuration concerne notamment des agriculteurs retraités qui poursuivent une activité réduite, de jeunes installés dont l'exploitation n'a pas encore atteint sa pleine rentabilité ou encore des exploitants travaillant seuls. La présence d'un conjoint salarié ou d'un autre membre du foyer disposant d'un revenu stable permet ainsi de réduire sensiblement le risque de pauvreté.
Allocations et retraites deviennent indispensables à l'équilibre des foyers
Face à cette fragilité, de nombreux ménages agricoles s'appuient sur des ressources extérieures à l’exploitation. En Corse, les revenus non agricoles à l’instar des retraites, des pensions, des prestations sociales ou des allocations chômage représentent 58 % des revenus des ménages agricoles, soit treize points de plus que dans le reste de la France.
Au-delà des revenus, l'étude met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées plusieurs filières agricoles de l’île. « Le circuit court, très répandu en Corse et le tourisme estival constituent de potentiels débouchés complémentaires », explique l’étude. Mais ces relais de croissance montrent aujourd'hui leurs limites. La fréquentation touristique reste élevée, tandis que les dépenses des visiteurs tendent à ralentir.
Conséquence : les stocks invendus progressent dans plusieurs secteurs, notamment le vin, les fromages et la charcuterie. Dans ce contexte, les aides publiques demeurent un soutien essentiel. « En 2024, la Politique Agricole Commune (PAC) soutient les agriculteurs corses à hauteur de 56,9 millions d’euros, répartis entre 2 001 bénéficiaires », rappelle l’étude.
« En 2020, la Corse compte 2 900 exploitations agricoles, qui font vivre des centaines de ménages. Leur situation économique est moins favorable que dans les autres régions métropolitaines », explique d’emblée l’institut de recherche. Parmi eux, 30,4 % des personnes vivant dans un ménage agricole en Corse se situent sous le seuil de pauvreté, contre 16,2 % dans l'ensemble de l'Hexagone. Un écart considérable qui place les familles agricoles corses dans une situation nettement plus précaire que leurs homologues du continent.
Autre indicateur révélateur : le niveau de vie médian des ménages agricoles atteint seulement 1 630 euros par mois sur l'île, contre 1 900 euros au niveau national.
Des revenus agricoles deux fois plus faibles que dans le reste du pays
L'une des principales explications avancées par l'Insee tient à la faiblesse des revenus directement tirés de l'activité agricole. En moyenne, les bénéfices agricoles représentent seulement 19 % des revenus des ménages agricoles corses, contre 34 % dans l'Hexagone. Rapportés au foyer, ces revenus atteignent environ 700 euros par mois, soit deux fois moins que la moyenne observée au niveau national.
Cette situation s'explique notamment par la structure de l'agriculture insulaire. Neuf exploitations sur dix sont des micro, petites ou moyennes exploitations. Ces structures, souvent familiales, disposent de marges plus limitées et sont davantage exposées aux aléas économiques.
Le poids de certaines productions joue également un rôle. « En Corse, un ménage agricole sur cinq est spécialisé dans l’élevage d’ovins, de caprins ou d’autres herbivores, soit deux fois plus que dans l'Hexagone. Or, ce type d’exploitation dégage moins de bénéfices agricoles et concentre davantage de pauvreté », explique l’institut.
Plus d'un exploitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté lorsqu'il est seul
L'étude révèle une situation particulièrement préoccupante pour les ménages composés uniquement d'exploitants agricoles. Dans cette catégorie, le niveau de vie médian chute à 1 040 euros par mois, contre 1 640 euros dans l’hexagone. Plus marquant encore, 54,2 % de ces ménages vivent sous le seuil de pauvreté, soit plus d'un sur deux.
L'Insee souligne que cette vulnérabilité est accentuée par la composition des foyers. En Corse, neuf ménages agricoles composés uniquement d'exploitants sur dix sont constitués d'une seule personne. Le revenu du foyer dépend alors exclusivement de l'exploitation agricole. Cette configuration concerne notamment des agriculteurs retraités qui poursuivent une activité réduite, de jeunes installés dont l'exploitation n'a pas encore atteint sa pleine rentabilité ou encore des exploitants travaillant seuls. La présence d'un conjoint salarié ou d'un autre membre du foyer disposant d'un revenu stable permet ainsi de réduire sensiblement le risque de pauvreté.
Allocations et retraites deviennent indispensables à l'équilibre des foyers
Face à cette fragilité, de nombreux ménages agricoles s'appuient sur des ressources extérieures à l’exploitation. En Corse, les revenus non agricoles à l’instar des retraites, des pensions, des prestations sociales ou des allocations chômage représentent 58 % des revenus des ménages agricoles, soit treize points de plus que dans le reste de la France.
Au-delà des revenus, l'étude met en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées plusieurs filières agricoles de l’île. « Le circuit court, très répandu en Corse et le tourisme estival constituent de potentiels débouchés complémentaires », explique l’étude. Mais ces relais de croissance montrent aujourd'hui leurs limites. La fréquentation touristique reste élevée, tandis que les dépenses des visiteurs tendent à ralentir.
Conséquence : les stocks invendus progressent dans plusieurs secteurs, notamment le vin, les fromages et la charcuterie. Dans ce contexte, les aides publiques demeurent un soutien essentiel. « En 2024, la Politique Agricole Commune (PAC) soutient les agriculteurs corses à hauteur de 56,9 millions d’euros, répartis entre 2 001 bénéficiaires », rappelle l’étude.









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