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Face à la prolifération des sangliers, une période de destruction anticipée pour protéger les exploitations agricoles en Corse


MP le Dimanche 14 Juin 2026 à 18:50

Jusqu'au 14 août, les agriculteurs victimes de dégâts causés par les sangliers peuvent obtenir une autorisation de destruction sur leurs parcelles. Un dispositif exceptionnel et strictement encadré qui répond à une population toujours plus importante sur l'île.



Face à la prolifération des sangliers, une période de destruction anticipée pour protéger les exploitations agricoles en Corse
Ils retournent les terres, détruisent les cultures et occasionnent chaque année des milliers d'euros de dégâts. Face à une population de sangliers en constante augmentation partout en France, une période de destruction anticipée est ouverte depuis le 1er juin et se poursuivra jusqu'au 14 août.
 
Contrairement à l'ouverture générale de la chasse, prévue le 15 août, ce dispositif est strictement encadré et réservé aux exploitations agricoles qui subissent des dommages. Comme chaque année depuis plusieurs exercices, ce dispositif a été de nouveau déployé à l'échelle nationale. En Corse-du-Sud, il découle d’un arrêté pris le 28 mai dernier. « Les agriculteurs qui ont des dégâts peuvent faire des demandes et obtenir des autorisations délivrées par la Direction départementale des territoires sur des parcelles bien délimitées », explique Ange-Dominique Manenti, président de la Fédération des chasseurs de Corse-du-Sud en insistant d'ailleurs sur une nuance importante : « On demande des autorisations de pratiquer la destruction et non pas la chasse, car les sangliers sont classés espèces susceptibles d'occasionner des dégâts ».
 
Les interventions se déroulent principalement à l'approche ou à l'affût, une heure avant le lever du soleil et une heure après le coucher du soleil. Des battues peuvent également être organisées le mercredi et le samedi, et seulement de manière exceptionnelle le dimanche lorsque les dégâts sont importants.
 
Jusqu'à 24 000 sangliers prélevés en une saison
 
Un dispositif qui répond à la prolifération exponentielle des sangliers observée depuis plusieurs décennies. Une réalité que les chasseurs observent chaque année en Corse. « Pour pouvoir chasser, il faut disposer d'un carnet de battue. L'an dernier, sur la saison du 15 août au 28 février, nous en avons distribué 198 en Corse-du-Sud. Nous avons récupéré 103 carnets et nous étions déjà à 12 000 sangliers tués », dévoile Ange-Dominique Manenti en soulignant que comme près de 45 % des carnets n’ont pas été retournés, le nombre réel de prélèvements serait nettement supérieur. « On peut estimer qu'on est entre 15 000 et 24 000 sangliers tués sur la saison. C'est énorme, sans compter tous ceux qui sont tués sans être déclarés ».
 
Or cette forte présence de sangliers a également un coût notamment pour les agriculteurs qui voient leurs cultures ravagées. Depuis 2008, les fédérations départementales de chasse sont tenues d'indemniser les dégâts causés sur les parcelles agricoles. « Ces indemnisations sont prises directement sur notre budget général, qui n'est constitué que par la vente des permis », indique Ange-Dominique Manenti.
 
En Corse-du-Sud, près de 15 000 euros ont ainsi été versés l'année dernière aux agriculteurs victimes de dégâts. « Cela est sans commune mesure avec nos collègues du Cher, qui ont dû verser 2,5 millions d'euros pour la saison 2024-2025 du fait des grosses cultures ravagées par les sangliers », concède le président de la fédération de Corse-du-Sud en soulignant que cette dépense représente malgré tout un effort important pour l’association. « C'est de l'argent qu'on ne met pas sur le terrain, par exemple pour des actions de remise en état de la végétation », glisse Ange-Dominique Manenti.
 
Après cette période transitoire, la chasse au sanglier ouvrira ensuite dans son régime classique à partir du 15 août, sans autorisation particulière et tous les jours, à l'exception du mardi et du vendredi.