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Assises de Bastia : le traumatisme de gardiens de prison après l'agression

Procès Morad Akaouch


La rédaction avec AFP le Jeudi 18 Novembre 2021 à 07:27

Morad Akaouch, est jugé depuis ce lundi 15 novembre à Bastia pour tentative d'assassinat sur deux gardiens qu'il avait attaqués à l'arme blanche en 2018 à la prison de Borgo. Le détenu a affirmé avoir agi car il était "harcelé". Plusieurs collègues de deux gardiens attaqués ont témoigné ce 17 novembre devant la cour d'assises de leur traumatisme après cette agression, rejetant l'idée d'un harcèlement du prisonnier.

L'audition des deux victimes devrait avoir lieu ce jeudi, les réquisitions et le verdict sont attendus pour vendredi.



Le tribunal de Bastia, archives CNI
Le tribunal de Bastia, archives CNI
Le 19 janvier 2018, l'accusé, avait gravement blessé deux gardiens, en les frappant à de multiples reprises à la tête, au niveau des cervicales et aux clavicules. L'un des gardiens avait reçu 11 plaies et l'autre 13, chacun ayant "deux plaies profondes" même s'ils "n'avaient pas eu leur pronostic vital engagé", a témoigné le médecin légiste qui les avait examinés après les faits. L'agression avait eu lieu quelques jours après l'attaque par un détenu jihadiste de trois gardiens à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) qui avait déclenché un vaste mouvement social des agents pénitentiaires pour davantage de sécurité.

Ce 17 novembre, au troisième jour du procès plusieurs collègues de deux gardiens attaqués ont témoigné devant la cour d'assises de Bastia de leur traumatisme après cette agression, rejetant l'idée d'un harcèlement du prisonnier.

"Il a peté les plombs"
"Honnêtement, je pensais qu'il allait y passer",
a confié à la barre le chef des surveillants en évoquant le premier gardien blessé. "Gino pareil, il était transpercé de part et d'autres", a-t-il ajouté, se disant "toujours choqué aujourd'hui".

Après avoir demandé "pardon" au premier jour du procès, Morad Akaouch avait expliqué son acte par un accès de colère après avoir été "harcelé". 

"Il ne faut pas le laisser ressortir, c'est un danger pour la société", a tranché un autre surveillant, se présentant comme "un rescapé" car travaillant habituellement en trio avec les deux gardiens agressés mais en vacances au moment des faits. "Nous traitons tous les détenus de la même façon", a-t-il assuré, rejetant tout harcèlement sur Morad Akaouch.

Un troisième agent, responsable adjoint du centre de détention, qui a donné l'alerte après l'attaque s'est dit "particulièrement choqué" et a parlé "d'un affolement général". "En 33 ans dans l'administration, des agressions j'en ai vues mais ça, jamais". 

Tous ont décrit un détenu "normal" qui n'avait "jamais été violent" à Borgo avant l'agression. Mais quelques semaines avant le 19 janvier 2018, des "tensions" sont apparues autour de demandes répétées de soins sur son genoux douloureux et de la fouille de sa cellule la veille de l'agression. "Il était en tension par rapport à la fouille, à son genou, c'est ça qui lui a fait péter les plombs", selon ce responsable.

L'audition des deux gardiens agressés devrait avoir lieu jeudi, les réquisitions et le verdict étant attendus vendredi. Morad Akaouch encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
 





















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