Après dix jours de mobilisation, la grève des médecins libéraux prend fin ce jeudi sur tout le territoire national. Lancé le 5 janvier dernier à l’appel du collectif Médecins Pour Demain, le mouvement visait notamment à montrer leur désapprobation contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui vient notamment remettre en cause la façon dont fonctionne la convention médicale. « La convention médicale est signée tous les quatre ans suite à des concertations entre les représentants des médecins libéraux et les institutions et instances nationales, notamment la Caisse nationale d’assurance maladie. À travers ce projet de loi, on donne le pouvoir à la CNAM de décider de manière unilatérale de modifier le contenu de la convention médicale », fustigeait Laurent Carlini, président de la confédération des syndicats médicaux français de Corse, au début du mouvement.
Au fil des jours, la contestation s’est étendue sur le territoire. Samedi, plusieurs milliers de médecins ont manifesté à Paris pour dénoncer les mesures prévues dans le projet de loi. D’autres ont choisi des actions symboliques, à l’image de praticiens libéraux de bloc opératoire partis « s’exiler » à Bruxelles afin de protester contre la politique de santé du gouvernement. Si ces mobilisations se sont principalement concentrées sur le continent, les médecins corses ont adapté les formes de la grève aux réalités du territoire insulaire. « Dans la vallée de la Gravona, nous avons pris le parti d’assurer quand même une permanence des soins, parce que nous sommes dans un secteur, comme beaucoup en Corse, où nous avons beaucoup de personnes âgées, où nous faisons beaucoup de visites à domicile et où nous devons donc assurer une continuité des soins », indiquait par exemple le Dr Laurent Carlini.
Mais alors, quel bilan tirer de la mobilisation en Corse ? Selon Jean Canarelli, président du conseil de l’Ordre des médecins de Corse-du-Sud, il est difficile de tirer des chiffres précis à la fin du mouvement. « La grève a pris différentes formes : il y a ceux qui n’ont pris aucune consultation, ceux qui ont assuré des urgences, ceux qui sont partis en Belgique, ceux qui n'ont plus fait de garde… Il y a vraiment une disparité de pratiques dans cette grève qui a été un petit peu multiforme, donc c’est difficile à quantifier sur notre territoire. » Il note néanmoins « que les éléments chiffrés dont nous disposons montrent une baisse d’environ 15 % des prescriptions et des remboursements par la Sécurité sociale, mais ces chiffres restent provisoires, car il faut encore que toutes les feuilles de soins soient traitées ».
Malgré des difficultés à quantifier l’impact exact du mouvement, Jean Canarelli se dit satisfait de certaines réponses du gouvernement. « Il y a eu un retentissement certain parce que la ministre a quand même pris des engagements, par exemple le fait de revenir par un amendement sur la mise sous objectif qui était l’un des objectifs importants », précise-t-il. En effet, à l’occasion de rencontres avec les syndicats, la ministre de la Santé a annoncé qu’elle porterait un amendement contre l’article qui prévoit de rendre obligatoire la mise sous objectif d'un médecin prescripteur de nombreux arrêts maladie.
Pour autant, la colère de certains médecins ne faiblit pas. Dans un communiqué, la coalition de syndicats Le Bloc, représentant les chirurgiens, anesthésistes-réanimateurs et gynécologues-obstétriciens, appelle dès ce jeudi à « poursuivre le mouvement d’arrêt illimité de la permanence de soins en établissement de soins ». En Corse, ce nouvel appel à la mobilisation ne devrait toutefois pas avoir de retentissement immédiat, même si les praticiens restent attentifs à l’évolution de la situation au niveau national. « On a quand même une vigilance aujourd'hui de l'ensemble du corps médical au regard de ce qui va être proposé et réalisé », précise Jean Canarelli.
« On n’arrête pas de voir au quotidien des attaques injustifiées. On est quand même en train de nous reprocher l’existence des déserts médicaux, alors que ce sont les politiques qui ont décidé de limiter le nombre de médecins il y a 40 ans et qui veulent aujourd’hui instaurer des obligations coercitives pour les jeunes. À l’époque, on était 4 000 à passer en deuxième année de médecine. Aujourd’hui, ils sont 12 000, mais c’est les politiques qui l’ont choisi. Et maintenant, ils nous le reprochent. » Si la contestation a permis de faire entendre certaines revendications, la profession attend désormais de voir si les engagements annoncés seront suivis d’effets. « Aujourd'hui, le mouvement de grève est arrêté. Après, il faudra faire le bilan pour voir si les grévistes ont été entendus et si ça permet aujourd'hui d'avancer et de progresser pour une santé au service des patients en priorité. »
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U tempu in Corsica










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